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48 heures d’éternité

 

Clouée au lit en raison d’un mal de dos, j’ai passé deux jours allongée, 48 heures qui m’ont paru une éternité. Par la même occasion, j’ai eu amplement le temps de fixer, d’admirer et de contempler le plafond blanc sale « Cloud Dancer » de ma chambre. Alors que nous avons tous certainement besoin d’« un murmure de tranquillité et de paix dans un monde bruyant », il se trouve peut-être juste là, au-dessus de nos yeux, tout en respirant calmement. 

Car à l’extérieur, dans le vrai monde, l’année 2026, elle, ne sera clairement ni paisible, ni « vaporeuse », ni dansante, ni reposante. La véritable couleur dominante en ce début d’année, du moins en cette fin de mois de janvier ? Bleu marin républicain, conservateur, féroce et hautement masculin. 

Avez-vous vu tous ces hommes qui « dirigent » le monde ? Des brutes ! N’importe quelle « bimbo » ferait mieux que plusieurs de ces machos à gros ego. Mais que voulez-vous, le masculin très « viril », tapageur et destructeur l’emporte toujours sur le féminin consensuel, rassembleur et régénérateur. Et la mode, par les temps qui courent très, très vite ces jours-ci, est de s’injecter de la testostérone – (Les traitements à la testostérone connaissent une popularité croissante). Pitié. À quand la parité ? le pouvoir au féminin ? la féminisation du pouvoir ? le véritable partage du pouvoir ?

Incapable de trouver une position convenable et un brin confortable pour écrire dans mon lit, j’ai vite abandonné l’idée pour me rabattre aussitôt sur la lecture. Le bonheur dans la douleur. La lenteur à l’intérieur de mon deux pièces et quart alors qu’à l’extérieur, tout va trop vite. Les nouvelles défilent à vive allure, à une vitesse effrénée. Le rythme du fil de l’actualité est si rapide que la démission du premier ministre du Québec François Legault, le 14 janvier dernier, est maintenant une « vieille » nouvelle, chose du passé.

Le temps manque

Selon un sondage publié en octobre dernier sur notre rapport au temps, Les Québécois se sentent pressés et inquiets de l’avenir : « Les Québécois sont trop pressés et manquent de temps. Plus de la moitié d’entre eux (53 %) estiment que "la société les pousse à aller trop vite". Cette proportion grimpe à 61 % chez les 34 à 54 ans, et à 73 % chez les parents de familles monoparentales. Dans l’ensemble, seulement 28 % des Québécois se sentent en contrôle de leur rythme de vie. » 

Selon l’analyse qui accompagne ce sondage, les Québécois ressentiraient « un besoin criant de ralentissement, de recentrage sur soi et ses proches. Ce besoin se manifeste notamment dans les aspirations exprimées par les personnes répondantes : plus de temps pour la famille (39 %), les loisirs (19 %), la solitude ou le repos (8 % chacun). Ces désirs traduisent une quête de sens, de connexion et de mieux-être dans une société qui semble parfois emporter les individus dans une spirale d’urgences et d’obligations ». 

Je ne vous souhaiterais jamais un éreintant mal de dos pour vous arrêter pendant des jours. En revanche, je vous souhaite de ralentir… Par exemple, prenez ces trois heures en moyenne « dépensées » chaque jour sur les réseaux sociaux et « investissez-les », ne serait-ce qu’une seule journée, dans le calme, les siestes et le repos. Qui sait ? Le plafond blanc sale de votre chambre à coucher pourrait bien, lui aussi, se mettre à danser.

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