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Une fleur (de lys) à Pascal Bérubé

Le Parti québécois (PQ) forme désormais le nouveau gouvernement au Québec. Et même minoritaire, il s’agit bel et bien d’un exploit. Pendant de nombreuses années, on disait ce parti indépendantiste mort et sa cause première inintéressante. Les Québécois étaient « ailleurs » nous répétait-on ad nauseam. Et durant ce creux de vague péquiste, qui croyait encore que le parti bleu nationaliste allait un jour renaître de ses cendres ? Pas grand monde.

De trois députés élus en 2022 à sept députés grâce aux élections partielles, le Parti québécois compte aujourd’hui 59 députés – et possiblement 60 alors qu’un recomptage judiciaire est présentement en cours dans la circonscription de Vachon.

Durant cette longue traversée du désert, force est de constater que le péquiste Pascal Bérubé n’a jamais abandonné. Il n’a jamais cessé d’y croire ni d’espérer. Indépendantiste dans l’âme et homme intègre, Pascal Bérubé tenait le fort pendant que plusieurs autres reniaient leurs plus intimes convictions par opportunisme et l’envie d’une limousine. 

Or non seulement le parti fondé par René Lévesque en octobre 1968 a remonté la pente mais il a remporté l’élection. Particulièrement ému, lundi soir, en observant les résultats défilés en faveur de son parti, et avec raison, Pascal Bérubé a dû se sentir très seul par moments durant ces longues et éprouvantes années « en attente » d’une résurrection. 

Il est clair que le Parti québécois a trouvé un brillant chef passionné en la personne de Paul St-Pierre Plamondon (PSPP) en plus d’attirer d’anciens députés et des candidats de grande qualité à se présenter pour ces élections. Il en est de même avec plusieurs indépendantistes qui, eux aussi, sont revenus au bercail – j’en suis. Et aujourd’hui, on peut dire que la résurrection du parti est arrivée et réussie.

Le cul-de-sac de la CAQ

La vague caquiste, voire le tsunami bleu pâle très dilué des huit dernières années est enfin derrière nous et nous avons survécu. De plus, nous savons pertinemment aujourd’hui, et plus que jamais, que cette prétendue « troisième voie » fédéraliste ne mène nulle part, n’étant rien d’autre en réalité qu’un cul-de-sac. Pendant plus de sept années consécutives, François Legault, ancien indépendantiste convaincu qui a malheureusement abandonné son rêve de jeunesse – c’est vraiment triste –, en a fait la démonstration claire et nette : il n’a obtenu aucun nouveau pouvoir du Canada via cette supposée « troisième voie ». Zéro. 

Dans les faits, le Québec possède tout ce dont il a besoin pour être un pays fort, prospère, libre, créatif, égalitaire. Et le jour venu, au moment le plus opportun, nous reprendrons calmement cette discussion. Le peuple québécois se permettra à nouveau de réfléchir à son avenir et de discuter intelligemment de cette option, de sa souveraineté, puisque c’est la survie du peuple québécois qui en dépend. Le peuple québécois inclut toutes les Québécoises et les Québécois. Non, nous ne sommes pas un petit peuple. 

Et aujourd’hui, s’il est vrai que nous apprécions grandement la fougue, la passion et l’intelligence de PSPP à la tête du seul parti bleu nationaliste, nous n’oublierons jamais que ce fut le député Pascal Bérubé, un homme manifestement humble et de grands principes – phénomène rare par les temps qui courent, disons-le –, qui a su garder la flamme indépendantiste du Parti québécois allumée pendant ces sombres et pénibles années. 

À lui seul, le député de Matane-Matapédia–Mitis, Pascal Bérubé, mérite une fière chandelle et une précieuse fleur de lys. 

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« Je n’ai jamais arrêté d’y croire. Le Québec a tout ce qu'il faut pour former une société libre rayonnant partout dans le monde. » – Pascal Bérubé

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Photo : Sylvie Marchand, défilé de la Fête nationale, Montréal, 24 juin 2023.

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