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Bon ou mauvais signe ?


« Ils ont leur propre signe ! », m’a lancé fièrement la députée solidaire (sortante) Manon Massé. Deux fois plutôt qu’une. Les deux fois, j’ai souri bêtement. Je voulais rester polie. Je venais juste de la photographier avec des jeunes indépendantistes, lors de la Saint-Jean organisé par OUI Québec le 23 juin dernier. Ces jeunes Québécois ont inventé un signe des mains pour afficher leur indépendantisme, celui d’une fleur de lys. Il existe même un « tutoriel » de l’artiste « Kinji » sur TikTok : « Tutoriel sur comment faire un signe fleure de lys » (sic), OU, « comment throw up une fleur de lys » (sic). #quebec #fleurdelys … #whatthefuckisthat

Cœur, triangle et alouette

Le band de l’heure, Angine de Poitrine, est arrivé sur la planète Terre avec son propre signe. Comme ces deux créatures picotées tripent entre autres sur les pyramides, ils font un signe de triangle avec leurs mains. Leurs fans les imitent, font de même, en plus de se déguiser avec des picots noirs et blancs. C’est très bien et fort amusant.


Mais les deux musiciens saguenéens de cette extraordinaire et étrange formation se définissent notamment dadaïstes. Et chez les dadaïstes, tout passe, tout est possible. Il n’y a aucune limite. Né au début du XXe siècle, ce mouvement artistique rejetait les normes et les conventions, prônant l’absurde et la provocation par des collages et des performances décousues trouvant leur « signification » dans le « non-sens » justement. Seulement, il y a toujours eu des illuminés et des intellectuels à la page quelque part pour nous proposer de fabuleuses « théories » servant à expliquer ce qui, au départ, se voulait illogique. 


C’est comme le maudit signe de cœur, « geste universel d’amour et d’affection » fait avec les mains (ou les doigts) que plusieurs personnes répètent ad nauseam. Pu capable. Même les participants à l’émission Les Traîtres (Édition Québec – Saison 3) faisaient abondamment ce signe de cœur tout en pleurant chaudement et abondamment avant d’éliminer d’autres joueurs. C’était franchement gossant et insupportable à voir. Vous avez quel âge, bon sang ? Cela me rappelait Capitaine Cosmos (Claude Steben) de l’émission Les Satellipopettes, diffusée sur les ondes de Télé-Métropole (TVA) à la fin des années 1970 et 1980 qui levait sa main tout en disant : « Que la force soit avec toi ». C’était effectivement pour les enfants. Deux morceaux de robot svp...

Mode ou réel désir d’un pays ?

Et j’ai bien peur que ce nouveau signe des mains de fleur de lys « throw up » dans les airs chez les jeunes au Québec ne soit, là encore, un autre signal que ce mouvement indépendantiste est une mode. Car, par définition, une mode est passagère, éphémère, parfois cyclique. En somme, je demeure sceptique. 

Rien pour me rassurer, donc, alors que je me questionne sincèrement, depuis des mois, sur cette flamme indépendantiste qui anime beaucoup de jeunes Québécois. J’ai parlé à plusieurs d’entre eux à ce sujet à différents endroits. Oui, ils sont très excités. Comme le sont tous les jeunes et adolescents à propos de tout et de rien. Seulement, essayez ensuite de jaser politique avec eux, même très superficiellement, et vous verrez que ça ne tient pas la route très longtemps. « Un pays par et pour toi », vraiment ? Sans chef, ni parti ou implication politique ? On nage en plein délire d’adolescents ou bien au beau milieu du pays des licornes. Et j’espère sincèrement que je me trompe.

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Photo (en haut) : Sylvie Marchand. Autres images ; captures d'écran Journal de Montréal, La Presse.

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