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Un très bleu été


Vous souvenez-vous de l’été 2023 ? Tout était rose. Rose nanane « paparmane » insupportable. Oui, madame. Même le premier ministre canadien d’alors, Justin Trudeau, en août 2023, s’affichait dans « l’équipe Barbie » en compagnie de son fils, tous deux vêtus de tenues assorties en rose pour le visionnement du film, avant de « rééquilibrer » les choses quelques jours plus tard en allant voir le film « Oppenheimer » avec sa fille, portant alors un t-shirt noir. Depuis, le beau Justin est parti et vit sa « best life » avec Katy. C’est-y pas beau l’amour au grand jour devant la planète entière à se pogner les fesses ? 

Mais cette année, l’été est clairement bleu. Et il en sera fort probablement ainsi jusqu’à la fin de l’année.
 
Cinquante nuances de bleu

En janvier dernier, on débutait déjà l’année 2026 en bleu. Bleu marin masculin, féroce, conservateur – « 48 heures d’éternité ». Et ça se poursuit. Après la fièvre tricolore du printemps dernier, l’été est bleu de bord en bord comme de long en large. Même le menu estival, selon un journal montréalais, peut être bleu. Du manger bleu ? Non merci. Mais des boissons et des cocktails au curaçao québécois, pourquoi pas ? Si vous avez les moyens, évidemment, de vous acheter une bouteille de curaçao québécois à la SAQ à 36 piasses… 

Tout est bleu cet été. Bleu comme notre Saint-Jean, notre Fête nationale. Bleu comme notre drapeau, notre fleur de lys. Bleu comme les couleurs de trois différents partis politiques (CAQ, PC, PQ) sur cinq. PLQ rouge et QS orange semblent hors saison, sauf aux yeux de leurs membres et fidèles électeurs. « Le ciel est bleu, l’enfer est rouge », disaient jadis les « séparatistes ». 

Bleu aussi comme l’opinion majoritairement masculine qui domine (encore) les médias et la sphère publique. Bleu comme tous ces hommes (politiciens, animateurs, chroniqueurs, etc.) qui règnent en politique comme sur la place publique. Les femmes ont-elles le droit en 2026 de parler d’autres choses que de « bienveillance », d’« art et culture » ou de décoration intérieure ? 

À l’exception de la fabuleuse « révolution flamant rose » en Albanie – visionnez Qu’est-ce que la "révolution des flamants roses" contre la famille Trump ? (Le Monde, 18 juin 2026) – tout est pas mal bleu cet été, je vous dis. Et il en sera sûrement ainsi cet automne, voire jusqu’à la fin de l’année. Ce très bleu été n’est peut-être en réalité qu’une sorte d’entrée ou d’apéro, une mise en bouche, quoi, une préparation psychologique et visuelle de ce qui s’en vient. Car, à moins d’un revirement majeur, les élections générales au Québec cet automne risquent d’être très bleues. 

Et en attendant impatiemment les élections (oui monsieur, on a hâte), on profite de l’été pour plonger dans le Livre bleu sur l’indépendance du Québec du Parti québécois. Bonne lecture estivale, tout en bleu.

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