Avez-vous vu passer cette publicité du gouvernement du Canada ? « Nous libérons la puissance naturelle du Canada pour faire baisser les coûts » Bien sûr.
Et pendant ce temps, au Québec, la puissance naturelle et les forces fédéralistes en place ont été libérées pour miner et affaiblir un parti indépendantiste qui pourrait déclencher un référendum sur l’indépendance du Québec s’il formait un gouvernement majoritaire en octobre prochain, le Parti québécois (PQ).
Toutes ces forces fédéralistes travaillent d’ailleurs très fort pour discréditer le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon. Même que, selon certains fédéralistes notoires, on devrait remercier le « malade présidentiel orange » d’unir aussi bien le Canada… Notons au passage que, sur cette photo, « McDonald Trump » semble à deux Big Mac d’une crise cardiaque, non ?
Contre toute attente, Mark Carney a clairement jeté son dévolu sur la PM caquiste fédéraliste Christine Fréchette pour contrer les péquistes, tout en multipliant les belles annonces. De toute évidence, du côté du Parti libéral du Québec (PLQ), ça ne vole pas très haut. Plusieurs organisateurs du PLQ doivent s’ennuyer du charmant Pablo Rodriguez (avec sa guitare).
Charles Milliard n’a pas le même charisme que Pablo, il est vrai. Mais nous ne connaissons pas grand-chose de cet homme encore. Peut-être s’avéra-t-il être un redoutable débatteur lors des différents débats des chefs. C’est lors de ces débats que plusieurs indécis et électeurs font ou confirment leur choix.
Seulement, à force de parler autant de la menace du président orange virant au rouge tomate ces temps-ci, « l’équipe Christine Fréchette » va finir par se tirer dans le pied et dire des niaiseries comme elle l’a fait récemment dans une résidence pour aînés. Mme Fréchette ne s’est pas gênée pour improviser, voire déraper au jour 10 de la campagne :
« Elle [Christine Fréchette] s’est rendue à la résidence en début d’après-midi. Une soixantaine d’aînés sont allés à sa rencontre. Une partie de son discours a eu tout un effet dans l’assistance. "Vous le savez, c’est pas facile avec Trump, l’autre bord, qui nous envoie des tarifs par la tête !" a-t-elle lancé. Aussitôt, des "oh !" et des "ah !" ont jailli dans la foule. "Lui, il fait peur !" a lâché une dame. Comprenez-vous pourquoi Christine Fréchette parle autant de Donald Trump ? La cheffe caquiste a ensuite mis toute la gomme, quitte à faire quelques raccourcis. "Nous, on travaille à soutenir les entreprises. À la fois le Parti québécois et les conservateurs, ils veulent ne pas aider les entreprises du tout ! Ils veulent couper ça complètement ! Alors que nous, on se dit : ben là, on est en pleine guerre tarifaire, c’est important de continuer à aider nos entreprises pour traverser la tempête." » (La Presse, 5 sept. 2026)
Quelques raccourcis, vous dites ? Ces dérapages vont la rattraper lors des débats.
Qui plus est, toute la campagne électorale devrait arrêter pendant la longue fin de semaine de la fête du Travail alors que peu de gens sont à l’écoute en réalité ou souhaitent simplement une pause de toutes ces annonces électoralistes. Les chefs aussi ont le droit de se reposer.
Or, il est faux que Fréchette suspend sa campagne pour « gérer » la crise tarifaire immédiate et « gouverner ». Cette pause était prévue au calendrier depuis longtemps afin que la PM caquiste sortante puisse se préparer aux débats des chefs…
Ah, les débats des chefs, avez-vous hâte ? C’est à ce moment-là que ça va vraiment commencer à bouger sérieusement.
Et en attendant que cette campagne électorale lève et bouillonne un tantinet au Québec, les fédéralistes peuvent dormir en paix. Car qui a besoin des forces fédéralistes pancanadiennes pour miner le PQ, le chef et annihiler le projet de la souveraineté du Québec au grand complet quand il y a déjà le parti orange Québec solidaire qui s’en charge ?

