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Messages

«She Said», le film à voir

Beaucoup a été dit ces derniers jours, au Québec, sur « l’affaire-de-l’affaire-en-rapport-avec-l’affaire-Julien-Lacroix ». Et si comme moi vous ressortez de tout cela avec la même confusion qu’au départ (entre autres sur les véritables intentions des journalistes impliquées qui attaquent le travail d'une collègue d'un autre journal), avec le vague sentiment que des féministes ont marqué un but dans notre propre filet, en plus de miner la confiance déjà affaiblie du public envers les médias en général, alors allez voir le film She Said en salle (le mardi, c'est à tarif réduit). Et juste à regarder la bande annonce , on était déjà très excitée.  Des journalistes comme chiennes de garde  On connait tous assez bien l’histoire de Harvey Weinstein, le scandale de ce magnat d’Hollywood déchu qui a explosé en 2017, galvanisé le mouvement de dénonciation #MeToo (qui existait déjà avant – arrêtez de dire que ce mouvement est né il y a 5 ans !) et fait tomber bien des têtes de puissa
Messages récents

Allô? L’Assemblée nationale?

Les élections au Québec ont eu lieu lundi 3 octobre dernier. Cela fait plus de six semaines. Savez-vous quand, chers concitoyens, reprennent les travaux parlementaires à l’Assemblée nationale ? Le mardi 29 novembre 2022 à 14h , soit plus de huit semaines plus tard. Et même pas le matin, en plus – non, non, en plein après-midi. À 14h, imaginez. Mais c’est quoi cette affaire-là ?  Allez travailler !  Depuis les élections du 3 octobre dernier, on a eu droit, comme électeurs ayant fait leur devoir de simples citoyens sans aucun autre pouvoir, à du niaisage et à des enfantillages, entre autres, du Parti libéral.  Vos interminables guerres d’ego meurtri de petites gens qui jouent aux vedettes capricieuses, individualistes et nombrilistes sur la place publique ne nous intéressent absolument pas. On se croirait dans la cour d’école… de l’Assemblée nationale. Mme Dominique Anglade, lors de l’annonce de son départ la semaine dernière, avait raison sur ce point : On n’en a « que faire », de vos m

Journalisme et militantisme

Au cours de la fin de semaine dernière, lors du congrès annuel de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), le milieu journalistique a débattu sur la place du militantisme au sein de leur profession : « Si certains insistent sur la nécessité, comme journaliste, de taire ses opinions pour se tenir loin de toute apparence de conflit d’intérêts, d’autres estiment que les reporters ont tous des partis pris et devraient pouvoir s’exprimer sur des sujets qui les touchent. » ( Le Devoir , 7 nov. 2022) Désolée, chers journalistes professionnels et tous ceux en devenir, mais vous ne pouvez pas avoir, et le beurre de peanut et l’argent du beurre de peanut…  Le prix du militantisme  Militer vient avec un prix – pas un prix à gagner comme on vous en a remis le weekend dernier, mais bien un prix à payer. Le prix fort, oui. Le militantisme a un coût.  Quand on décide de militer, on choisit d’aller au front pour une ou plusieurs causes qui nous tiennent à cœur. On choisit sciem

«L’événement», un livre encore d’actualité

Voilà tout juste un mois, l’écrivaine française Annie Ernaux recevait le Nobel de littérature – première écrivaine française, d’ailleurs, à recevoir ce prestigieux prix littéraire.  D’abord, ce fut la honte, la mienne évidemment : « Mais qui est Annie Ernaux? Jamais entendu parler de cette écrivaine française ! » (Alors que je pourrais longuement vous parler des œuvres de ces « grands hommes littéraires » – Albert Camus, Romain Gary, George Orwell, et bien d’autres encore – dont on a cessé de vanter la plume et les mérites.)  Ensuite, il fallait vite courir à la bibliothèque pour dénicher un de ses nombreux bouquins et ainsi éradiquer progressivement cette fâcheuse inculture des femmes qui écrivent. Car l’auteure française a publié plusieurs ouvrages, plus d’une vingtaine de romans et récits autobiographiques, remporté des prix, il fallait donc tout de suite mettre la main sur un titre.  L’événement   Écrit en 1999 et publié en 2000, L’événement est franchement bouleversant. L’auteure

TLMEP : retour au montage ?

La grand-messe télévisuelle du dimanche soir, au Québec, Tout le monde en parle , a changé de format en raison de la pandémie. Enregistrée auparavant le jeudi soir, pour nous être présentée le dimanche suivant, après un long et minutieux montage, la populaire émission devrait sérieusement songer à revenir à son modèle original. Car depuis cette nouvelle mouture, nous avons fréquemment eu droit à plusieurs gros malaises sur le plateau, nous incitant à éteindre tout ça pour aller faire autre chose au plus vite.  Version pandémique, malaises endémiques  Beaucoup de gens aiment pourtant l’animateur chéri, l’ex-RBO baveux et irrévérencieux, j’en suis. Du moins, j’en étais. Mais le roi de la très populaire émission dominicale, Guy A. Lepage, semble bien souvent impatient, à boutte de nerfs et un tantinet agacé par ses invités. Son impatience est souvent palpable, de même que son arrogance qui monte lentement, perceptible, à fleur de peau. En entrevue avec le journaliste culturel Marc Cassivi

Manif Iran : « Femme-vie-liberté »

Voilà des semaines qu’on se sentait totalement impuissante. Que peut-on faire pour soutenir des femmes qui se révoltent avec autant de courage lorsqu’on se trouve à cent mille lieux d’elles et de leur réalité ? N’étant ni sur les réseaux sociaux ni une vedette populaire, à quoi ça sert, alors, de se couper une mèche de cheveux et de mettre ça en ligne ?  On nous répétait depuis des semaines que les féministes d’ici étaient silencieuses. Malaise autour du voile ? Pas du tout. On nous a demandé où nous étions. On nous a demandé (avec raison) de nous manifester. Et chaque fois, seule devant nos petits écrans insignifiants, on répondait : « On est là ! … Mais que voulez-vous qu’on fasse ? »  Manifester ? Ça oui, allons-y. Enfin, simonac…  « Femme-vie-liberté »  Samedi 22 octobre dernier, 14h30, à la place Émilie-Gamelin à Montréal, avait lieu un grand rassemblement en soutien pour les femmes iraniennes et le peuple au grand complet, qui mènent depuis des semaines une véritable révolution,

L’art (peu subtil) d’acheter des votes

Beaucoup d’analyses ont été faites depuis les élections du 3 octobre dernier au Québec, notamment à propos du mode de scrutin. C’est très bien.  Or, un élément plutôt fondamental semble avoir été omis, étonnamment, concernant cette élection, LE sujet – et même la question de l’urne pour bon nombre de citoyens dans ma circonscription –, qui était sur toutes les lèvres d’une tranche importante et moins nantie de la population : les « chèques » de M. Legault.  La campagne électorale a débuté le dimanche 28 août dernier en vue du scrutin le 3 octobre suivant. Le premier ministre sortant François Legault, qui demandait un deuxième mandat aux Québécois, affirmait que «  l’économie du Québec se porte bien, alors que la province a réduit son écart de richesse avec l’Ontario . » Son obsession première, soulignons-le au passage, c’est écrit de long en large dans son beau livre (comptable) Cap sur un Québec gagnant paru en 2013.  Il ajoutait ensuite : « "Posez-vous la question : qui voulez-v

Élections Québec : tout le monde perd

On l’oublie trop souvent, mais on est vraiment chanceux de vivre dans une société libre, paisible et démocratique. Contrairement à bien des endroits dans le monde, on a droit, nous autres, à de vraies élections. Pas à une mascarade, à un spectacle, une mise en scène montée de toutes pièces par l’État et arrangée avec le gars (barbu) des vues, et dont le résultat est déjà connu d’avance… Enfin, presque.  3 octobre 2022  Lundi soir, la Coalition avenir Québec va remporter cette autre élection. François Legault sera de nouveau le premier ministre du Québec. Avec quelque 37% des votes seulement, son parti pourrait « quand même rafler plus de deux-tiers des sièges  » à l’Assemblée nationale – lire L’urgence de réformer le mode de scrutin ( Journal de Montréal , 2 oct. 2022). Ce n’est pas rien. Mais ça passe. Ça passe encore.   Non, personne ne se bat dans les rues (ni dans l’autobus) pour réformer le mode de scrutin, et on nous prend vraiment pour des cruches (hormis quelques intellectuels

La flamme indépendantiste

On nous répète ad nauseam , depuis quelque temps, que les Québécois sont rendus « ailleurs », qu’ils ne veulent plus entendre parler d’indépendance, qu’ils ont « d’autres priorités ». On ignore qui, exactement, en est arrivé à ce constat, d’une part, et, de l’autre, où se trouve cet « ailleurs » précisément. Or, une chose est sûre, rien n’est mort.  Non, la flamme indépendantiste n’est pas morte. Elle sommeille en nous tous, indépendantistes. Et bon nombre de Québécois sont encore ici, répondent présents, lèvent la main bien haut sur la question de l’indépendance et n’attendent qu’un vrai mouvement. Plus qu’un simple élan, un mouvement puissant, un soulèvement, une vague haute et forte qui nous portera vers l’atteinte ultime pour notre peuple, notre pays.  «  Notre mouvement est un géant endormi  », affirme le chef du Parti québécois Paul St-Pierre Plamondon dans sa publicité électorale. Il entend le réveiller. Eh bien, allons-y, réveillons-nous, levons-nous. Nous formons tous, chacun

Mode de scrutin : le cynisme de M. Legault

« Y’a personne qui se bat dans les autobus au Québec pour changer le mode de scrutin », affirmait le premier ministre du Québec François Legault, à la 27 ième  minute de son entrevue avec les journalistes de Radio-Canada dimanche dernier .  Vrai.  On ignore quand le premier ministre a pris l’autobus la dernière fois, mais effectivement « la population » ne se bat dans les transports collectifs à ce sujet. On est trop occupés à se rendre à temps au travail.  Or, sans se battre entre nous, « la population » discute toutefois. Et pas seulement « quelques intellectuels », oh que non. Le peuple se parle franchement et se souvient. On se parle entre autres du bon vieux temps. On se remémore les belles promesses et les engagements alors que M. Legault lui-même siégeait dans l’opposition… en 2018. Ce n’est pas si loin que ça.  « La population » se souvient notamment d’un engagement, une entente signée qui plus est, alors que c’était une priorité parmi toutes les priorités, promis par la Coalit

On se donne le go…

Maintenant « libérés des libéraux », nous voilà clairement pognés avec M. Legault. Il avance fièrement jusqu’aux prochaines élections, coure en ligne droite vers la victoire, vers sa réélection. Le premier ministre du Québec François Legault est un «  gagnant  ». Il domine partout, sur tous les fronts, dans les sondages, les régions – il règne, quoi. Il est manifestement au sommet de sa gloire et ne s’enfargera même pas dans un débat ou une plausible rencontre éditoriale.  Vous trouvez que M. Legault a bien géré la pandémie ? Tant mieux. Vous aimez sa binette et sa belle personnalité ? Merveilleux. Vous appréciez le fait qu’il se trompe et qu’il l’avoue ensuite, signe d’un vrai leader ? Parfait. Personne ne pourrait faire mieux ? Allez savoir. Il est vrai que ce n’est pas facile à gérer, un peuple…  Mais c’est quand même le temps des bilans. Et malgré toutes ses belles qualités, à François Legault, malgré ce « culte de la personnalité » qui lui est voué, force est de constater que, apr

Leçon guerrière (4)

Souvent, trop souvent même, j’ai à faire et fais affaire avec le « 6% ». Vous savez, ce très faible pourcentage de la population québécoise qui n’a pas eu droit à l’aide gouvernementale (électoraliste et inflationniste) de M. Legault pour faire face à l’inflation ?  Petit rappel : En janvier 2022, « 3,3 millions de Québécois ont reçu un chèque de 200 $ à 275 $... justement pour combattre l’inflation. Seuls les gens admissibles au crédit d’impôt solidarité l’ont obtenu, et la mesure a coûté 740 millions de dollars à l’État québécois. Annoncée dans la mise à jour économique de novembre dernier, elle touchait les personnes seules ayant un revenu annuel de 50 645 $ au maximum ou les ménages qui déclarent un revenu annuel maximal de 55 519 $. » (Lire Combat contre l’inflation: un 2 e  chèque de Québec en mars? Journal de Montréal , 26 fév. 2022)  En mars dernier, toutefois, le gouvernement Legault a « donn[é] 500 $ à 6,4 millions de personnes, soit 94 % des adultes du Québec » (Lire Crédit

Ça prend un homme ?

En octobre 2014, l’humoriste américain Hannibal Buress était sur scène à Philadelphie. Il avait tout un numéro dans sa poche, portant sur l’hypocrisie du comédien Bill Cosby, le « père de l’Amérique » ( American Dad ) comme il était surnommé alors, et qui faisait à l’époque la leçon à toute une génération de jeunes Noirs. Dans ce numéro, l’humoriste en question traite plus d’une fois Bill Cosby de violeur . Captées sur vidéo par un spectateur dans la salle, ces paroles font par la suite scandale. Les gens et l’affaire Cosby s’enflamment. On connait la suite ; des années et plusieurs témoignages de femmes plus tard, Bill Cosby fut accusé et trouvé coupable d'agression sexuelle sur une adolescente.  Pourtant, bien avant cette prestation sur scène, des dizaines de femmes avaient dénoncé les agissements de Bill Cosby, raconté leurs histoires, plusieurs alléguant avoir été abusées sexuellement et même violées. Or, il ne se passa rien. Ça n’intéressait personne. Enfin, pas vraiment.  ***

Agresser la femme qui dort (encore)

Bon, on recommence. Et la liste non-exhaustive s’allonge…  *** Simon Houle, cet ingénieur de «  bonne moralité  », a plaidé coupable à des accusations d'agression sexuelle et de voyeurisme, reconnaissant avoir agressé une femme durant son sommeil.  Similairement, « pendant un voyage de chasse à Victoriaville, en septembre 2019, Robert Mitchell "a agressé sexuellement la plaignante pendant qu’elle dormait dans son lit, détaille le jugement. Elle pensait être en sécurité." »  En 2020, Gilbert Rozon a été acquitté des accusations portées contre lui d’avoir violé une femme durant son sommeil, se posant lui-même en « victime » dans cette affaire.  Le comédien américain Bill Cosby , lui, droguait pour sa part des femmes à l’aide de sédatifs pour mieux les endormir et les violer en toute tranquillité.  Un répartiteur du 911 a lui aussi profité du sommeil d’une policière pour l’agresser sexuellement lors d’une fête avec des collègues. « Elle s’est réveillée, avec horreur, et l

Femmes consommables (2)

 En juillet 2019, on s’insurgeait à propos d’une autre publicité exécrable des produits sexistes de la Microbrasserie Archibald (lire Femmes consommables ).  En 2021, cette même entreprise de bière de mononcle faisait à nouveau parler d’elle avec cette pub immonde : «  Les vendredis, tape-toi une grosse de 17 h à 21 h  ». (Notez que sur le verre, dans la photo, on parle bel et bien de « goût des conquêtes »)  Comme d’habitude, pour faire face à la tempête et à la vague d'indignation, la direction a sorti ses belles excuses : « "Nous nous excusons pour toute ambiguïté qui a conduit certaines personnes à l'interpréter comme faisant référence aux femmes", a fait savoir François Nolin, fondateur de la Microbrasserie Archibald, précisant que la publicité avait été retirée des restaurants et des réseaux sociaux. »  Ambiguïté ? Quelle ambiguïté ? Toute la « mission » de l’entreprise reposait depuis le début, à l’origine de l'entreprise, sur les « conquérants », le « goût

François Legault, le gagnant

En 2013, François Legault publiait le livre Cap sur un Québec gagnant : le projet St-Laurent . En bon comptable agréé et gestionnaire fort bien organisé, il y présentait méthodiquement sa vision politique pour le Québec et ses idées.  Ancien indépendantiste convaincu actif au PQ, il en avait clairement marre de perdre. Après deux douloureux échecs référendaires et le moral à terre, « …force [était] d’admettre que ce projet, à ce moment-ci de notre histoire [ kof, kof ], a bien peu de chances de réussir et n’est pas la priorité des Québécois », peut-on y lire.  Se « désol [ ant ]  d’assister au triste spectacle d’un Québec hésitant et bloqué », il choisit donc, comme on le sait, « de mettre de côté le projet de souveraineté du Québec » et d’étayer dans ce livre ses raisons et sa vision pour un futur « Québec gagnant ». Car il faudra bien un jour, comme peuple, être fier et « de nouveau gagner, tous ensemble ».  Et comment gagne-t-on dans la vie, comme individu, comme société ou comme na

« Un printemps à faire » chez les solidaires

Je souhaitais vraiment aller au congrès de la CAQ à Drummondville la fin de semaine dernière. Je voulais entendre et voir de près à quoi ça ressemble, des caquistes qui jasent de nationalisme et de fierté québécoise – le thème portant sur «  Un Québec fier !  » – loin des enjeux et des priorités qui préoccupent l’ensemble des Québécois. Mais les frais d’inscription de 180$ exigés aux « non-membres et observateurs » ont vite refroidi mes ardeurs.  Or, samedi après-midi, j’appris qu’un rassemblement de mon ancien parti avait lieu à la salle Pierre-Mercure du Centre Pierre-Péladeau et que, en plus, c’était gratuit. Youppi. Même si la soirée affichait « complet », j’ai réussi à mettre la main sur un billet.  On nous promettait de «  belles choses  », ce soir-là, question de lancer la campagne électorale : « Lorsque politique et musique se sont rencontrés dans le passé, de belles choses se sont produites. Donnons le coup d'envoi à notre campagne électorale sous le signe de la célébratio

Le futur est féministe ?

En 2017, le slogan apparaissait un peu partout durant les différentes manifs du mouvement # MeToo (#Moiaussi) aux États-Unis : «  The future is female  ». Tranquillement pas vite, la formule a fait son chemin, a été repris ici et là, et décliné sous diverses formes, comme «  The future is feminist  ».  Tous ces slogans ont évidemment été traduits ici, entre autres, « Le futur est féministe ». Il existe même un livre, des t-shirts, des camisoles, des macarons, des banderoles, d’innombrables pancartes, etc. portant ce soi-disant brillant slogan. Ben voyons donc. Arrêtez-moi ça maintenant.  Ce n’est pas le futur, mesdames et messieurs, qui est ou qui sera féministe, c’est le présent. C’est aujourd’hui (et même hier), bref, c’est maintenant. «  NOW is feminist  », baby . Oui, « Maintenant est féministe », ma chérie. Il faut parler au temps présent, bon sang, s’exprimer et exiger maintenant.  Faut cesser de demander pour demain. C’est maintenant que ça se passe ; pas dans mille ans, pas dan

Le printemps misérable

Y a pas à dire, dix ans après la bruyante grève étudiante de 2012, que l’on appela exagérément le « printemps érable » au Québec, celui-ci ne passera définitivement pas à l’histoire, sous l’étiquette de « printemps misérable ».  Crise climatique, réchauffement de la planète, crise du logement, hausse abusive des loyers, inflation fulgurante, hausse époustouflante du coût de la vie (et c'est loin d'être fini ), manque de place en garderies, français menacé, prédominance de l’anglais, interminable «  Quebec bashing  » du «  Rest of Canada  », arrogance du pouvoir, dépenses folles et inflationnistes du gouvernement caquiste – seulement 6% de la population n’ont pas reçu les 500$ électoralistes du dernier budget  –, et tout le reste, sans oublier évidemment cette crise sanitaire dont on s’extirpe péniblement, faisant encore, chaque jour qui passe, plusieurs morts. Nommez-les, les problèmes, c’est plein.  Malgré tout ça, malgré d’innombrables sources d’indignation, on fait quoi,