Passer au contenu principal

Messages

Ocytocine et politique

Depuis quelques semaines, je suis en « rupture politique » (et il semble que je ne sois pas la seule ce printemps). C’est lui, l’enfoiré, mon « ex » oui, qui m’a laissé tomber. Fâchée, réactionnaire et question de lui en mettre plein la gueule, je me suis tout de suite mise en mode recherche, sachant pourtant très bien que des partis indépendantistes au Québec, ça ne court pas les rues ( Électrice libre cherche parti politique ). Et puis pendant des jours, j’ai observé et pris bonne note de mes agissements ainsi que des pensées qui me traversaient l’esprit, sorte d’autoanalyse à laquelle toujours je m’adonne. Et effectivement, j’ai remarqué que j’étais aussi marabout et en beau joualvert que lorsqu’on se fait dompter par quelqu’un, ou que le mec te dit qu’il va t’appeler mais ne le fait pas, ou encore que ton conjoint te laisse tomber pour une plus jeune… bref, ce genre de truc insupportable mais néanmoins inévitable de la vie plate. Ça emmerde, même que ça fait m...

À vos pancartes, on marche !

À vos pancartes ! Toute la semaine, des activités sont prévues partout au Québec pour le Jour de la Terre  (22 avril), dont :  Samedi 27 avril 2019 - 14h -  Grande manifestation de la Semaine de la Terre   à Montréal Trois points de départ (choisissez le vôtre), chaque marche convergeant jusqu’au mont Royal. Parlez-en, venez nombreux-ses, en transport en commun évidemment... greillé d'un sourire (sauf si vous portez un masque), peut-être même d'une belle pancarte écolo, en plus d'une bouteille d'eau (pas en plastique là crisse, mais bien réutilisable. Tsé ? Comme lorsqu'on se faisait traiter de maudites "granos" à une certaine époque - Pfft !), une p'tite collation aussi, pourquoi pas un costume original (« Wo-là, faut quand même pas charrier ! »), bon ok, une casserole d'abord ou bien quelque chose pour faire du bruit, sinon rien pantoute, bref, faites ce que vous voulez... mais surtout, amenez-vous le body.

Être extraordinaire

Je l’ai dit, écrit et répété maintes fois à qui veut bien m’entendre – c’est-à-dire personne, viarge, étant entourée de narcissiques et d’abrutis, mais surtout parce que je suis une nobody -, mais aujourd’hui, à l'ère de cette interminable autopromotion et de cette glorification du moi instantanée, plus personne ne veut être ordinaire ( Être ordinaire ). Et Déesse sait qu’on aime le monde « extraordinaire » et les maudites vedettes dans ce quasi-pays, comme partout ailleurs d’ailleurs. C’est le nouveau mal du siècle. Or l’avantage d’être une nobody , une pure inconnue, vierge en Facebook, en réseaux sociaux, loin des trolls et encore connectée à la réalité, chers amis ? Vous rencontrez toujours des gens, dans la vraie vie, qui eux parlent, se confient à vous, s’ouvrent comme des fleurs, vous révélant ainsi le fond de leur pensée tout comme leur vie dans ces moindres détails. Benoit, par exemple, travaille dans un café à Montréal. La première fois que je l’ai rencontré, i...

L’insoutenable désir de Narcisse

Narcisse à côté capote ces temps-ci ( Les narcissiques sont parmi nous ). Le pauvre homme ne sait plus où donner de la tête, « l’objet de son désir » ne voulant absolument rien savoir de lui. Et c’est là un état extrêmement insupportable pour le narcissique. Grosso modo , l'être narcissique voit le monde en relation d’objets (sujet-objet), purement binaire, et donc dénué d'ambivalence (bon vs mauvais), tout en étant à la fois à la recherche constante d’un miroir pour se voir, s’admirer, s’aimer. Car lui, le « bon sujet », se lève le matin, se regarde dans le miroir, s'apprécie, se trouve beau, bon, voire génial, superbe, excellent, exceptionnel et autre superlatif du genre. Il s’attend donc, en sortant de son minable appartement d'Hochelag’, tout comme de ses quartiers de la Maison-Blanche, à retrouver ce reflet de lui-même dans le regard d’autrui, ces bons objets qu’il rencontrera sur son passage. Mais si l’objet en question ne lui renvoie pas cette belle ima...

Orange pâle

Comme bien des gens, mon corps a basculé par en arrière en apprenant le changement de cap de Québec solidaire. Comme une gifle, une claque en pleine face, un coup de poing sur la gueule… Alors que le parti appuyait et défendait depuis des années « la recommandation du rapport Bouchard-Taylor, celle de proscrire les signes religieux pour les agents de l'État ayant un pouvoir de coercition (policiers, gardiens de prison, juges et procureurs de la Couronne) », « les militants ont [pourtant] voté par une écrasante majorité pour changer de position et s'opposer à toute interdiction sur le port de signes religieux. » - ( Signes religieux: volte-face à Québec solidaire ,  La Presse ) « Hein ?! » Y’as-tu juste moi de complètement perdue dans ce dossier ? … Selon le co-porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois  : « Les peuples fiers et forts n'ont pas besoin d'exclure pour se sentir fiers. » Euh, d’accord... Mais faudrait d’abord m’expliquer c’est quoi...

D’une activiste à une autre

Chaque dimanche, ils sont présents, apparemment. Il y a même des gens en stand-by , sur les côtés, pour remplacer les personnes fatiguées, ces « anonymes » qui se tiennent là, debout, tout simplement, tenant des images fracassantes entre les mains, afin de dénoncer, de sensibiliser, d’informer la population. Et forcément, quand une artiste-militante aperçoit ce qui semble être un acte de protestation quelconque, une performance artistico-politique quelque part, avec des masques en plus, eh bien, c’est sûr et certain qu’elle s’approche pour voir ce qui se trame derrière tout ça et pose des questions. « C’est quoi c’t’affaire-là ? » « Le cube de la vérité »  C’est au métro McGill que ça se passe (sortie vers un des gros centres d’achats insignifiants), chaque dimanche donc, depuis maintenant des mois. Ça s'appelle le « Cube de la vérité » ( cubeoftruth.com ), réalisé par les Anonymous for the Voiceless . En gros, il s’agit d’un groupe d’indiv...

Pouvoir et domination

J’étais repartie de la bibliothèque avec ma pile de livres sous le bras, déterminée à comprendre les mécanismes, les tenants et aboutissants du pouvoir et de la domination, histoire de fourbir mes armes contre ces nombreux crétins - les p’tits bullies insignifiants, les salopards, les tyrans, les boys clubs  de ce monde et les prédateurs en général. Sociologie de la domination, psychologie du pouvoir, et même, biologie du pouvoir. Quand madame veut savoir… Question d’agrémenter ces lectures, et ainsi nourrir ma flamme souverainiste – car rien n’est éteint, quoiqu’en disent certains -, j’avais également choisi, en lisière de cette petite étude « dominant-dominé », un ouvrage sur le nationalisme québécois, manifeste « tra[çant] les grandes lignes d’une réflexion systématique et critique sur la nature de la revendication nationalitaire dans le monde contemporain », un court texte paru en 1981, rédigé par nulle autre que Michèle Lalonde, et son collègue Denis Monière. J...

Giselle, 15 ans, trompée, manipulée…

«  Les ballets sont des rêves de poète pris au sérieux  » (1) Théophile Gautier (1811-1872), poète et auteur du ballet Giselle  *** Dans le cadre de leur saison « ode à la femme » ( « Ode à la femme », mon œil ), les Grands Ballets canadiens de Montréal nous proposent un « chef-d’œuvre classique intemporel », « l’apothéose du ballet romantique », oui, vous l’aurez compris, un autre classique sexiste imbuvable, obsolète et désuet : Giselle . Aimer « à la folie », ou, manipulation psycho-affective d’une mineure  Créé en 1841 par le fameux boys club de l’Opéra de Paris de l’époque (Marius Petipa et son petit groupe), le ballet Giselle reçut alors des critiques dithyrambiques, la danseuse étoile, Carlotta Grisi, qui y tenait le rôle principal, brillait par sa grâce et sa légèreté : « elle semble voler ». (2) (Soulignons au passage qu’en ballet classique, comme dans nombreux contes féeriq...

Un 15 mars sur Terre...

Les jours passèrent et se ressemblèrent péniblement, avec, toujours, ce merdique sentiment d’impuissance au ventre qui vous rogne l’âme, l’espoir et ce reliquat de survie. Puis est arrivé vendredi. Vendredi 15 mars, oui. Enfin, « un peu d’air pur dans toute cette marde », comme dirait Falardeau. « So-so-so, solidarité ! Sau-sau-sau, sauvons la planète ! »  Ils sont beaux, ces jeunes, tout de même. Beaux, sensibilisés, informés, concernés. Ils ont aussi beaucoup d’énergie. Jamais je n’avais vu une manif avancer si vite. Leurs pas étaient fermes, rapides, déterminés. Presque militaire, cette marche, mais dans la gaieté, la joie, les cris. Tassez-vous de d’là, ils arrivent. Des dizaines de milliers d’étudiant-es, des profs, des parents, des citoyennes et des citoyens du monde, et même des touristes, ont joint ce mouvement, cette marche mondiale pour le climat. Beaucoup de jeunes, cela va sans dire, des moins jeunes aussi et des pas mal moins jeunes égale...

Plat de résistance

« Vous faites quoi, vous, madame, dans la vie ? », me demanda la dame avec qui je jasais à l’arrêt d’autobus. «  Oh boy , comment dire… » Je lui ai résumé ça à pas grand-chose, à ces quelques tâches insipides qui permettent néanmoins de payer le loyer et quelques factures. Mais à l’intérieur de moi, au fin fond de moi-même, j’avais juste envie de lui balancer toute la vérité, la mienne en tout cas, de lui déclarer haut et fort, dans un élan profondément puissant, comme Michèle Lalonde récitant Speak White , tout ce qui m’habite en-dedans : Moé, madame, j’écris. Par pure nécessité je vous dirais, car je ne suis ni écrivaine, ni auteure, ni autrice. Je suis une artiste-militante, une ex-danseuse devenue blogueuse, par la force des choses et de la résistance . Je suis une féministe-anarchiste-en-câlisse, une chercheuse de troubles, comme une faiseuse de ce genre, une fière nullipare, une progressiste, une souverainiste, une indépendantiste… Yes indeed, you m...

Une fière nullipare parmi d’autres

J’avais 5 ans et c’était clair comme de l’eau de roche. Je me rappelle même où cela s’est produit, dans la cuisine de la maison rouge – il y a eu la rouge, la blanche et la grise, la maison de la mort. Appelez ça une révélation, une épiphanie, l’instinct, l’intuition, le destin, un « foudroiement karmique » ou autre, cela n’a aucune importance, car, du haut de mes 5 ans, j’avais déclaré en mon for intérieur : « Moi, je n’aurai jamais d’enfant ». Dans ma tête, mon corps, mon esprit, mon âme, ce dossier était réglé une fois pour toutes, et je n’avais même pas encore commencé la maternelle…  Erreur ! Ce fût en réalité, et à l’inverse, un dossier particulièrement pénible à traîner, à plaider, une vie durant. Car par la suite, j’ai passé mon enfance, ma puberté, mon adolescence, ma vie de jeune adulte et de femme adulte, bref toute ma vie quoi – contrairement à mon frère jumeau , soit dit en passant -, à devoir me justifier, à rendre des comptes à qui mieux...

Peuple, deboutte !

Ce court texte, écrit et envoyé à un journal à la mi-février, et puis à un autre (quelque peu modifié), alors que des profs à Montréal décidaient de joindre le mouvement étudiant pour la grève pour le climat , n’a jamais été publié – refusé, ignoré, snobbé, qu’en sais-je. Je le publie donc ici, en soutien à «  [t]ous ces rassemblements [qui] mettent la table pour la "grève du climat", le 15 mars prochain  », avec, en prime, une belle citation de Thoreau. Vous savez à quel point j’aime les citations de rebelles, d’anarchistes, de féministes, de marginaux et les autres. ***  Le 15 mars prochain, ce ne sont pas seulement les étudiantes, les étudiants, les enseignantes et les enseignants qui doivent débrayer et manifester, c’est le peuple entier… Deboutte, viarge ! À qui la rue ? À nous, la rue !  C’est maintenant ou jamais qu’il faut s’enlever la tête du sable, métamorphoser l’apathie en mouvement, se lever et prendre la rue, en tant que peuple uni, réuni, rass...

En rafale… (6)

Un homme qui pose des questions cherche la vérité. Une femme qui pose des questions, elle, cherche la chicane. Et comme je (me) pose beaucoup de questions… Étant donné le réchauffement climatique et l’importante fonte des glaciers des dernières années, est-il encore exact, ou même approprié, de parler de « la pointe de l’iceberg », ou si ça ne fait plus aucun sens cette expression-là ? Ça ne vous dirait pas, vous autres aussi, d’avoir droit à des prévisions piétonnières , relatant les conditions des trottoirs à Montréal, du genre : « Oubliez le coin Pie-IX et Ontario, ça va encore ressembler à une énorme patinoire » ? - Nette augmentation de chutes sur la glace à Montréal et Laval  Avez-vous vu ça ? Un nouveau record de rassemblement de schtroumpfs  : 2762 participants. Ma question est fort simple : pourquoi ? « Pour avoir fait l'école buissonnière [dans le cadre de la Première grève scolaire pour le climat à Montréal ], Sara Montpetit et...

La Place des arts… et des hommes

La majorité des théâtres et des salles de spectacles au Québec portent le nom de « grands hommes ». Sans vouloir dénigrer ou minimiser leurs accomplissements et leurs contributions à la culture québécoise, la question se pose tout de même : pourquoi les femmes y sont-elles sous-représentées ? Seulement à la Place des arts , par exemple, on retrouve plusieurs salles de spectacles et espaces culturels, or, pas une seule femme au programme toponymique : La Salle Wilfrid-Pelletier, le Théâtre Maisonneuve, le Théâtre Jean-Duceppe, la Salle Claude-Léveillée et la Cinquième salle (on a choisi un chiffre avant le nom d’une femme…), sans oublier l’ Espace culturel George-Émile-Lapalme , anciennement le Hall des Pas perdus, qui connut un important réaménagement en 2011, rénové, renommé, bref, toute le kit… une autre belle occasion perdue. (Cet espace, soit dit en passant, est également un excellent endroit pour s’adonner à des manifs-solo ou quelconque performance artistic...

Le Lac des cygnes, ou, le drame de Tchaïkovski

Dans le cadre de leur saison « ode à la femme » ( « Ode à la femme », mon œil ), les Grands Ballets canadiens de Montréal nous offrent un « joyau du répertoire classique », c'est-à-dire un autre classique insupportable basé sur un conte sexiste, passé date, revampé maintes fois, usé jusqu'à la corde et révolu, qu’il faudrait définitivement ranger dans les annales du ballet classique, Le Lac des cygnes , présenté par le Ballet national de Pologne. Contexte historique : Tchaïkovski (1840-1893)  D’abord, il faut savoir que ce premier ballet du compositeur russe Tchaïkovski – il nous en donna trois, malheureusement – fut créé entre 1875 et 1877, sur commande, et « ne reçut qu’un médiocre accueil à sa création le 20 février 1877 » (1). Comme les deux autres ballets de Tchaïkovski, La Belle au bois dormant (1888-1889) et Casse-Noisette (1891-1892), Le Lac des cygnes est basé sur des thèmes et contes sexistes de l’époque, « inspiré...

Leçon guerrière (2)

Dans la vie, il faut choisir ses batailles. C’est du moins ce qu’on dit. Mais parfois, c’est la bataille qui vous choisit. Une cause qui vous tient particulièrement à cœur vous demande de vous lever, de prendre les armes et de vous battre. Pour elle, pour les autres, pour les générations à venir. Et quoi de mieux que des faits, des arguments et les bons mots pour le dire, pour aller au batte. La nécessité, la nécessité, la nécessité  Les agents d’immeuble répètent sans cesse «  location, location, location  », moi je dis « la nécessité, la nécessité, la nécessité ». Car d’aussi loin que je me rappelle, je n’ai jamais rêvé d’écrire ou de publier quoi que ce soit, outre mes p’tits travaux d’école bien entendu, et un essai dans mon domaine d’expertise. Tout ce qui m’intéressait, moi, dans la vie, c’était de lire et de danser - «  Laissez lire, et laissez danser; ces deux amusements ne feront jamais de mal au monde  », disait Voltaire. J’aime aussi Vol...