En pleine crise du logement, qui mine la vie de bien des gens au Québec depuis plusieurs années, il y aurait pourtant « près de 25 000 logements inhabités sur l’île de Montréal, d’après une analyse des données de consommation d’électricité d’Hydro-Québec faite par Radio-Canada ». C’est tout à fait inacceptable !
Même si la méthode utilisée pour cette enquête (faible consommation d’électricité) ne semble pas la plus fiable ou fidèle en ville, elle offre néanmoins un aperçu de ce qui se cache derrière toutes ces portes fermées et verrouillées, révélant une réalité méconnue du grand public.
Selon le porte-parole de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec, Éric Sansoucy, qui apprenait lui-même cette information hier, comme il le confirmait en entrevue avec Gérald Fillion à RDI, cette situation ne tient pas la route puisqu’elle ne s’explique pas financièrement. Or, il y a fort à parier que la corporation qu’il représente regroupe des petits propriétaires, des Monsieur Madame Tout-le-monde et des Pierre-Jean-Jacques de ce monde qui ont investi leurs économies dans un petit immeuble (duplex, triplex ou quadruplex) qu’ils habitent bien souvent par la même occasion.
Cependant, la réalité sur le terrain des vaches et du marché locatif est que plusieurs immeubles de six logements et plus appartiennent habituellement à de grandes entreprises, des compagnies de gestion immobilière très impersonnelles. Et on doute que ces propriétaires, ces grosses compagnies gérées par des employés, soient des membres actifs de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec. Le parc locatif de ces entreprises de location et de gestion immobilière est immense, leur « cash flow » aussi, comme dirait feu frère.
Cinq logements vides dans un multiplex, alors qu’ils en détiennent des centaines, voire des milliers, ce n’est pas la mer à boire. C’est même une banalité. Ils n’en ont rien à faire. Ne pas louer pendant une année entière, comme c’est le cas dans notre immeuble, leur épargne des efforts ainsi que d’une clause de bail importante - la clause G obligeant le propriétaire à révéler le plus bas loyer payé au cours des 12 derniers mois - comme l’explique la représentante de l’organisme Défends-toit Québec dans le reportage de Radio-Canada. En raison de cette clause, et bien d’autres tactiques encore, plusieurs proprios (petits et gros) laissent des logements vides pendant plus de 12 mois afin de s’en laver les mains et augmenter le loyer de façon abusive le moment venu.
En attendant les données de Recensement Canada 2026 qui seront disponibles en février 2027, notons au passage que les portes des logements vides des immeubles sont toutes placardées, ces jours-ci, d’un « avis de visite », confirmant nos savants calculs depuis des mois pour un seul immeuble à Montréal, soit 31% de logements vacants. Ces 25 000 logements représenteraient-ils en vérité que la pointe de l’iceberg ? Une enquête, svp !
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Image : Capture d’écran Journal de Montréal et photo de Sylvie Marchand.
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