Les prières dans les rues sont interdites. Pourtant, il n’y a pas que les musulmans qui font des prières, de la propagande religieuse ou encore du prosélytisme. Qu’attend-on pour libérer les rues et les espaces publics des religions, de toutes les religions ?
« Preachers » et propagande religieuse à Montréal
Au centre-ville de Montréal, c’est devenu un véritable fléau. Pas moyen de marcher trois coins de rue sans se faire parler, voire harceler à propos de Jésus, de Dieu, ou encore se faire crier des versets de la bible dans les oreilles.
Dans bon nombre de stations de métro, par exemple, comme à maintes intersections du centre-ville, il semble être devenu tout à fait normal que des Témoins de Jéhovah soient plantés là, avec leurs brochures, leurs petites valises et leurs messages bibliques, n’attendant que vous les regardiez dans les yeux pour vous parler de Dieu. Est-ce légal ? Ont-ils un permis pour être là ? Il faut arrêter tout cela.
Il y a également tous ces preachers noirs improvisés dans les rues de Montréal qui sont clairement insupportables. À proximité du métro McGill, par exemple, vous trouverez non seulement des Témoins de Jéhovah d’un côté de la rue Ste-Catherine mais, de l’autre, des prédicateurs noirs qui hurlent, in English en plus, des « messages » de Jésus dans leur maudit micro. « Repentez-vous ! » Leur haut-parleur crache des versets de la Bible qui blaste épouvantablement les oreilles des passants. Est-ce qu’ils ont le droit d’être là ? Faut-il un permis pour occuper ainsi l’espace public et emmerder les gens? Il faut arrêter tout cela.
Un autre homme, lui, ayant observé la « compétition » dans les environs, s’est empressé de se munir lui aussi d’un microphone et d’un haut-parleur portatif pour répandre le message de Jésus. Dans son cas à lui, c’est plutôt du harcèlement de rue à propos de Jésus. Celui-là, je le surnomme le « bully à Jésus ».
Il marche et parle de long en large de Jésus au centre-ville de Montréal. Mesurant plus de six pieds, cet homme blanc (que je soupçonne de vivre avec un sérieux trouble mental) se plante directement devant vous et, sur un ton plutôt agressif, vous somme de répéter ces mots : « Jésus est mon Sauveur ». « Enwèye, dis "Jésus est mon Sauveur", je te dis. Répète, j’te dis ! » insiste-t-il. Devant mon refus de « répéter comme un perroquet » ses conneries à teneur religieuse, il m’informe que j’irai droit en enfer. Je ne serai pas seule apparemment puisque la fille à côté a elle aussi refusé de répéter ces mots et a reçu la même pénitence. « Alors on se revoit plus tard ? » « See you in hell! »
Nettoyer les rues des religions
Dans les rues de Montréal, c’est plein de ces prédicateurs improvisés et autres déséquilibrés qui se tiennent devant une église ou sur un coin de rue pour lire des passages de la bible ou pire, vous crier dans les oreilles de vous repentir… « Ta gueule, connard ! »Il y a aussi tous ces hommes (et quelques femmes) qui se tiennent près du métro Berri avec des pancartes anti-avortement. « Avez-vous un utérus, vous, Monsieur ? »
Si les prières de rue sont désormais interdites au Québec, il faut aussi interdire la propagande et toute forme de promotion religieuse dans l’espace public. Allez faire ça dans un espace privé, sur Internet ou encore dans un lieu de culte.
L’espace public appartient à tout le monde, et donc, devrait être neutre. « Faites du bruit pour Jésus » ? Non, vos gueules, crisse!
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Images : capture d’écran The Gazette (3 avril 2026) ; photo Sylvie Marchand ; blogue religieux


