Dans une pub à la télé, on voit un homme mature (interprété par le comédien Raymond Cloutier) au volant de sa voiture qui parle philosophiquement de la vie. On l’ignore encore, du moins au début de l’annonce, mais, de sa belle voix chaude et réconfortante, l’homme d’expérience s’adresse en réalité à sa petite-fille, Alice, sur son main-libre : « C’est normal de se poser des questions. Est-ce que c’est le bon moment pour se lancer en affaires ? retourner aux études ? acheter une maison ? Non, c’est jamais le bon moment. C’est pour ça qu’il faut juste faire ce qu’on veut faire maintenant. » Et Alice, elle, de revenir à la charge pour préciser sa question : « Euh… papi, j’voulais juste savoir si c’est le bon moment pour partir ma compagnie de pelouse ? » « Oui, c’est le bon moment! » conclut le grand-papa d’Alice. Le message de cette publicité est fort simple, clair et, j’ajouterais, inspirant : il faut juste faire ce qu’on veut faire main...
L’époque devrait s’appeler ainsi : Agir d’abord, penser ensuite. C’est devenu régulier, une habitude, presqu’une norme à suivre. Ou est-ce que tout ce beau monde est juste trop pressé et veut aller très vite ? Ça commence par une « grande nouvelle » . Totalement déconnecté du monde et de la réalité sur le terrain des vaches et des simples citoyens, une organisation quelconque – ça peut être une entreprise, un organisme, une société d’État, un parti politique, etc. –, bref, on fait une grande annonce. En grande pompe et en se pétant les bretelles, on lance la « nouvelle » dans l’univers – un nouveau procédé, une nouvelle façon de faire, une maudite bonne idée qui va révolutionner la patente et « les affaires ». Tout sourire, l’équipe de marketeux, des communications et des relations publiques, en étroite collaboration avec la « haute direction » bien sûr, annoncent la grande nouvelle. Ils se sentent particulièrement f...