Passer au contenu principal

S’afficher clairement comme «autre»

J’en ai royalement marre de ce discours sirupeux et de ces nombreux textes d’opinion de la gauche bien-pensante et multiculturaliste sexiste à souhait voulant nous faire croire que nous, les Québécois, ciblons et stigmatisons des femmes musulmanes simplement parce qu’elles sont voilées, affirmant que nous marginalisons les nouveaux arrivants comme « autres » avec nos lois québécoises « discriminatoires » sur la laïcité. 

Pourtant, nos lois sont encore trop timides, ne vont pas assez loin. Il serait plus que temps de se développer une colonne vertébrale. Qui est aveugle dans cette affaire religieuse ? Vous ne les voyez pas, toutes ces femmes portant un niqab dans l’espace public québécois ? Qui a véritablement les yeux bandés

La peur de l’autre, vraiment ? 

J’ai vécu pendant plus de cinq années dans un autre pays. J’étais « l’étrangère », ma chère, dans un pays où il n’était pas nécessairement bon d’attirer l’attention sur soi comme « étranger ». J’ai tout fait pour me fondre au paysage à commencer par l’apprentissage de leur langue. J’ai aussi appris leur culture, leur histoire, leur humour, leur patois, etc.

Au fil des mois et des ans, je portais également les mêmes vêtements que les habitants de la place et les mêmes souliers, les seuls qu’on pouvait trouver dans ce pays ruiné, à la « boutique » à proximité. C’est ça, l’adaptation, l’immersion. J’étais animée par un réel désir d’intégration, par respect pour ce pays qui nous accueillait et ses habitants, qui me permettait aussi d’y travailler.

Une femme qui vit au Québec et qui choisit sciemment de couvrir son corps intégralement, incluant le visage en portant un niqab, sait pertinemment ce qu’elle fait : elle s’ostracise elle-même. Elle tient mordicus à affirmer son identité musulmane au sein de la société québécoise. Elle sait très bien que ce n’est pas là, le code vestimentaire des femmes du pays où elle a décidé de s’établir, de vivre. Elle choisit sciemment de faire différemment, et même de se distinguer clairement, de s’afficher nettement comme « autre » ou « étrangère » dans notre société. Pourquoi ? Quelles sont les raisons si ce n’est que par pure provocation ? 

Que ce soit par inconscience, par manque de respect ou pour une quelconque idéologie religieuse ou visée politique, il n’y a rien d’anodin dans ce geste très public et visible de tous. C’est une démonstration, une affirmation qui va l’encontre de nos valeurs québécoises comme l’égalité entre les hommes et les femmes. Car quelle femme au Québec a réellement besoin de porter un niqab ? 

Ce faisant, cette femme choisit consciemment et volontairement non seulement d’attirer tous les regards sur elle en portant ce vêtement religieux ultravisible et on ne peut plus ostentatoire, mais de se poser clairement comme « autre » dans l’espace public. Pourquoi alors s’installer au Québec si vous voulez vivre sous un voile opaque ? 

Tous ceux et celles qui affirment que ce « phénomène » est marginal et qu’il ne vaut pas la peine de légiférer concernant « quelques niqabs » ici et là, sortez de chez vous et de votre confortable télétravail. Allez vous promener dans l’espace public, au centre-ville de Montréal par exemple, et ouvrez les yeux. Ces femmes ultravoilées sont un peu partout : dans le métro, dans l’autobus, au centre commercial, à l’épicerie, à la pharmacie, au café du coin. Ces jeunes femmes ultravoilées fréquentent nos cégeps et nos universités. J’en vois chaque semaine. Quelle fille de 17 ans décide de porter un niqab si ce n’est pour défier nos lois sur la laïcité ? 

L’automne dernier, j’ai même croisé une jeune femme dans le Quartier latin, sur la rue St-Denis, qui portait le voile intégral que portent les femmes au Somaliland. Avez-vous déjà vu à quoi ressemble cet odieux et monstrueux vêtement religieux ? Le voici...

 

Qui s’affiche et se pose clairement comme « autre » dans cette interminable histoire de laïcité au Québec ? Qui refuse de s’intégrer nettement à notre société québécoise ? Vous ne voyez pas ces nombreuses femmes portant un niqab à Montréal ? Alors retirez votre propre bandeau des yeux. 

***

Bonne nouvelle : Le toujours pertinent chroniqueur Christian Héroux est de retour, dorénavant, au Journal de Montréal

Messages les plus consultés de ce blogue

Le Prince et l’Ogre, le mauvais procès

Poursuivi en justice pour des agressions sexuelles et des viols qu’il aurait commis à l’endroit de plusieurs femmes, un homme connu du grand public subit un procès. Dans le cadre de ces procédures, des témoins défilent à la barre. Parmi ceux-ci, des amis de longue date, des proches, des collègues et d’anciens collaborateurs venus témoigner en faveur de l’accusé. Tous soulignent sa belle personnalité, le grand homme qu’il a toujours été. Ils le connaissent bien ; cet homme n’est pas un agresseur. Au contraire, il a toujours joui d’une excellente réputation.  C’est un homme « charmant, courtois, poli et respectable » tant envers les hommes que les femmes, répéteront-ils. Il est « un peu flirt », certes, « comme bien d’autres ». Mais personne n’a souvenir qu’on ait parlé en mal de lui. Jamais. Parfois, il est vrai, il a pu se montrer insistant envers quelques femmes, affirmera lors d’une entrevue un excellent ami depuis le Vieux Continent. Mais on pa...

Les Grands Ballets canadiens et la guerre commerciale américaine

La guerre commerciale «  made in USA  » est commencée. De toutes parts, on nous invite à boycotter les produits et les services américains. Quoi ? Vous songiez aller en vacances aux États-Unis cette année ? Oubliez ça ! Il faut dépenser son argent au Canada, mieux encore, au Québec. Dans ce contexte, on nous appelle également à boycotter Amazon (et autres GAFAM de ce monde) ainsi que Netflix, Disney, le jus d’orange, le ketchup, le papier de toilette, etc. – nommez-les, les produits américains –, en nous proposant, et ce un peu partout dans les médias québécois, des équivalents en produits canadiens afin de contrer la menace américaine qui cherche ni plus ni moins à nous affaiblir pour ensuite nous annexer. Les Américains sont parmi nous  Pourtant, les Américains sont en ville depuis longtemps. Depuis 2013, en effet, les Grands Ballets canadiens de Montréal (GBCM) offrent une formation américaine ( in English, mind you , et à prix très fort qui plus est) sur notre territo...

«Boléro» (2024), l’art de massacrer la danse et la chorégraphe

  Réalisé par Anne Fontaine ( Coco avant Chanel ), le film  Boléro  (2024) porte sur la vie du pianiste et compositeur français Maurice Ravel (Raphaël Personnaz) durant la création de ce qui deviendra son plus grand chef-d’œuvre, le  Boléro , commandé par la danseuse et mécène Ida Rubinstein (Jeanne Balibar). Alors que Ravel connait pourtant un certain succès à l’étranger, il est néanmoins hanté par le doute et en panne d’inspiration.  Les faits entourant la vie de Maurice Ravel ont évidemment été retracés pour la réalisation de ce film biographique, mais, étrangement, aucune recherche ne semble avoir été effectuée pour respecter les faits, les événements et, surtout, la vérité entourant l’œuvre chorégraphique pour laquelle cette œuvre espagnole fut composée et sans laquelle cette musique de Ravel n’aurait jamais vu le jour.  Dans ce film inégal et tout en longueur, la réalisatrice française n’en avait clairement rien à faire ni à cirer de la danse, des fai...

La religion capitaliste

« Au nom du père, du fils et du capitalisme ». Voilà une des affiches que j’ai aperçues maintes fois durant tout le printemps froid et maussade. Elle était tantôt placardée dans les ruelles du Quartier Latin, tantôt quelque part sur le Plateau Mont-Royal à Montréal.  Le char en feu sur l’affiche se voulait également un joli clin d’œil à toutes ces voitures électriques de marque Tesla vandalisées ou brulées durant le printemps dernier. Un peu partout en Occident, des manifestants et des casseurs tentaient par là même de dénoncer les dérives autoritaristes de l’homme le plus riche au monde, Elon Musk. (Y a-t-il un véhicule plus laid que le Cybertruck de Tesla, d’ailleurs ? Mais qu’importe.) Elon Musk a depuis quitté la Maison-Blanche, en rupture avec son ami, le président orange. À suivre. Ils vont peut-être reprendre…  « Au nom du père, du fils et du capitalisme »  La Sainte Trinité de l’économie. Oui, Monsieur. Au masculin qui plus est. À l’instar des ...

Faire du pouce à Montréal

Je n’en pouvais plus d’être dans Hochelag’. Deux jours de grève de la STM et je capotais. Prise en otage dans un immeuble miteux, en plus d’un concierge méchant, bruyant et exécrable pendant deux jours consécutifs, je me sentais déjà comme durant le Grand Confinement de 2020. Faut dire que j’ai depuis plusieurs années ma petite routine au centre-ville. À tous les jours, je prends le métro. Et même que je me déplace plusieurs fois par jour. Je suis toujours en mouvement, en déplacement, demeurant rarement plus de deux heures au même endroit. C’est comme ça, il faut que je bouge. Alors déterminée à marcher plus d’une heure pour me rendre au centre-ville de Montréal, à mon café habituel, à la Grande Bibliothèque chercher un livre et le reste, j’ai pensé : « Va faire du pouce sur Hochelaga ! C’est sûr que quelqu’un va arrêter. Tout le monde sait qu’il y a une grève des transports ! » Et, comme de fait, c’est arrivé.  Après environ quatre minutes et demie de pouce sur la...