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Messages

Observations estivales… en rafale

Je ne voudrais surtout pas dire aux femmes quoi porter, mais la nouvelle mode « sans brassière », êtes-vous bien sûres et certaines, mesdames, que c’est une bonne idée cette affaire-là, et surtout, surtout, que c’est sain pour vos seins ? … Comme disait Yvon Deschamps : « Arrête de sauter, ça r'vole partout ! » Vous n’êtes pas tannés, vous autres, de cette ridicule mode des pantalons en bas des caleçons chez les jeunes hommes ? … « Heille le smatte, j’ai ton cul dans’ face en montant l’escalier roulant… ! » Est-ce qu’on a le droit d’appeler la police pour indécence publique ?! Récemment, un homme qui ressemblait étrangement à Harvey Weinstein est monté dans le bus; mes dents se sont automatiquement serrées ensemble et j’ai grogné pendant une fraction de seconde avant de réaliser qu’il ne s’agissait pas du monstre hollywoodien en question… Devrais-je consulter une vétérinaire ? ( Call me a bitch ) Savez-vous comment identifier un problème de rich...

Se rebeller lentement

L’année dernière, j’ai eu « le malheur » de publier un texte intitulé Se radicaliser lentement . Oh boy … Les gens n’ont pas du tout apprécié. Les quelques « abonnés » de ce blogue sont partis en courant… « Bon, ça y est, la bonne femme va prendre les armes pis joindre  ISIS !  », ont-ils sûrement pensé. (Les Québécois-es n’aiment pas la chicane, les faiseurs de troubles, les contestataires, les actions directes de protestation, et encore moins lorsque cela vient d’une femme – Une femme qui dérange est forcément dérangée .) Quoiqu’il en soit, la réalité, elle, demeure la même. Qu’importe le « dossier », pour être entendus, va définitivement falloir se radicaliser un tantinet, chers amis, ne serait-ce qu’un brin tout le moins, se rebeller un peu, beaucoup, passionnément, sérieusement, que cela vous chante ou pas. Car l’heure a maintes fois sonné, et à la vitesse que ça avance, cette affaire-là… Le temps est plus que compté. Mais les g...

Femmes consommables

Elles ne datent pas d’hier, ces maudites pubs à marde. Mais lorsque j’ai aperçu celle-ci, au début de l’été, cette gigantesque publicité de bières au métro McGill, j’ai pensé, comme une vraie hurluberlue habitant toujours la planète Utopie  : «  Pfft ! Ça ne passera jamais ! Dans l’temps de l’dire, ces affiches seront recouvertes de collants "pub sexiste" que les féministes apposent ici et là, au centre-ville de Montréal. Check ben ça… ! » Je suis repassée maintes fois devant depuis, jamais vu un seul collant, sapristi. Neuf femmes consommables, mesdames et messieurs – neuf ! un vrai harem –, bien fraîches évidemment, et de préférence « à prendre » sur le bord d’un lac quelque part pendant vos vacances : la Brise du lac , la Ci-boire , la Matante , la Désirée , la Chipie , la Valkyrie , la Joufflue , la Belle Mer – quelqu’un devrait définitivement aller consulter –, ou encore la Nuit blanche – j’imagine que, comme Brise du lac , elle au...

Francos : besoin de personne...

C’est le beau Fred qui m’a appelée : « J’ai un cadeau. Es-tu disponible ? » « Euh… Je suis pas mal tout le temps dispo pour des cadeaux. C’est quoi ? » Deux billets pour le spectacle de Cœur de pirate, et ses invités, à la Place des arts, dans le cadre des Francos . Son date l’avait laissé tomber, ou quelque chose du genre. Moi, date , pas date , j’y va … Pensez-vous sincèrement que je vais arrêter de faire des choses dans la vie simplement parce que je suis seule ? Pas du tout. Lors de mon premier vrai voyage solo, j’avais 19 ans… Ce n’est pas maintenant que je vais me gêner. Je suis donc allée à la Place des arts, hier soir, seule comme une grande, m’installant confortablement dans le ventre de la grande salle Wilfrid-Pelletier ( La Place des arts… et des hommes ). Disons seulement que le public de Cœur de pirate est hétéroclite et très jeune. C’était plein de fillettes de 7 à 12 ans qui gigotent sur leur siège et piochent sur le banc d'en avant, mais ...

Mobilité vs mobilisation

On aime parler de mobilité depuis quelques années. Ce mot est sur toutes les lèvres. C’est le nouveau terme à la mode. Tout le monde désire être mobile, se mouvoir, se déplacer, dans son espace intime autant que possible, c’est-à-dire seul dans son char, ou encore dans sa bulle hermétique dans les transports collectifs, avec ses écouteurs sur la tête, sa tablette, son livre, son cell, des gadgets, alouette. On veut tous être mobile, être libre, parcourir le monde, voyager, se déplacer comme bon nous semble. On aime tellement l’idée de la mobilité depuis quelque temps, qu’on a même, à Montréal, la mairesse de la mobilité, Valérie Plante. On affectionne également les voitures, les annonces de chars, de gros camions Ford et les autres - vous savez, celles avec des voix masculines bien viriles en background - qui nous promettent de belles escapades hors de la ville, voire la liberté absolue, l’évasion somme toute, loin de nos prisons individuelles. Dans l’une de ces trop nombre...

Les boys

Je faisais encore la touriste dans ma ville, me promenant sans but précis, dans le Vieux-Montréal cette fois-ci, lorsqu’une voix intérieure m’a dit de me retourner. C’est là que je les ai aperçus, ils étaient là, flamboyants, au coin de la rue. Cela a été plus fort que moi et, sans trop savoir pourquoi, j’ai commencé à les suivre et à les chasser avec mon appareil photo comme une vraie paparazzo - ne cherchez pas, docteure, c’est dans la tête et les entrailles. Les  boys , eux,   semblaient apprécier, jouaient aux vedettes avec leurs beaux costumes et leurs lunettes fumées. Quinze hommes, mesdames et messieurs - quinze ! -, des touristes anglophones sortis de je ne sais trop où, portant chacun un costume particulièrement coloré : l’un avec des imprimés de dollars américains, l'autre avec des bonhommes Mario, un autre à l’effigie de Batman, un en léopard, des couleurs pétantes, des palmiers, des ananas, des bananes, avouez… Une femme est apparue à mes côtés, on m...

Cheveux, poils et pilosité politique (bis)

On n’est clairement pas sorti du bois du sexisme et du « deux poids, deux mesures ». À écouter tous les discours, à lire ces interminables chroniques sur la pilosité des femmes depuis quelque temps, c’est dire à quel point l’égalité est loin d’être atteinte au Québec : poils, pas poils, voile, pas voile… On va finir par tous s’arracher les cheveux de la tête. Cheveux et poils… au féminin seulement  C’est un sujet qui m’intéresse depuis longtemps : le corps des femmes versus celui des hommes et leurs différents symboles ou portée symbolique (entre autres, Cheveux, poils et pilosité politique ). Et ça continue… Récemment, ce fut le « dossier » (on ne peut plus insignifiant) des aisselles poilues d’une certaine députée solidaire en manque de lumière qui en a fait jaser plusieurs et couler beaucoup trop d'encre. Tout juste avant, le débat sur la laïcité portait plus particulièrement sur les cheveux des enseignantes et un symbole religieux : peuven...

Sara Erenthal à Montréal

J’errais dans la ville comme une chienne perdue, à la recherche d’absolument rien, du sens de la vie et d’un dix cennes (c’est une longue histoire). C’est au coin de Duluth et de St-Dominique que j’ai aperçu le visage. « Mais je connais cette face, moi. C’est de qui, déjà, ce visage ?, ai-je pensé. L’artiste new-yorkaise, là… Comment elle s’appelle déjà ? » Je me suis approchée de l'œuvre, l'artiste était là, assise par terre, devant sa murale. « Mais n'êtes-vous pas l'artiste de New York ? », lui ai-je lancé, à la fois surprise et confuse de la voir là devant moi. « I don't speak French  », a-t-elle rétorqué. «  What the fuck ?  », ai-je poursuivi. Elle a éclaté de rire et c'est là qu'on a commencé à se comprendre pis à jaser... Sara Erenthal, la Street Artist from New York , était donc de passage à Montréal. Elle terminait à peine cette murale, produite par le Musée du Montréal Juif, lorsque je l'ai croisée en compagnie de son «  helper  », B...

Ailleurs

Voilà trente ans, cette année, que je suis débarquée à Montréal. Pu capable, je n’en peux plus, j’en ai marre. Trop de monde, trop de chars, trop de bruit, trop d’abrutis… Entendez-vous, vous aussi, tout ce tapage, ce bourdonnement incessant ? Ou est-ce seulement dans Hochelag’ que ça se passe ? C’est éreintant, étourdissant, ahurissant sans bon sens. Juste du bruit pis du maudit chialage. Les gens parlent constamment dans ce presque-pays, mais les bottines, elles, suivent rarement les babines. Peut-être que je devrais tout simplement déménager, changer à nouveau de quartier, voyager, aller voir ailleurs si j’y suis. La vie est-elle moins pénible au soleil dans Westmount, Outremont ou sur le chic Plateau ? Euh… quand t’es pauvre, I don’t think so . En fait, je rêve sans cesse d’être ailleurs, de partir pour mieux revenir, ou même de me bricoler carrément une autre vie, loin d’ici. Ailleurs. Oui, je cherche ma Gaspésie… (Lire  Trouver sa Gaspésie de Patrick Lagacé) Je me m...

Parlami d’Amore : des mots qui résonnent

La parole à la journaliste Catherine Lalonde du Devoir , svp… «Parlami d'Amore»: les Grands Ballets canadiens du XXIe siècle . Savoureuse critique.  Des mots qui résonnent…  *** « ... du divertissement. Rien de plus. » « Les GBC ont toujours été un microcosme dans le paysage de la danse au Québec, certainement nécessaire, puisqu’il vient avec son public, important et très engagé. Cet écosystème ressemble de plus en plus à un vaisseau spatio-temporel, naviguant hors des problématiques artistiques et sociales actuelles, ne cherchant pas par son art à interroger la société, et surtout pas à laisser la société remettre en question sa vision, son conservatisme. » Ce ne serait pas un problème — le passé a du bon, il faut des gardiens des anciennes valeurs — si les ambitions de la compagnie étaient en phase avec ce qu’elle incarne. Or, elle se présente comme connectée aux créateurs de références et d’avant-garde, ou comme une compagnie audacieuse. C’est prendre des vessies p...

Parlami d’Amore : paroles, paroles, paroles

Sur l’art de spinner une très mauvaise idée… Rien que des mots. Des mots magiques, des mots tactiques. Qui sonnent faux… Le sexisme des Grands Ballets canadiens de Montréal  Les Grands Ballets canadiens de Montréal présenteront bientôt leur « spectacle de clôture » qui devait être LE grand moment tant attendu de leur saison « ode à la femme » ( « Ode à la femme », mon œil ), le spectacle intitulé Femmes . Suite à l’annonce de cette production chorégraphiée entièrement par des hommes pourtant, nombreuses danseuses, féministes et critiques sont montées au front, dénonçant le sexisme de la compagnie de ballet classique, poussant ainsi le directeur artistique, Ivan Cavallari, à modifier le titre du spectacle pour Parlami d’Amore (Parlez-moi d’amour). Les paroles s’envolent, les écrits restent  Le concept de départ, donc, un grand spectacle de clôture intitulé Femmes , chorégraphié entièrement par des hommes, soit trois chorégraphes «...

La chute

Cette année-là, ils furent nombreux à s’enlever la vie, tous de la même manière, plongeant ainsi dans les profondeurs abyssales de la mort. Ce qu’ils avaient tous en commun, ces hommes, outre cette chute fatale, était sans doute leur vision tranchée et intransigeante du monde. Mon grand frère faisait partie du nombre, l’un de ces hommes qui, en 2014, mit fin à cette souffrance qui lui rongeait l’existence en se précipitant dans le vide de sa métropole. Quelque vingt étages plus tard, tout était fini. Durant les mois qui suivirent son décès, les édifices et les gratte-ciels m’apostrophaient furieusement un peu partout dans la ville. Je développai également, pendant cette période fort sombre de ma vie, une obsession pour les articles de presse relatant ces multiples histoires de bankers et de brokers qui se suicidaient ça et là, tant à New York, à Londres, au Japon, qu’ailleurs dans le monde. Certains journalistes américains parlaient même de « contagion de suicide » dans...

Ocytocine et politique

Depuis quelques semaines, je suis en « rupture politique » (et il semble que je ne sois pas la seule ce printemps). C’est lui, l’enfoiré, mon « ex » oui, qui m’a laissé tomber. Fâchée, réactionnaire et question de lui en mettre plein la gueule, je me suis tout de suite mise en mode recherche, sachant pourtant très bien que des partis indépendantistes au Québec, ça ne court pas les rues ( Électrice libre cherche parti politique ). Et puis pendant des jours, j’ai observé et pris bonne note de mes agissements ainsi que des pensées qui me traversaient l’esprit, sorte d’autoanalyse à laquelle toujours je m’adonne. Et effectivement, j’ai remarqué que j’étais aussi marabout et en beau joualvert que lorsqu’on se fait dompter par quelqu’un, ou que le mec te dit qu’il va t’appeler mais ne le fait pas, ou encore que ton conjoint te laisse tomber pour une plus jeune… bref, ce genre de truc insupportable mais néanmoins inévitable de la vie plate. Ça emmerde, même que ça fait m...

À vos pancartes, on marche !

À vos pancartes ! Toute la semaine, des activités sont prévues partout au Québec pour le Jour de la Terre  (22 avril), dont :  Samedi 27 avril 2019 - 14h -  Grande manifestation de la Semaine de la Terre   à Montréal Trois points de départ (choisissez le vôtre), chaque marche convergeant jusqu’au mont Royal. Parlez-en, venez nombreux-ses, en transport en commun évidemment... greillé d'un sourire (sauf si vous portez un masque), peut-être même d'une belle pancarte écolo, en plus d'une bouteille d'eau (pas en plastique là crisse, mais bien réutilisable. Tsé ? Comme lorsqu'on se faisait traiter de maudites "granos" à une certaine époque - Pfft !), une p'tite collation aussi, pourquoi pas un costume original (« Wo-là, faut quand même pas charrier ! »), bon ok, une casserole d'abord ou bien quelque chose pour faire du bruit, sinon rien pantoute, bref, faites ce que vous voulez... mais surtout, amenez-vous le body.

Être extraordinaire

Je l’ai dit, écrit et répété maintes fois à qui veut bien m’entendre – c’est-à-dire personne, viarge, étant entourée de narcissiques et d’abrutis, mais surtout parce que je suis une nobody -, mais aujourd’hui, à l'ère de cette interminable autopromotion et de cette glorification du moi instantanée, plus personne ne veut être ordinaire ( Être ordinaire ). Et Déesse sait qu’on aime le monde « extraordinaire » et les maudites vedettes dans ce quasi-pays, comme partout ailleurs d’ailleurs. C’est le nouveau mal du siècle. Or l’avantage d’être une nobody , une pure inconnue, vierge en Facebook, en réseaux sociaux, loin des trolls et encore connectée à la réalité, chers amis ? Vous rencontrez toujours des gens, dans la vraie vie, qui eux parlent, se confient à vous, s’ouvrent comme des fleurs, vous révélant ainsi le fond de leur pensée tout comme leur vie dans ces moindres détails. Benoit, par exemple, travaille dans un café à Montréal. La première fois que je l’ai rencontré, i...

L’insoutenable désir de Narcisse

Narcisse à côté capote ces temps-ci ( Les narcissiques sont parmi nous ). Le pauvre homme ne sait plus où donner de la tête, « l’objet de son désir » ne voulant absolument rien savoir de lui. Et c’est là un état extrêmement insupportable pour le narcissique. Grosso modo , l'être narcissique voit le monde en relation d’objets (sujet-objet), purement binaire, et donc dénué d'ambivalence (bon vs mauvais), tout en étant à la fois à la recherche constante d’un miroir pour se voir, s’admirer, s’aimer. Car lui, le « bon sujet », se lève le matin, se regarde dans le miroir, s'apprécie, se trouve beau, bon, voire génial, superbe, excellent, exceptionnel et autre superlatif du genre. Il s’attend donc, en sortant de son minable appartement d'Hochelag’, tout comme de ses quartiers de la Maison-Blanche, à retrouver ce reflet de lui-même dans le regard d’autrui, ces bons objets qu’il rencontrera sur son passage. Mais si l’objet en question ne lui renvoie pas cette belle ima...

Orange pâle

Comme bien des gens, mon corps a basculé par en arrière en apprenant le changement de cap de Québec solidaire. Comme une gifle, une claque en pleine face, un coup de poing sur la gueule… Alors que le parti appuyait et défendait depuis des années « la recommandation du rapport Bouchard-Taylor, celle de proscrire les signes religieux pour les agents de l'État ayant un pouvoir de coercition (policiers, gardiens de prison, juges et procureurs de la Couronne) », « les militants ont [pourtant] voté par une écrasante majorité pour changer de position et s'opposer à toute interdiction sur le port de signes religieux. » - ( Signes religieux: volte-face à Québec solidaire ,  La Presse ) « Hein ?! » Y’as-tu juste moi de complètement perdue dans ce dossier ? … Selon le co-porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois  : « Les peuples fiers et forts n'ont pas besoin d'exclure pour se sentir fiers. » Euh, d’accord... Mais faudrait d’abord m’expliquer c’est quoi...

D’une activiste à une autre

Chaque dimanche, ils sont présents, apparemment. Il y a même des gens en stand-by , sur les côtés, pour remplacer les personnes fatiguées, ces « anonymes » qui se tiennent là, debout, tout simplement, tenant des images fracassantes entre les mains, afin de dénoncer, de sensibiliser, d’informer la population. Et forcément, quand une artiste-militante aperçoit ce qui semble être un acte de protestation quelconque, une performance artistico-politique quelque part, avec des masques en plus, eh bien, c’est sûr et certain qu’elle s’approche pour voir ce qui se trame derrière tout ça et pose des questions. « C’est quoi c’t’affaire-là ? » « Le cube de la vérité »  C’est au métro McGill que ça se passe (sortie vers un des gros centres d’achats insignifiants), chaque dimanche donc, depuis maintenant des mois. Ça s'appelle le « Cube de la vérité » ( cubeoftruth.com ), réalisé par les Anonymous for the Voiceless . En gros, il s’agit d’un groupe d’indiv...