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Mangez-vous moins qu’avant en raison de l’inflation?


Mangez-vous moins qu’auparavant ? Sautez-vous des repas pour économiser quelques dollars ici et là dans votre budget ? Divisez-vous une grosse portion de nourriture en deux pour être sûr d’avoir quelque chose à vous mettre sous la dent plus tard dans la journée ? Ou bien essayez-vous d’étirer certains aliments tellement longtemps qu’ils finissent par pourrir sous vos yeux dans le frigo ? « Ah, simonac ! »

Si vous ne faites rien de tout cela depuis des mois, c’est que la vie est belle chez vous. Oui, monsieur. La vita è bella. Et pas juste un peu. Vous êtes sans doute riche ou bien juste assez confortable financièrement pour ne pas avoir à vous préoccuper de manger suffisamment, voire à votre faim, ou bien de conserver des aliments le plus longtemps possible. 

Car nous autres, les pauvres, on a faim. Non seulement plusieurs d’entre nous ne mangeons pas à notre faim tous les jours, mais il nous faut également inventer toutes sortes de stratégies, de solutions et de moyens pour faire face à l’inflation. Ce n’est pas sorcier ni ésotérique, c’est mathématique ! Le budget n’arrive tout simplement pas. Et, chemin faisant, on est un peu plus dans le rouge chaque mois. 

Les prix des aliments à l’épicerie ont tellement augmenté qu’on ne sait plus où donner de la tête ni quoi manger. Alors on achète moins d’ingrédients et d’aliments qu’auparavant, faute de moyens. Ou bien on essaie tout simplement de manger le moins possible au cours d’une journée pour épargner un peu d’argent. Du moins, jusqu’à ce que l’estomac crie famine. 

Car vous l’aurez compris, après le loyer, la facture d’électricité, la carte mensuelle pour le transport collectif et juste un peu d’épicerie, il ne reste plus rien ou pas grand-chose. 

Au diable les pauvres !

En juin dernier, le célèbre chroniqueur Richard Martineau publiait un texte intitulé « Vive les riches! » Ben oui. Nous autres aussi on aimerait ça être riches et créer de la richesse en masse autour de nous, c’est sûr. Nous autres aussi on aimerait ça vivre au lieu de survivre. Qui ne désire pas être riche dans sa vie ou même juste toucher les revenus nécessaires pour se sortir enfin de la dèche et de la misère ? Ce n’est pas juste une question de « mentalité » mais de réalité. 

Or, malheureusement, plusieurs d’entre nous faisons peu de revenus. Nous œuvrons dans des domaines peu payants ou lucratifs. Vous savez, les arts, la création, la culture, l’écriture ? Rien de très payant ni même rentable si l’on calcule toutes les heures investies dans un domaine ou une œuvre en particulier qui rapporte peu ou même rien du tout. 

Non, on ne devient pas riche en dansant, en peignant, en jouant au théâtre ou en planchant sur un manuscrit qui ne verra peut-être même jamais la lumière de la publication. Mais que voulez-vous ? Qu’on cesse de pratiquer des arts au Québec ? Qu’il n’y ait plus du tout d’artistes au Québec ? Qu’on arrête de danser, d’écrire, de jouer, bref, d’être des artistes ? Plutôt mourir. Plutôt crever de faim. 

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