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Les vacances, une «nécessité» réservée aux riches

Ah, les vacances… Quitter enfin la ville, sortir de Montréal. Le rêve, non ? Qui ne souhaite pas avoir des vacances, partir en voyage, changer de train-train quotidien et de routine, tout arrêter pour se retrouver ailleurs, découvrir de nouveaux paysages ? 

Qui ne rêve pas de se réfugier dans un chalet isolé sur le bord d’un lac, loin du monde et du bruit avec une valise pleine de livres ? La paix. Un lac, de la bouffe, de la lecture pis des siestes à volonté sur le bord d’un lac évaché dans un hamac. Le rêve ! Le mien en tout cas. Juste sortir de Montréal, viarge ! Ce serait déjà incroyable. Ou peut-être préféreriez-vous vous prélasser sur une plage paradisiaque quelque part sur les îles Turquoises ? (« Ah, l’enfoiré. »)

Le besoin de prendre congé et des vacances, de faire un long voyage, de se dépayser est bien réel pour tout le monde. Mais la vraie question demeure : en avez-vous les moyens ?

Le prix du voyage

À écouter tous ces bobos, ces riches et ces parvenus, tout le monde part en vacances à l’étranger pendant l’été. Tout le monde semble se taper un voyage en Europe, en Amérique latine ou, pourquoi pas, en Océanie. 

« J’ai tellement hâte de partir, je n’en peux plus. Ce voyage est vraiment essentiel pour ma santé mentale » affirment la majorité des riches qu’on connait. 

Or, la réalité est la suivante : devient une nécessité ce que l’on a véritablement les moyens de se payer. Pas vrai ? 

Car les pauvres, eux, restent en ville et ils marchent. À quand les vacances, un break de la vie, une pause pour les pauvres, bout de viarge ?

Savez-vous qui aurait besoin d’un break et d’un long congé dans mon patelin ? Les deux moineaux qui ramassent des bouteilles et des canettes en masse dans mon quartier. Chaque jour qui passe, Patrick et sa conjointe serpentent les rues, de Hochelaga jusqu’à Villeray, en passant évidemment par le Plateau et Rosemont, à ramasser des bouteilles de plastique et des canettes consignées… et ce, à pied !  

« Villeray ? Vous marchez jusqu’à Villeray, Patrick ? 

— Ben oui. Mais moé, je suis un gros marcheur, tsé. Chu habitué. Avant, je distribuais des circulaires pis des Publisac. Mais là, la Ville a arrêté tout ça, faque… 

— Faque tu t’es recyclé dans les bouteilles ? 

— C’est ça. Pas le choix ! Et donc, on est habitués, moi pis ma femme, de marcher très, très longtemps. Et en plus, on veut déménager… » 

Patrick et sa conjointe vivent dans un immeuble décrépi, bruyant et peu fréquentable d’Hochelag’. Toute la nuit, il y a du bruit. De ce qu’il m’a raconté et de ce que j’ai compris, l’endroit ressemble pas mal à une piquerie, un endroit turbulent et agité où nombreux junkies vont pour s’approvisionner la nuit. Alors Pat et sa conjointe ne peuvent pas vraiment dormir. Ils dorment quelques heures seulement par nuit. 

Le couple souhaite donc déménager dès qu’ils en auront les moyens et la possibilité. 

« J’espère que vous allez trouver un logement rapidement, lui dis-je. 

— On en a peut-être trouvé un, là. C’est mille piasses par mois. 

— Mille dollars ? Simonac ! 

— Oui, mais si ça marche, on va le prendre parce que moi, madame, je veux dormir. Chu pu capable. Je dors environ 2-3 heures par nuit. Il faut qu’on sorte de là au plus vite. 

— Je vous le souhaite, man. Je vous souhaite que ça marche. Tu me tiendras au courant… » 

Dormir, ça c’est un besoin essentiel, fondamental. Tant pour la santé physique que mentale. Bien plus qu’un très onéreux voyage à l’étranger, entouré de touristes tapageurs et insupportables qui prennent interminablement de stupides selfies pour leur Instagram, pour ensuite aller s’évacher sur une plage à regarder nonchalamment le monde brûler.

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