Féministe, progressiste, indépendantiste, militante, je me suis toujours considérée de gauche. Cela va de soi, non ? Mais depuis quelques années maintenant, la gauche tire tellement à gauche de la gauche que, forcément (par la force du mouvement, effectivement), on se retrouve soudainement à droite. Au secours !
Je suis féministe, et donc, je m’oppose, entre autres, à toute forme d’oppression, d’utilisation et d’exploitation du corps de la femme. Mais, depuis plusieurs années maintenant, le discours gauchiste a subi une entorse idéologique à son raisonnement féministe et les gauchistes soutiennent dorénavant, et ce, en très grand nombre, des vêtements et des signes religieux qui servent pourtant à ostraciser les femmes, à les invisibiliser, à les effacer dans l’espace public. Et lorsque vient le moment de dénoncer ce travers, ce renversement idéologique de la gauche, on vous traitera de tous les noms. « Islamophobe ! »
Indépendantiste, je suis aussi nationaliste. Je tiens non seulement à la survie de mon peuple, le peuple québécois, mais, plus encore, à son émancipation, à sa réalisation en se dotant d’un vrai pays, le Québec. Or, depuis quelques années maintenant, il appert que le terme « nationalisme » serait pour plusieurs un signe, voire un synonyme de fermeture, de « repli sur soi », de racisme. C’est à n’y rien comprendre.
Et si, en plus, vous dénoncez ou prononcez juste les mots « immigration de masse » par la même occasion, celle que nous subissons au Québec sous les forces fédéralistes qui en mènent large, organisant par là même notre grande noyade, alors là, on vous traitera tout de go de tous les noms. « Raciste ! »
Or, l’arrivée massive de nouveaux immigrants a des effets réels sur notre société et parler de notre véritable capacité d’accueil, comme le font bien d’autres pays, n’est pas raciste mais réaliste pour bon nombre de ménages québécois. Cette immigration de masse a un impact direct sur notre société, les services et la population québécoise en général. Mais il n’est pas « bien vu » ni bienvenu d’en parler ni de s’exprimer ainsi.
Nationalisme : « Doctrine, mouvement politique fondé sur la prise de conscience par une communauté de former une nation en raison des liens ethniques, sociaux, culturels qui unissent les membres de cette communauté et qui revendiquent le droit de former une nation autonome. »
D’abord, notons une prise de conscience d’une communauté, ensuite, le désir de s’unir pour former une nation et revendiquer le droit de former une nation autonome. Rien de raciste là-dedans. Toute personne qui vit au Québec est Québécoise… si elle le désire, évidemment. Ça, c’est une autre question. (S’afficher clairement comme « autre »)
Comme progressiste, finalement, je remarque également qu’on nous impose un lourd silence, voire une censure. Nous n’avons plus le droit de parler de sexe biologique devant adopter le mot « genre » qui nous provient des théories créées aux États-Unis (« Gender Studies ») au cours des dernières décennies. Quelle hérésie.
Or, là non plus, il n’est pas bien vu, ni bienvenu de parler ouvertement de ces pronoms superficiels (comme « iel ») ou encore des problèmes de santé mentale dont peuvent souffrir certaines personnes trans. « Transphobe ! » Pourtant, un homme qui porte une robe et qui tire sur des gens pour les tuer, les éliminer, n’est pas une « tireuse » mais un tireur fou. Mais, je sais, on n’a pas le droit de dire ça.
Et en regardant tout cela, en lisant ces divers articles de presse, je pense à la courageuse J.K. Rowling et je me dis : « Not our crimes » (Ce ne sont pas nos crimes). Mais là encore, on me dira que je suis intolérante, fermée, pire, de la méchante droite. Soit. C’est ce qui arrive lorsque la gauche dérive et délire de plus en plus dans son extrêmisme gauchiste. On se retrouve forcément à droite.