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Moi non plus, Madame, je ne reconnais plus mon Québec


Moi non plus, Madame, je ne reconnais plus mon Québec, si cher à mon cœur. Depuis quelques années déjà, je me sens comme si c’était moi, l’étrangère, dans mon propre pays, alors que je suis née ici, au Québec, à Trois-Rivières. Et c’est malheureusement la réalité de beaucoup de Québécoises et de Québécois qui se sentent bousculés, méprisés, peinant à se faire servir dans notre langue, le français, ici même sur notre territoire québécois. 

Plusieurs nouveaux arrivants et citoyens canadiens ne se cachent même plus pour mépriser ouvertement les « Kebs » et la (non) culture québécoise. Dans plusieurs endroits au centre-ville de Montréal, plusieurs refusent même de nous servir en français, tout en riant à pleines dents. C’est la loi, vous me direz. Quelle loi ? Ces gens ne connaissent absolument rien au peuple québécois ni à nos lois. Ils vivent en Amérique, eux, au Canada. 

Récemment, alors que je tentais de lui venir en aide, un immigrant, un homme racisé en chaise roulante m’a crié sur-le-champ «Speak English !». Croyez-vous que j’aie encore envie de l’aider lorsque je le croise ? Un autre, lui, qui travaille comme caissier dans un commerce au centre-ville de Montréal, m’a rabroué et viré de bord, refusant de me servir en français, en me balayant du revers de la main. Son geste de balayage en vue de me repousser, de m’éloigner de son poste de travail, m’apparut violent et, surtout, très irrespectueux. Mais c’est moi qui devrais demeurer « accueillante » envers les immigrants qui n’ont aucun respect pour cette société d’accueil ? Évidemment que je suis allée voir le « gérant », le soi-disant « responsable » des employés. Mais vous savez ce que c’est, cette lutte au quotidien à Montréal ? C’est épuisant sans bon sens. Chaque jour qui passe, il faut sans cesse se battre simplement pour être servis dans notre langue, dans notre propre pays. Non, moi non plus, Madame, je ne reconnais plus mon Québec chéri. 

Dernièrement, dans le métro de Montréal, je me suis retrouvée entourée de femmes voilées dont certaines portaient aussi un niqab. L’objet à lui seul est effroyable. Croyez-vous sincèrement qu’il soit possible d’entamer une conversation avec ces femmes qui me fusillent du regard ? Mais c’est moi qui serais « islamophobe » ? 

La réalité sur le terrain des vaches ainsi que dans nos quartiers est que la situation a sérieusement changé au cours des dernières années. La question migratoire n’est plus ce qu’elle était, empreinte d’une joyeuse solidarité. On parle aujourd’hui de survie, de survie des peuples. Dans ce contexte, plusieurs citoyens se sentent aujourd’hui menacés par cet important flux migratoire qui n’a plus rien à voir avec notre culture, notre langue, nos valeurs québécoises, ni avec l’accueil des immigrants et des réfugiés que nous avons connu dans le passé. Le registre a fortement changé, la réaction des citoyens aussi. C’est normal. 

Le problème, ce n’est pas l’immigrant en soi, l’étranger à lui seul, mais l’immigration de masse, le nombre époustouflant, voire étouffant de réfugiés et de migrants qui arrivent en trop grand nombre sur le territoire québécois, et que le Canada, qui contrôle nos frontières, nous envoie sans aucun égard à nos valeurs, à nos choix de société et, surtout, à notre capacité d’accueil, justement. 

Partout en Occident, d’ailleurs, on peut observer ce mouvement de droite, un conservatisme en réaction à cette immigration de masse qui feint d’intégrer les nouveaux arrivants, nuisant, de toute évidence, à ce fameux « vivre ensemble ». Partout, dans les pays occidentaux, on le constate clairement : les nations reprennent leurs droits, le droit d’exister, de vivre pleinement dans leur pays, dans leur langue, selon des valeurs et une culture qu’ils ont développées au fil du temps, sans avoir à s’excuser d’exister. 

La triste réalité de la mondialisation dont on nous vantait pourtant les mérites dans les années 1980-1990 rattrape tout le monde. Non, l’immigration de masse n’est pas une publicité de Benetton. Et les couleurs nationalistes, un peu partout en Occident, reprennent elles aussi leurs droits sur la place publique, au nom de la survie des peuples et des nations. Et c’est loin d’être terminé. Le Québec devrait bientôt se réveiller.

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