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Messages

On se donne le go…

Maintenant « libérés des libéraux », nous voilà clairement pognés avec M. Legault. Il avance fièrement jusqu’aux prochaines élections, coure en ligne droite vers la victoire, vers sa réélection. Le premier ministre du Québec François Legault est un «  gagnant  ». Il domine partout, sur tous les fronts, dans les sondages, les régions – il règne, quoi. Il est manifestement au sommet de sa gloire et ne s’enfargera même pas dans un débat ou une plausible rencontre éditoriale.  Vous trouvez que M. Legault a bien géré la pandémie ? Tant mieux. Vous aimez sa binette et sa belle personnalité ? Merveilleux. Vous appréciez le fait qu’il se trompe et qu’il l’avoue ensuite, signe d’un vrai leader ? Parfait. Personne ne pourrait faire mieux ? Allez savoir. Il est vrai que ce n’est pas facile à gérer, un peuple…  Mais c’est quand même le temps des bilans. Et malgré toutes ses belles qualités, à François Legault, malgré ce « culte de la personnalité » qui lui es...

Leçon guerrière (4)

Souvent, trop souvent même, j’ai à faire et fais affaire avec le « 6% ». Vous savez, ce très faible pourcentage de la population québécoise qui n’a pas eu droit à l’aide gouvernementale (électoraliste et inflationniste) de M. Legault pour faire face à l’inflation ?  Petit rappel : En janvier 2022, « 3,3 millions de Québécois ont reçu un chèque de 200 $ à 275 $... justement pour combattre l’inflation. Seuls les gens admissibles au crédit d’impôt solidarité l’ont obtenu, et la mesure a coûté 740 millions de dollars à l’État québécois. Annoncée dans la mise à jour économique de novembre dernier, elle touchait les personnes seules ayant un revenu annuel de 50 645 $ au maximum ou les ménages qui déclarent un revenu annuel maximal de 55 519 $. » (Lire Combat contre l’inflation: un 2 e  chèque de Québec en mars? Journal de Montréal , 26 fév. 2022)  En mars dernier, toutefois, le gouvernement Legault a « donn[é] 500 $ à 6,4 millions de per...

Ça prend un homme ?

En octobre 2014, l’humoriste américain Hannibal Buress était sur scène à Philadelphie. Il avait tout un numéro dans sa poche, portant sur l’hypocrisie du comédien Bill Cosby, le « père de l’Amérique » ( American Dad ) comme il était surnommé alors, et qui faisait à l’époque la leçon à toute une génération de jeunes Noirs. Dans ce numéro, l’humoriste en question traite plus d’une fois Bill Cosby de violeur . Captées sur vidéo par un spectateur dans la salle, ces paroles font par la suite scandale. Les gens et l’affaire Cosby s’enflamment. On connait la suite ; des années et plusieurs témoignages de femmes plus tard, Bill Cosby fut accusé et trouvé coupable d'agression sexuelle sur une adolescente.  Pourtant, bien avant cette prestation sur scène, des dizaines de femmes avaient dénoncé les agissements de Bill Cosby, raconté leurs histoires, plusieurs alléguant avoir été abusées sexuellement et même violées. Or, il ne se passa rien. Ça n’intéressait personne. Enfin, pas vrai...

Agresser la femme qui dort (encore)

Bon, on recommence. Et la liste non-exhaustive s’allonge…  *** Simon Houle, cet ingénieur de «  bonne moralité  », a plaidé coupable à des accusations d'agression sexuelle et de voyeurisme, reconnaissant avoir agressé une femme durant son sommeil.  Similairement, « pendant un voyage de chasse à Victoriaville, en septembre 2019, Robert Mitchell "a agressé sexuellement la plaignante pendant qu’elle dormait dans son lit, détaille le jugement. Elle pensait être en sécurité." »  En 2020, Gilbert Rozon a été acquitté des accusations portées contre lui d’avoir violé une femme durant son sommeil, se posant lui-même en « victime » dans cette affaire.  Le comédien américain Bill Cosby , lui, droguait pour sa part des femmes à l’aide de sédatifs pour mieux les endormir et les violer en toute tranquillité.  Un répartiteur du 911 a lui aussi profité du sommeil d’une policière pour l’agresser sexuellement lors d’une fête avec des collègues. «...

Femmes consommables (2)

 En juillet 2019, on s’insurgeait à propos d’une autre publicité exécrable des produits sexistes de la Microbrasserie Archibald (lire Femmes consommables ).  En 2021, cette même entreprise de bière de mononcle faisait à nouveau parler d’elle avec cette pub immonde : «  Les vendredis, tape-toi une grosse de 17 h à 21 h  ». (Notez que sur le verre, dans la photo, on parle bel et bien de « goût des conquêtes »)  Comme d’habitude, pour faire face à la tempête et à la vague d'indignation, la direction a sorti ses belles excuses : « "Nous nous excusons pour toute ambiguïté qui a conduit certaines personnes à l'interpréter comme faisant référence aux femmes", a fait savoir François Nolin, fondateur de la Microbrasserie Archibald, précisant que la publicité avait été retirée des restaurants et des réseaux sociaux. »  Ambiguïté ? Quelle ambiguïté ? Toute la « mission » de l’entreprise reposait depuis le début, à l’or...

François Legault, le gagnant

En 2013, François Legault publiait le livre Cap sur un Québec gagnant : le projet St-Laurent . En bon comptable agréé et gestionnaire fort bien organisé, il y présentait méthodiquement sa vision politique pour le Québec et ses idées.  Ancien indépendantiste convaincu actif au PQ, il en avait clairement marre de perdre. Après deux douloureux échecs référendaires et le moral à terre, « …force [était] d’admettre que ce projet, à ce moment-ci de notre histoire [ kof, kof ], a bien peu de chances de réussir et n’est pas la priorité des Québécois », peut-on y lire.  Se « désol [ ant ]  d’assister au triste spectacle d’un Québec hésitant et bloqué », il choisit donc, comme on le sait, « de mettre de côté le projet de souveraineté du Québec » et d’étayer dans ce livre ses raisons et sa vision pour un futur « Québec gagnant ». Car il faudra bien un jour, comme peuple, être fier et « de nouveau gagner, tous ensemble ».  Et comm...

«Un printemps à faire» chez les solidaires

Je souhaitais vraiment aller au congrès de la CAQ à Drummondville la fin de semaine dernière. Je voulais entendre et voir de près à quoi ça ressemble, des caquistes qui jasent de nationalisme et de fierté québécoise – le thème portant sur «  Un Québec fier !  » – loin des enjeux et des priorités qui préoccupent l’ensemble des Québécois. Mais les frais d’inscription de 180$ exigés aux « non-membres et observateurs » ont vite refroidi mes ardeurs.  Or, samedi après-midi, j’appris qu’un rassemblement de mon ancien parti avait lieu à la salle Pierre-Mercure du Centre Pierre-Péladeau et que, en plus, c’était gratuit. Youppi. Même si la soirée affichait « complet », j’ai réussi à mettre la main sur un billet.  On nous promettait de «  belles choses  », ce soir-là, question de lancer la campagne électorale : « Lorsque politique et musique se sont rencontrés dans le passé, de belles choses se sont produites. Donnons le coup d'envoi à n...

Le futur est féministe ?

En 2017, le slogan apparaissait un peu partout durant les différentes manifs du mouvement # MeToo (#MoiAussi) aux États-Unis : «  The future is female  ». Tranquillement pas vite, la formule a fait son chemin, a été reprise ici et là, et déclinée sous diverses formes, comme «  The future is feminist  ».  Tous ces slogans ont évidemment été traduits ici, entre autres, « Le futur est féministe ». Il existe même un livre, des t-shirts, des camisoles, des macarons, des banderoles, d’innombrables pancartes, etc. portant ce soi-disant brillant slogan. Ben voyons donc. Arrêtez-moi ça maintenant !  Ce n’est pas le futur, mesdames et messieurs, qui est ou qui sera féministe, c’est le présent. C’est aujourd’hui (et même hier), bref, c’est maintenant. «  NOW is feminist  », baby . Oui, « Maintenant est féministe », ma chérie. Il faut parler au temps présent, bon sang, s’exprimer et exiger maintenant.  Faut cesser de demander pou...

Le printemps misérable

Y a pas à dire, dix ans après la bruyante grève étudiante de 2012, que l’on appela exagérément le « printemps érable » au Québec, celui-ci ne passera définitivement pas à l’histoire, sous l’étiquette de « printemps misérable ».  Crise climatique, réchauffement de la planète, crise du logement, hausse abusive des loyers, inflation fulgurante, hausse époustouflante du coût de la vie (et c'est loin d'être fini ), manque de place en garderies, français menacé, prédominance de l’anglais, interminable «  Quebec bashing  » du «  Rest of Canada  », arrogance du pouvoir, dépenses folles et inflationnistes du gouvernement caquiste – seulement 6% de la population n’ont pas reçu les 500$ électoralistes du dernier budget  –, et tout le reste, sans oublier évidemment cette crise sanitaire dont on s’extirpe péniblement, faisant encore, chaque jour qui passe, plusieurs morts. Nommez-les, les problèmes, c’est plein.  Malgré tout ça, malgré d’inno...

Pour vivre comme du monde

Demain, dimanche 1er mai, Journée internationale des travailleuses et des travailleurs sur le thème Pour vivre comme du monde . À lire  Pour vivre comme du monde en 2022 ( La Presse , 30 avril 2022). « Nous devons travailler pour vivre et non vivre pour travailler. » Salaire décent, stabilité d'emploi, respect, humanité, santé, égalité, équité, bref, tout ce que tout être humain désire obtenir dans son milieu de travail pour vivre comme du monde et se réaliser. À Montréal, la manif débute à 13h. Be there or be square... Je veux dire, ça commence au square. Square Cabot, métro Atwater.

Personne ne viendra te sauver, ma belle

On n’a cessé de nous casser les oreilles avec ces sornettes, ces balivernes, ces histoires anciennes depuis la nuit des temps. Dans les fables, les mythes, les contes de fée, les histoires pour enfants – sans oublier tous les films, les ballets et le reste qui en découlent directement –, les femmes, pour exister, pour être reconnues comme des êtres humains à part entière dans la société, devaient être sauvées par un homme.  Dans bon nombre de ces histoires supposément merveilleuses, féeriques, édulcorées à la Walt Disney, la femme – disons plutôt la jeune fille, car il s’agit habituellement d’une adolescente de 14, 15 ou 16 ans –, la très jeune femme, donc, doit être choisie et libérée par un homme. Et pas n’importe lequel non plus. Non madame. Rien de moins qu’un ravissant et richissime prince charmant qui habite dans un sublime château assez éloigné de la réalité socioéconomique de la gamine, avec sa fantastique famille royale.  Une fois extirpée de son sommeil profond (lire...

Le convoi n'est pas mort

Durant la semaine, ils ne sont que quelques dizaines dans les rues de Montréal, nous invectivant généralement à retirer nos masques. On pourrait, nous dit-on, "s'autoinfecter". Mais la fin de semaine, ils sont plus nombreux, quelques centaines peut-être, scandant sans cesse le même slogan : « Liberté ! Liberté ! Liberté ! » Aujourd'hui, toujours munis de nombreux drapeaux du Québec, du Canada, des États-Unis et, allez savoir pourquoi, des Patriotes, ils se sont arrêtés à la Place des Festivals pour nous "informer" de la situation, la  « tyrannie sanitaire ». Tout cela, cette pandémie avec ce prétendu virus, n'est depuis le début qu'une mascarade. On nous contrôle et il faut cesser d'avoir peur. « Enlevez vos masques, la gang ! » « C'est fini, la tyrannie ! » On a eu droit à un discours bilingue de Yann (le gars au micro), de même qu'à « une minute de silence » à genoux pour les « 6000 morts » (?), ces ainés « décédés dans leur m... ». Ces...

Affaires de femmes et autres guerrières

L’avez-vous vu passer ? La grande dame de la danse Ludmilla Chiriaeff a récemment été désignée l’une des «  personnages historiques du Québec  » aux côtés de deux autres femmes. (Oui, Je me souviens… de Ludmilla Chiriaeff , sur ce blogue, 22 sept. 2017. Je dis ça comme ça.)  Sur la propagande multiculturaliste et antiféministe pancanadienne intitulée « L’inspiration au féminin », lire la chronique de Jean-François Lisée La pub antiféministe du 8 mars ( Le Devoir , 16 mars 2022). Catherine Dorion quitte l’Assemblée nationale. Comment dire… (criquet, criquet). Laissons plutôt la parole au journaliste Antoine Robitaille  : « La manière dont Catherine Dorion a fait de la politique "institutionnelle" – comme elle le dit avec dégoût – avait quelque chose de juvénile. Plusieurs ont cru y voir une "enfant terrible", alors qu’elle ne fut peut-être, surtout, qu’une sorte d’enfant-roi en mal d’attention. »  Parmi ces «  8 moments marquants de Cath...

Jouer à la guerre

Ça existe. On peut jouer à la guerre. Aussi ridicule cela puisse paraître, il existe même des règles pour encadrer ce jeu : des pauses, des trêves, des cessez-le-feu, des horaires à respecter. Qui, par ailleurs, n’a jamais lu L’art de faire la guerre de Sun Tzu ?  Enfant, on peut posséder des petits bonhommes armés de mitraillettes, des chars d’assaut, des armes, des grenades, de l’équipement de ravitaillement, bref, on peut jouer à la guerre. Un jeu pour garçons, évidemment, pendant que les petites filles, elles, s’amusent avec des cuisines, des poupées et des maisonnettes rose bonbon remplies de Ken, de Barbie, de licornes et de princesses.  ***  Les femmes sont-elles capables de détruire ainsi ? Rêvent-elles elles aussi d’envahir des territoires, des pays, des nations ? Désirent-elles dominer les autres afin de s’approprier des maisons, violer des hommes et posséder plus de pouvoir ? Peut-être. Or, aucun nom ne me vient en tête.  La guerre demeure essentielle...

Personne n’en parle

  Quelle petite mentalité, tout de même. Quel semi-pays, quel village. Une grosse vedette internationale pis ça y est, tout le monde s’excite le poil des jambes, tout le monde s’énarve : le « plus gros show » de la télévision québécoise !  « Vu par 905 000 téléspectateurs », le « dernier épisode de TLMEP », affirmait un très populaire chroniqueur télé , « a été excellent du début à la fin ». Excellent du début à la fin ? Pour vrai ? Nous voilà bien renseignés.  Il va y avoir du sport (pis Clinton)  Avant même que le show commence, en consultant la brochette d’invités, on était déjà exaspérée. On a même écrit un petit mot à l’un des producteurs dimanche après-midi : « C’est la soirée "sports", ce soir, à TLMEP , c’est ça ? Du hockey, du tennis, pis du patinage de vitesse ? » C’est ça le programme ? Misère. On ne fera jamais de pays avec c’te monde-là.  Mais « Guillaume Lespérance, [lui], s...