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Messages

En rafale… (3)

Un homme qui pose des questions est à son affaire. Une femme qui pose des questions, elle, ne se mêle pas de ses affaires…

À quel moment dans l’Histoire, on a décidé qu’il n’y avait que des winners et des losers dans la vie ? Est-ce en lien avec le machisme, ou c’est juste à cause des Canadiens ?

En plus d’apprendre à dire les Québécois et les Québécoises, M. Legault parviendra-t-il à parler de pauvreté, de culture, d’environnement et de transports en commun ? Car on part de loin en titi, non ?

Maintenant qu’on a un conseil des ministres paritaire, est-ce que le gros bon sens, l’écoute et l’empathie siégeront également à l’Assemblée nationale ?

Parlant de gros bon sens, la laïcité… Ça ne se fait pas dans les deux sens ?

Au fait, était-ce une idée de GND de Tenir tête à la reine d’Angleterre ? Ou celle à Manon ? (Manon! Manon! Manon!)

Sous un saule pleureur, il m’arrive de verser une larme ou deux. C’est de sa faute, ou je ne suis qu’une soul pleureuse ?

C’est moi ou les larmes d’une …
Messages récents

Nature morte

Ça bouge, ça grouille et ça chatouille en dedans à force de regarder cette mosaïque d’images lumineuses présentée à l’Espace culturel Georges-Émile-Lapalme de la Place des Arts. Ça dérange également le regard, perturbe la conscience, sème la confusion. « C’est quoi au juste c’t’affaire là ? Chu pas sûre de comprendre… C’est mort ou c’est vivant ? »

Des objets inanimés qui s’animent sous nos yeux, des papillons épinglés qui battent mollement des ailes, des portraits aux allures spectrales qui bougent les yeux, l’air ébahi, des natures mortes dévorées par des tortues, des serpents et des insectes, des animaux empaillés qui vibrent encore, des squelettes, des crânes et des ossements qui regorgent de moelle vivante, un globe terrestre métallique complètement vide tournant à vide, et j'en passe.

Bizarrement, en l’observant un bon moment, ça semble représenter le monde dans lequel on vit. Juste un peu de vie qui grouille encore, des ailes qui battent parfois, mais vraiment pas fort, de…

Mal-être, malaise et mourir de rire

Oui, le moment fut intense, lourd, malaisant. Non pas en raison du « J’ai un peu le goût de me crisser en feu ces temps-ci » d’Hubert Lenoir, mais du « On ne dit pas des affaires de même ! » de Dany Turcotte, sur le plateau de Tout le monde en parle, dimanche dernier… Bang !  L’art de clore un sujet difficile, lourd de sens et de portée, de clouer le bec à son invité, qui semble par la suite avoir battu en retraite, et ce, pour le restant de l’émission. « Parlez-en à votre médecin » qu’ils disent, mais surtout pas à M. Turcotte, qui, pourtant sensible à différents sujets tabous, n’a pas toujours les interventions les plus pertinentes. Ce n’est pas sa tâche de jouer au psy, vous me direz. J’en conviens, mais tout de même… gros, gros malaise.

Alors que certains avancent qu’il aurait fallu « peut-être même fai[re] une joke poche. Parce qu’il faudrait arriver à en rire, des fois, de ça, pour foutre un coup de pied dans le tabou que ça représente, le fait d’avoir envie de se crisser en fe…

En rafale… (2)

Une femme qui pose des questions est gossante. Un homme qui pose des questions, lui, a des « couilles » (Les couilles sont mortes, vive les gonades!) …

On attend quoi pour démanteler l’Église catholique, qui ressemble pas mal à un énorme réseau international d’abuseurs, de prédateurs, de pédophiles et de facilitateurs, en plus de leur ridicule créationnisme ?

Au fait, pourquoi on a appelé cette proéminence laryngée, la pomme d’Adam ? Est-ce parce que le véritable pouvoir d’Ève ne passait pas dans gorge ? … (Et ça semble encore dur à avaler. On est bien en 2018, right ?)

Qui a dit qu’on n’arrêtait pas l’évolution ?

Maintenant que Jean-Philippe Wauthier aura son émission quotidienne l’été prochain, Radio-Canada proposera-t-elle en revanche une vraie émission intelligente avec les deux femmes qui ont été flushées ? … Makonnen-McQuade! Makonnen-McQuade ! Makonnen-McQuade ! (Le sot dimanche; Deux hommes en or, deux femmes invisibles)

Quand on se lève un matin d’octobre 2018, et que l’on ap…

En rafale...

Une femme qui pose des questions est une « faiseuse de troubles ». Un homme qui pose des questions, lui, est compétent. Et comme je (me) pose beaucoup de questions…

Quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi 679 000 personnes ont regardé le premier épisode de XOXO, mais on n’a pas encore 10 000 signatures pour la réforme du mode de scrutin ?

Le tiers des électeurs-rices au Québec qui ne sont pas allés voter… Est-ce les mêmes qui regardent de la télé poubelle ?

Pourquoi, moi, je n’ai pas le droit de donner du sang simplement parce que je me trouvais en Angleterre lors d’un épisode de vache folle, mais la fille dans le métro qui mâche sa gomme de cette façon a le droit d’en donner, elle ?

Quelques jours après avoir décliné son invitation à « sortir avec », le voisin d’à côté m'a traitée d’« ostie d’grosse vache » … Ça donne vraiment le goût d’aller prendre un verre en tête à tête, pas vrai ? (Les narcissiques sont parmi nous)

Le chauffeur d’autobus parle de l’été des Indiens avec une d…

Les trolls - le Ça en cavale

En psychanalyse, on retrouve les notions du Moi, du Surmoi et du Ça. Pour faire très court : « Le moi est l’intermédiaire entre le ça pulsionnel et l’idéal du moi que l’on appelle surmoi. » En d’autres mots, le Ça est le moteur des pulsions primitives inconscientes régies par le principe de plaisir, comme la pulsion de mort. Le Surmoi incarne quant à lui l’autorité, les restrictions, les valeurs parentales intégrées. Alors que le Moi, lui, tiraillé entre les deux, se déploie et se modifie en fonction des contraintes, externes comme internes.

Or depuis l’arrivée de l’internet, en particulier des réseaux sociaux, le Ça a trouvé un espace virtuel accessible et plutôt fertile à son expression, voire au « passage à l’acte » à peine voilé des pulsions agressives les plus sombres de la nature humaine, sans contrôle ou réglementation, autrement dit, sans Surmoi virtuel. Dans un tel contexte, le Ça se manifeste alors sans complexe, se met en représentation, s’exhibe outrageusement, voire se d…

Il s’appelle Izzy…

Il est jeune. Il est beau. Et il bouge comme un dieu grec, un danseur naturel, en duo, que dis-je, en symbiose avec sa guitare électrique.

Voilà seulement trois semaines qu’il est débarqué à Montréal, et pourtant, voilà maintenant trois fois que les vrombissements de son instrument m’appellent au loin (comme le cri du mâle avisant les femelles dans les parages), retentissant tantôt devant la Place des arts, tantôt au métro Mont-Royal, et aujourd’hui encore, à la Place Émilie-Gamelin.

Chaque fois, complètement hypnotisée par ce musicien en mouvement, je reste là à l’écouter, à l’observer de très près, pantoise, voire en pâmoison, la bouche ouverte, vibrant de joie, tapant du pied et cognant de la tête - et non, généralement parlant, « la madame » constamment à boutte de toute ne se pâme pas si facilement que cela. Mais là, elle a même sorti son Kodak, un événement en soi, pour finalement, après trois sons de cloche de la vie, immortaliser ce moment.

Car voyez-vous, Izzy, 19 ans – « wh…

Le terrain, le terrain, le terrain...

À la marche des femmes en mars dernier, j’avais croisé Manon Massé – voir Tout le monde en parle (pas). Je lui avais dit, le plus sérieusement du monde : « T’inquiète avec les sondages, ils sont complètement déconnectés de la réalité... les médias aussi d’ailleurs. La vague orange s’en vient. » Le reste de la conversation, elle, m’appartient.

Et hier soir, tranquille chez nous, en regardant les résultats de cette élection, je riais dans ma barbe - et Manon sans doute dans sa moustache – à voir la face de l’insupportable animateur de Radio-Canada s’insurger contre les sondages, pour conclure : « On va devoir faire une introspection... » Bon, enfin quelque chose d’intelligent, de pertinent, déclarée par M. Roy à la télévision. Encore faut-il le faire ce travail d’introspection, mesdames et messieurs. Car durant la campagne, ces « experts » disaient tout, rien et n’importe quoi. À quand des citoyen-nes sur ces panels pour vous ramener dans notre dure réalité ?

Pour ma part, je persiste …

Des coquelicots et du grandiose

À chaque fois, c’est pareil. À chaque manif, c’est la même chose. Les gens arrivent lentement, l’air inquiet, incrédule, un tantinet désorienté. « Cherchez-vous la manif, monsieur ? », demandais-je à l’homme au regard inquisiteur, en train de siroter un p’tit corsé dans les Jardins Gamelin. Consterné, il déclara tout de suite être « déçu du peu de gens présents ». « Ne vous inquiétez pas, monsieur. Dans quelques minutes, vous verrez, comme par magie, tout cela se mettra en branle. Ils sortiront de partout et de nulle part, et cette manif, soudainement, comme si de rien n’était, prendra forme. » « Hum... On verra si vous avez raison, mais permettez-moi d’en douter », répondit-il. « Bon, un autre défaitiste, crisse », pensais-je sans mot dire. Quand c’est rendu que même les gens qui participent à des manifs sont pessimistes, c’est que ça va mal à la shop de l’espoir et des grands changements à venir.

En attendant la synergie, du momentum, mais d’abord le départ officiel de cette troisi…

Un 22 septembre sur terre

Montréal, samedi 22 septembre 2018 - L’été partait d’un bord, l’automne arrivait de l’autre, la campagne électorale prenait une pause en raison d’une tornade à Gatineau, et Mercure était apparemment en synchro avec Mars... je n’ai aucune idée ce que cela signifie, mais il semble que ce soit important en astrologie.

Et encore ce samedi, des gens ont marché. Beaucoup même, avec leurs enfants, leurs bébés et leurs chiens. Le Devoir l’avait même mentionné comme un des événements « à surveiller » ce weekend : La planète s’invite dans la campagne*. Et pourtant, personne n’en a pas parlé. Les médias ont ignoré ce rassemblement, sans doute parce qu’il n’y avait pas de maudites vedettes mais que des citoyen-nes ordinaires, des vrais pourtant, en chair et en os, qui se sont déplacés pour canaliser, voire sublimer leur anxiété (oui, certains m’en ont parlé), mais d'abord exiger des partis politiques que non seulement ils parlent d’environnement mais qu’ils agissent au plus sacrant.

Alors qu…

Manon, les coqs et le ressenti

Une autre belle illustration que nous vivons toujours dans une société machiste qui évolue à pas de tortue : la politique. Là où l’on a demandé aux femmes de se masculiniser, d’enlever leurs foulards, leurs bijoux, leurs accessoires et autres bébelles, et de faire comme les hommes, de se battre, de compétitionner, de parler comme eux.

N’avait qu’à regarder ce « grand » débat des chefs (qui volait plutôt bas, vu de chez nous) pour voir à l’œuvre la « norme-testostérone » à son meilleur avec, dans le ring, une femme, Manon Massé (qu’on a féminisée en lui mettant un beau collier puisqu’elle a déjà une moustache) et trois hommes (Couillard, Legault et Lisée) en veston-cravate, qui s’en donnaient à cœur joie, baignant dans ces combats des coqs politiques depuis toujours, comme Obélix dans la potion magique.

Ça pis la cour d’école...

Déjà, cette manière de faire, de débattre sans écouter, d’arguer à s’époumoner, d’interrompre l’autre pour marquer des points à tout prix, de lui en faire per…

Révolution au Québec : le vrai pouvoir citoyen

Oui, on ira voter (par anticipation d’ailleurs – au total 8 jours pour voter), même si nombreux citoyen-nes sont découragés et ne croient plus en rien.

Or vous savez en quoi plusieurs citoyen-nes croient encore ? Qu’une réforme du mode de scrutin électoral changerait définitivement la donne. Puisque chaque vote compterait vraiment.

J’en ai parlé à des vieux, à des jeunes, et à d’autres entre les deux. Et personne ne comprend pourquoi cela n’a pas encore été réalisé. Come on ! 

Une organisation non partisane, Mouvement Démocratie Nouvelle (MDN), lutte en ce sens depuis fort longtemps. Et c’est là, la véritable révolution qu’il faut mener au Québec, la réforme du mode de scrutin électoral.

Maintenant. Sérieusement.

Et oui, c’est populaire. Selon le sondage CROP de mars 2015, 70% des Québécoises et des Québécois sont en faveur à l’adoption d’un mode de scrutin proportionnel. Ce n'est pas rien. Trouvez-moi un autre enjeu où les Québécois-ses s'entendent à 70%...

Seuls les libérau…

Si j’avais un char (électrique)...

En juillet dernier, Laura-Julie Perreault, éditorialiste à La Presse, posait la question suivante : Mais où est la mairesse de la mobilité ? Où est-elle, en effet, la mairesse pour qui j’ai voté ? Et la mobilité, elle, on la cherche encore. « Une récente étude de la Communauté métropolitaine de Montréal, écrit la journaliste, permet de constater que les deux tiers des déplacements entre la maison et le travail se font toujours en voiture, soit le même taux qu'en 2001. Collectivement, il faut se demander ce qui justifie ce choix. Des lacunes dans les transports en commun ou une mentalité tout-à-l'auto nord-américaine dont nous avons peine à nous départir ? Dans le cas de la région de Montréal, c'est un joyeux mélange des deux. »

Eh bien parlons-en des lacunes dans les transports en commun justement : 1h30, en pleine canicule et heure de pointe, pour se rendre de la station McGill à Pie-IX, en raison d’une panne majeure sur la ligne verte. En attendant les autobus, la situa…

La très moyenne séduction

C'est parti mon kiki. Depuis le début de la campagne électorale, tous les partis tentent de séduire les électeurs-rices, de flirter avec distinctes tranches de la société en leur faisant de belles promesses. Une pluie de promesses séduisantes, une averse, du vrai clientélisme, oui, maintenant que la question indépendantiste a été évacuée du discours politique – non, ça ne parlera pas fort de souveraineté cette année; à ce propos, lire La fin de la menace souverainiste de Konrad Yakabuski dans Le Devoir.

Or, rien n’est mort. Pas fort, mais pas mort. Et en attendant, fini les projets de société, fini la collectivité et les intérêts d’un peuple, on s’adresse aux individus - « On est prêts à tout pour que tu votes! ». C'est le slogan, reflet de notre société ultra-individualiste (voir Être ordinaire).

On tente entre autres de séduire les jeunes, les vieux, les familles et la « classe moyenne ». Les jeunes (18-35 ans) représentent « une génération courtisée par les partis politiqu…

Se radicaliser lentement

Au cours de la dernière année, j’ai interpellé quelques directeurs, députés, aspirants députés, journalistes ainsi qu’une ministre, concernant des enjeux socio-économiques affectant les femmes, la langue française et l’utilisation des fonds publics, aka mon « gros dossier ». Soit c’était planifié – je savais à l’avance qu’ils seraient présents et vais d’un pied ferme à leur rencontre -, soit c’était par hasard, au cours d’une marche citoyenne, d’une manifestation ou en me promenant tout simplement dans la rue : « Tiens, madame la ministre justement. Un p’tit mot d’intérêt public, si vous me permettez. » Comme une vraie scoute, je suis toujours prête.

Parmi tout ce beau monde, personne ne m’a impressionnée. Cela va sans dire, d’abord parce que ce sont des gens ben ordinaires, des humains comme vous et moi. Aussi, parce qu’ils en avaient rien à cirer de mon « gros dossier ». Hormis la députée Manon Massé, croisée maintes fois ici et là ainsi que dans le métro (nommez-moi un-e député-e …

Des hommes et des livres : le mouvement #metoo

Les médias parleront bientôt de « l’anniversaire » du mouvement #metoo/moiaussi. Et avant que les dégâts ne se poursuivent, mettons tout de suite une chose au clair. Cette vague de dénonciations des agressions ou inconduites sexuelles n’est pas née en octobre 2017, suite à l’affaire Harvey Weinstein, quoiqu’en disent ou écrivent certains. C’est l’Afro-Américaine Tarana Burke qui en est l’instigatrice, et ce, bien avant la déferlante qui suivit l’affaire du monstre d’Hollywood. Seulement, l’attention médiatique a drastiquement changé lorsque les « glamourous » vedettes du cinéma hollywoodien ont joint leur voix au mouvement.

Depuis, comme on l’avait prédit, les gros noms ont continué de tomber en grand nombre puisqu'il ne s'agissait là que de la pointe de l’iceberg. Et nombreuses victimes demeureront sans doute toute leur vie dans le silence, car non, ce n'est pas une mode, être branchée ou même « dans le vent » que de reconnaître une agression, de la nommer et de dénoncer…

Aimé, et son chien Hercule

Par ici, dans l’est de la ville, il ne se passe pas grand-chose. Mais le secret le mieux gardé du quartier se trouve bien souvent au marché Hochelaga-Maisonneuve, là où se rassemblent habituellement une gang de retraités et d’autres p’tits vieux, autour de l’unique table du mail, question de jaser, de siroter un café et de racler quelques gratteux à l’air climatisé. Et si vous connaissez son horaire habituel particulièrement précis, vous trouverez alors Aimé, un homme confiné à sa chaise roulante électrique, avec son compagnon Hercule, un shih tzu bicolore de 8 ans, confortablement installé sur ses cuisses.

Chaque fois que je les vois, je me fais un devoir de sortir Hercule au parc à côté, question de le faire marcher un brin, de faire ses besoins, et, avouons-le, j’adore les chiens. « C’est qui le plus beau chien ici, hein ? C’est qui ? ... Ah oui, hein mon beau… ah oui… c’est Hercule ! »

Et si vous prenez le temps, Aimé, que ses camarades de la place surnomment affectueusement Mé, …

Rebelle-de-jour

Chaque matin, au réveil, il est minuit moins quinze secondes. Chaque matin, au réveil, je me lève sur un pied de guerre, mue par ce sentiment d’urgence. Comme une vraie forcenée, je me précipite sur les nouvelles fraîches à la recherche de signes avant-coureurs annonçant l’arrivée d’une rébellion, d’une révolution plus ou moins tranquille, d’un soulèvement imminent. Rien.

Parfois, j’accoure vers le centre-ville de Montréal pour voir de mes propres yeux s’il n’y aurait pas des manifs quelconques ou d’imposantes protestations que les médias auraient choisi d’ignorer. Là encore, rien. Au contraire, tout le monde semble heureux d’exister. Ça se promène allègrement sur la Ste-Cath, insouciant peut-être ou parfaitement inconscient, qu’en sais-je. Ça papote, ça rigole, ça magasine en masse, ça mange de la crème-à-glace, ça se regarde inlassablement la face sur leur téléphone vraiment intelligent, et ça boit d’immenses cafés Starbucks, leur prénom glorieusement écrit sur leur grosse tasse en…

Ces grands qui se trompent

En mars dernier, certaines d’entre nous avaient vertement critiqué les Grands Ballets canadiens de Montréal pour leur programmation sexiste prévue pour la saison 2018-2019, ainsi que leur interminable instrumentalisation des femmes (voir « Ode à la femme », mon œil). Nathalie Petrowski semblait alors d’accord puisqu’elle publiait un percutant billet à cet effet, et ce, pour mon plus grand bonheur, Chercher la femme (et ne pas la trouver).

Une fois rendue en juin, par contre, la grande dame de la critique culturelle québécoise écorchait (et pas à peu près) Marilou Craft, qui, elle, dénonçait de son côté le concept même du spectacle SLĀV de Robert Lepage, lui reprochant de « …critiquer les spectacles avant même qu’ils n’existent. Me semble que la première chose que l’ex-étudiante aurait dû faire avant de poser ses objections, c’était d’attendre que le spectacle soit monté, non ? »

Hiiing… Non.

Nous n’avons pas eu besoin d’attendre de voir le spectacle Femmes, prévu pour 2019, pour prote…

D’un simple mouvement à l’indépendance du Québec

La danse m’a toujours fascinée. Elle nous renvoie à un langage universel, et donc non-verbal, façonné par ce qui meut les individus, les peuples, sociétés et nations. Mouvoir, se mouvoir, s’émouvoir, danser, ce sont tous là, pour ainsi dire, des manifestations mouvementées.

Les émotions elles-mêmes, contrairement à la mauvaise réputation qu’on leur imputa tout au long de l’Histoire, trop souvent associées à l’irrationalité (féminine évidemment), sont en réalité des mouvements internes du corps, le terme émotion provenant du latin ex-movere, signifiant littéralement, mouvement se dirigeant vers l’extérieur*. Ces élans naturels, messagers internes du corps, servent à guider l’intelligence humaine sous toutes ses formes. Universelles, les émotions primaires ne connaissent pas les frontières que l’être humain lui-même s’imposa et sont à la source des sentiments et des pensées qui nous habitent, des gestes, paroles et actions que nous posons, somme toute, de l’expression humaine.

Spontané…