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« Tendre vers la souveraineté »

Avez-vous écouté/visionné l’entrevue du journaliste Patrice Roy avec Mounir Kaddouri ? Je vous le dis d’emblée, j’ai trouvé cette entrevue franchement in-sup-por-ta-ble. 

Durant tout le segment de l’entrevue portant sur l’indépendance du Québec, Mounir Kaddouri exprime exactement ce que j’ai entendu de la part de la majorité des jeunes indépendantistes, soit un interminable jargon incompréhensible sur le rêve de faire indépendance du Québec mais… sans aucune implication politique. Ta-dam ! Ça devrait arriver par magie, les amis.

Selon les dires de Mounir, notre société devrait toutefois toujours « tendre vers la souveraineté » du Québec. Mais dès qu’il est question de politique, oups, le pauvre Mounir en perd son latin, son « flow » et ses nombreux anglicismes. Comme bon nombre de jeunes qui ne veulent pas « se mêler » de politique, le youtubeur lavallois sombre alors dans un fouillis incompréhensible de mots mais néanmoins criant de naïveté.

Comme plusieurs jeunes à qui j’ai parlé au cours des derniers mois qui ne veulent rien savoir de la politique, des partis politiques ni des politiciens, le gouffre est grand, immense dis-je, entre la prétention, le rêve de faire du Québec un pays et la réalité. 

Même chose du côté de l’organisme OUI Québec. En juin dernier, j’essayais de comprendre comment une organisation qui se prétend non partisane peut promouvoir l’indépendance du Québec auprès des jeunes Québécois sans jamais parler de politique. (La présidente de l’organisation refusait même d’être photographiée en compagnie d’un candidat ou d’un politicien… On se calme le pompon, ma p’tite dame. C’est une fête nationale, simonac.) 

Et le gars à qui j’ai parlé à leur kiosque, un membre actif ou un représentant du OUI Québec, n’était pas un deux de pique mais un doctorant. Et pourtant, la conversation est tombée dans un vide abyssal dès qu’il fut question du véhicule politique pour porter ce projet jusqu’à l’Assemblée nationale. Mystère et boule de gomme.

Rêver mieux, grand et en couleur 

Ne pas s’impliquer politiquement, ne pas avoir de véhicule politique pour la souveraineté du Québec, c’est comme dire « j’espère un jour faire un marathon mais je refuse de courir des 5km » ou encore « j’aimerais vraiment exceller en danse mais je ne veux surtout pas suer » … Ça n’arrivera pas. Ce n’est pas possible. Non, ça ne tient pas la route. 

S’il n’y a pas de jambes à un rêve, il ne se réalisera pas. Ça demeurera un rêve, une idée fabuleuse de l’esprit. S’il n’y a pas de véhicule politique pour concrétiser un projet comme celui de l’indépendance du Québec, il n’y a pas de souveraineté du Québec. À quoi bon en parler alors ? À quoi bon toujours « tendre vers la souveraineté » ? Juste pour faire cool et être à la mode ? 

Ces soi-disant jeunes indépendantistes veulent mousser l’idée de l’indépendance du Québec, certes, mais sans aucune implication concrète, physique, politique, pragmatique. C’est ce même « sentiment » indépendantiste qui ne mène nulle part que j’ai observé un peu partout en parlant à des jeunes enflammés et très excités avec des drapeaux et des fleurs de lys made in China achetés au Dollarama. 

L’art, c’est très bien – je n’ai évidemment absolument rien contre l’art ! On peut très certainement faire des tounes, du rap, de la musique, lire des poèmes, inventer un signe de fleur de lys pour faire cool ou même chanter, slammer ou, pourquoi pas, danser l’indépendance du Québec. Mais sans aucune implication politique, le projet ne peut tout simplement pas se concrétiser. Point final bâton.

Mais, comme d’habitude, tout le monde crie encore au génie pour cet homme parce que… quoi, au juste ? Il est cool ? Il se prénomme Mounir et se fait appeler le « Maire de Laval » ? C’est un fils d’immigrante qui parle de culture québécoise et des jeunes ? Il n’est donc pas très surprenant qu’il ait été recruté par un journal fédéraliste. Il n’y a clairement aucune véritable menace concrète à l’horizon. 

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Image : capture d’écran.

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