L’émission à Patrick Lagacé au 98,5 devrait s’appeler Un boys club le matin, ou bedon Des boys en bleu ou bien tout simplement L’opinion des hommes à matin.
Il n’y a que des hommes. Pardon, il y a deux femmes : Bénédicte Lebel et Valérie Lebeuf. L’une s’occupe de la rubrique artistique (comme il se doit) mais bon, c’était son rêve de petite fille. Bravo. L’autre elle ? Elle checke les circulaires pour des rabais et des bonnes recettes, et ce, à temps très, très partiel… Ayoye, man. Pincez-moi quelqu’un, bordel.
Les hommes, eux, ont droit à tous les autres sujets chauds, les vrais sujets sérieux de l’heure, vous comprenez. Les collaborateurs sont : Marc Brière, Frédéric Labelle, Jean-François Lépine, Luc Ferrandez, Jean-Michel Bourque, Dimitri Soudas (yeux au ciel), Alexandre Leblond, Mathieu Boivin, Carl Marchand, et d’autres encore qui sont de passage à l’occasion comme Martin Cali ou Philippe-Audrey Larrue Saint-Jacques.
Ayoye, man. Bienvenue en 2026 tout le monde.
Où sont les femmes ? On ne le sait pas. Et tout le monde s’en tape apparemment. Après des années à se demander si l’on avait enfin atteint la parité dans les émissions de télé, à la radio ou encore à l’Assemblée nationale, voilà que la situation des femmes régresse. Les femmes disparaissent de l’espace public comme de l’opinion publique. Les hommes en bleu sont omniprésents, eux. Partout, tout le temps, constamment, abondamment.
Ça sent la testostérone partout, je vous dis.
Non, la parité et la présence des femmes dans l’espace public ne sont pas des sujets importants en cette rentrée. On ne parle que de Donald Trump, de Mark Carney et de la guerre commerciale avec les États-Unis. Yes, it’s the economy, stupid. Ou bien préférez-vous la tournée de l’influenceur Olivier Primeau pour la CAQ ? What the fuck is that ?
Nous sommes bien loin d’être sorties du bois, mesdames.
Et c’est comme ça un peu partout, voyez-vous. Ce sont les opinions des hommes qui compte et l’opinion masculine qui domine. À la radio, dans les journaux, même les textes d’opinion et les commentaires sont encore et toujours une affaire d’hommes. C’est peut-être parce qu’on censure les femmes qui parlent, qui écrivent, qui commentent ? (Bonjour et au revoir Le Devoir.)
En cette rentrée 2026, c’est le grand retour des boys et des boys clubs. Mais quelle méchante gang d’hypocrites, je vous dis ! Ben oui, à bas les "partys de saucisses", mon homme. (1) Pfft ! Tu parles.
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(1) Petit rappel : À bas les "partys de saucisses" de Patrick Lagacé (La Presse, avril 2018)