Maintenant que le chien du Canadien est mort, que la coupe Stanley n’est plus une possibilité pour notre équipe de hockey, nous n’avons plus vraiment de projet collectif en vue, de grand projet de société au Québec. Nos beaux programmes à la télé sont presque tous terminés, l’été va bientôt commencer et il faut maintenant revenir à la triste et pénible réalité. Hormis la pile de livres qui m’attend, l’été risque d’être vraiment long. Car j’ai mauditement hâte aux élections.
5 octobre 2026
Dans moins de quatre mois, chers amis, nous aurons des élections au Québec. Maudit que j’ai hâte ! J’ai rarement eu aussi hâte à des élections. J’ai rarement ressenti autant de joie et d’excitation pour des élections au Québec. Pourquoi ?
Parce que non seulement on va enfin se débarrasser de la CAQ, après deux longs mandats majoritaires, mais on pourrait bien élire un parti indépendantiste majoritaire, le Parti québécois. On pourrait, dis-je, rien n’est fait. Mais l’option est véritablement et concrètement sur la table et, avec elle, la possibilité de tenir un référendum sur l’indépendance du Québec. On n’a pas vu ça depuis un méchant bon boutte, mettons. Un discours nationaliste, la fierté d’un peuple, le désir d’avoir un pays, l’affranchissement d’un peuple… La fleur de lys étampée sur mon cœur s’excite !
Pendant les séries du Canadien, à l’extérieur du Centre Bell, j’ai croisé et parlé à plein de jeunes Québécois qui déambulaient fièrement avec le drapeau du Québec. Certains le portaient sur le dos, d’autres avaient des tatous temporaires du drapeau ou encore des fleurs de lys étampés sur leur visage. J’ai même aperçu un jeune homme portant un chandail qui disait « On n’est pas un petit peuple ». Non, mon homme. Nous sommes quelque chose comme un grand peuple, bordel. Enfin, cette génération semble avoir compris que la fierté d’un peuple ne signifie pas l’exclusion ou la peur des autres. Au contraire.
Voir tous ces jeunes Québécois porter fièrement le drapeau et la fleur de lys m’a agréablement réconciliée avec cette génération que je trouve habituellement centrée sur leur petit nombril, repliée sur leur téléphone tout en se mettant continuellement en scène avec des maudits selfies. Ça faisait des années qu’on me disait qu’il y avait beaucoup de jeunes indépendantistes. Mais j’en doutais sincèrement. Je ne les voyais pas. Voir c’est croire, apparemment.
Mais là, je les ai vus. J’ai même parlé à plusieurs d’entre eux, entre autres, à des jeunes issus de l’immigration de deuxième génération qui sont, croyez-le ou non, de fiers indépendantistes ! Et dès que la campagne électorale va commencer, je sens que ça va enfin brasser dans ce presque pays. Non seulement on va changer de gouvernement et d’orientation mais de ton. Le ton sera franchement nationaliste. Nationaliste et assumé. Et on pourrait bien être en route pour faire un pays avec les peuples autochtones du Québec.
C’est dans moins de quatre mois. Vivement des élections !
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Photos : Sylvie Marchand, à l’extérieur du Centre Bell, mai 2026.