Poursuivi en justice pour des agressions sexuelles et des viols qu’il aurait commis à l’endroit de plusieurs femmes, un homme connu du grand public subit un procès. Dans le cadre de ces procédures, des témoins défilent à la barre. Parmi ceux-ci, des amis de longue date, des proches, des collègues et d’anciens collaborateurs venus témoigner en faveur de l’accusé. Tous soulignent sa belle personnalité, le grand homme qu’il a toujours été. Ils le connaissent bien ; cet homme n’est pas un agresseur. Au contraire, il a toujours joui d’une excellente réputation. C’est un homme « charmant, courtois, poli et respectable » tant envers les hommes que les femmes, répéteront-ils. Il est « un peu flirt », certes, « comme bien d’autres ». Mais personne n’a souvenir qu’on ait parlé en mal de lui. Jamais. Parfois, il est vrai, il a pu se montrer insistant envers quelques femmes, affirmera lors d’une entrevue un excellent ami depuis le Vieux Continent. Mais on pa...
Un peu plus il me lançait « Speak White! » Mais le petit con en question n’avait pas la culture suffisante pour m’insulter correctement. Il ne connait rien à rien au peuple québécois – ni sa langue, ni sa culture, encore moins son histoire. Et même pas moyen de l’engueuler ou de l’envoyer paître élégamment (ou pas du tout), l’homme déambule dans la ville en fauteuil roulant motorisé. Vous imaginez la scène ? Une Québécoise (blanche) de souche qui s’en prend verbalement à un immigrant, un homme racisé en chaise roulante dans le vestibule d’un CLSC ? Ça ne passerait jamais. « Raciste! » « Xénophobe! » « Islamophobe! » Le pire, c’est que je venais de lui demander gentiment s’il avait besoin d’aide. On se dirigeait tous les deux vers la porte de l’ascenseur. « À quel étage vous allez, mon cher Monsieur ? » « Speak English! », a-t-il rétorqué en moins de deux, offensé, offusqué, frustré que j’ose lui adresser la parole en ...