Je déteste les modes et je me méfie grandement des courants qui vont précipitamment tous dans le même sens. Ceux qui me connaissent vous diraient que j’ai un fort esprit de contradiction, voire une tête de cochon. Si tout le monde veut aller dans un sens, moi, je souhaite par-dessus tout me diriger vers l’autre.
Il en fut également ainsi dès que tout le monde s’est mis à crier au génie pour le « livre de la rentrée », « la révélation » de l’année 2026. Or j’ai lu quelque part en août dernier que ce récit n’était pas celui de l’auteur mais plutôt inspiré de plusieurs personnes. Étrange, pensais-je alors, avant que le scandale éclate. Depuis le début, quelque chose clochait dans cette histoire.
Et puis aujourd’hui la saga Thélyson Orélien se poursuit alors que le pseudo écrivain « dénonce une "volonté" de le "faire taire" ». Mais quel culot tout de même !
Voilà des jours que les preuves s’accumulent concernant l’« œuvre » de « l’écrivain à l’ambition universelle » (dixit Dany Laferrière) qui n’est en réalité qu’un « rédacteur pigiste » qui pigeait allègrement et sans honte aucune, de toute évidence, dans les textes d’autres auteurs, et ce, à l’international.
Besoin d’un bon texte bien écrit ? Pas de problème, chers amis ! Tu en déniches un rédigé en anglais ou encore en espagnol et tu le fais traduire par Google. Basta. (Ou encore écrit en français mais traduit en italien ; saludo Giacomo). Plusieurs étudiants à l’université le font déjà. Voilà en gros tout l’amateurisme qui habite cet homme prétentieux qui est non seulement publié mais qui aspire à se faire un nom dans un milieu très pointu qu’est celui de la littérature française.
Non seulement le plagiat a été prouvé hors de tout doute raisonnable mais, en plus, on a appris que le mec est un médiocre plagiaire, incapable de corriger le moindrement « Google Translation » là où il le faut. Pas le moindre effort ni la moindre « créativité » ne fut investi pour modifier, voire améliorer certains passages d’un texte péniblement traduit en ligne. Amateur, le type ? En fait, c’est peut-être pire.
Mais des gens ont pris sa défense aveuglément sur la place publique avant même de savoir ce qu’il en était encore réellement dans les faits. Quand la « croyance » surpasse les faits, on tombe dans l’idéologie. Et plusieurs ont mis à mal leur propre réputation pour défendre un plagiaire comme l’Académicien Dany Laferrière qui a publié une lettre dans un journal. Pauvre homme qui voulait défendre un frère haïtien...
Clairement, des gens quelque part sont allés trop vite. On a voulu croire à son histoire comme à son récit qui est une histoire inventée de toutes pièces. Mais les gens ont bu le Kool-Aid de la rentrée littéraire 2026. Et certains acteurs du milieu de l’édition ont sans doute voulu croire qu’ils avaient enfin déniché le nouveau Dany Laferrière, l’Haïtien qui immigre au Québec. La belle affaire.
Plusieurs questions demeurent pourtant, entre autres : Les quatre textes signés par Thélyson Orélien et publiés dans La Presse du 23 juin au 11 août 2026 sont-ils authentiques ?
Radio-Canada va-t-elle retirer le « Prix du public » remis en 2012 à Thélyson Orélien pour le remettre à la deuxième personne qui se trouvait alors en lice ? Car faut-il mentionner que de vraies écrivaines et écrivains ont raté une ou des opportunités de carrière à cause de comportements frauduleux comme ceux d’Orélien ?
C’est pas fini
Le plus inquiétant, d’une part, dans cette histoire est que le pseudo écrivain a construit son mensonge sur plusieurs années. Il a joué le jeu du vrai écrivain jusqu’au bout. Ne pensait-il pas qu’un jour toutes ces histoires allaient sortir et être révélées au public ? Ou est-il à ce point arrogant ou simplement déconnecté de la vraie réalité qu’il se croit lui-même dans ses mensonges affirmant aujourd’hui qu’on tenterait de le « faire taire » ? Ou nous prend-t-il à ce point pour des imbéciles, des abrutis ? Il manque encore des morceaux à ce casse-tête concernant sa personnalité.
Et, d’autre part, le plus incroyable dans cette histoire est que le « rédacteur pigiste » Thélyson Orélien s’est envolé vers l’Europe au sommet de sa gloire comme de sa pseudo carrière d’« écrivain », en lice pour de nombreux et très prestigieux prix français, mais signe sa mort là-bas, en lice pour le Goncourt. Il rentrera « au Canada » symboliquement mort, un écrivain mort n’ayant plus aucune crédibilité en matière de mots ni d’écriture.
C’était ça ou mourir. Finalement, ce fut les deux, ça, le scandale ET la mort d’un faux écrivain.
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Image : capture d’écran La Presse
