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Et les pauvres locataires, Mme Fréchette ?


Depuis son arrivée comme nouvelle première ministre désignée, Christine Fréchette s’est montrée hyperactive, suivant de près un scénario élaboré depuis longtemps par son prédécesseur François Legault afin de sauver son « bébé ». Mme Fréchette a donc affiché une efficacité « nouvelle » et « renouvelée » qui surpasse de loin le ton bougonneux auquel François Legault nous avait habitués. Énergique, la nouvelle PM désignée a enfilé les sorties, les rencontres, les visites, multipliant les contacts « diplomatiques » et les annonces économiques. 

Or nous ne sommes pas dupes. Jusqu’à présent, ce gouvernement caquiste n’a pas changé d’un iota, continuant d’ignorer, voire de mépriser les moins nantis de notre société et la réalité des locataires. 

Les mesures prises jusqu’à présent par ce même gouvernement caquiste demeurent loin de la réalité des simples citoyens qui en arrachent durement depuis longtemps, avec l’inflation, la flambée des prix à l’épicerie, la hausse des tarifs du transport collectif et une hausse fulgurante, abusive et incontrôlée des loyers. Mais, des « locataires » Christine Fréchette n’en parle pas. Pas plus que du transport collectif métropolitain qui coûtera encore plus cher cette année pour les usagers qui n’ont pas de voiture et qui ne profitent aucunement des baisses de taxes sur l’essence offertes par le fédéral.

Ce que désire et souhaite de tout cœur la nouvelle PM Christine Fréchette, c’est une « économie de propriétaires ». Plus HEC que ça, comme mentalité, c’est dur à battre. Seulement, toutes les Québécoises et les Québécois n’ont pas ni n’auront jamais les moyens suffisants pour bâtir une mise de fond nécessaire à l’achat d’une maison. Plusieurs locataires et citoyens moins nantis au Québec sont déjà dans le rouge chaque mois. Nous ne sommes pas moins Québécois pour autant. Et nous votons nous aussi. 

Mais cette réalité des pauvres sur le terrain des vaches n’intéresse pas ni n’a jamais intéressé les comptables, les économistes et les affairistes de la Coalition avenir Québec. Ce parti bleu pâle dilué a toujours dénigré les moins nantis de la société et leur réalité. 

Et la crise du logement ? 

À preuve, parmi les grandes annonces déjà faites par Mme Fréchette, il y a déjà, en plus d’une baisse d’impôts pour les PME, le remboursement de la taxe de bienvenue promis aux premiers acheteurs. Ce faisant, « le gouvernement couvrira jusqu’à 5875$, et la mesure est rétroactive au 1ᵉʳ janvier. » « Le gouvernement estime que la mesure coûtera 140 millions de dollars annuellement. Elle bénéficierait à 38 000 premiers acheteurs chaque année, pour un soutien moyen de 3700 $ par ménage. » 

Et les locataires, eux ? Rien ? Les moins nantis ? Où sont les 140 millions de dollars annuellement pour régler enfin la crise du logement ? Où est notre aide allant jusqu’à 5875 beaux dollars ? Tout le monde ne pourra bénéficier de cette mesure électoraliste qui privilégie (encore) des gens qui s’en sortent déjà. Si vous avez le capital nécessaire pour une mise de fonds sur l’achat d’une première propriété, vous n’êtes déjà pas trop mal dans la vie. Et vous mangez sans doute à votre faim, tous les jours, et même, trois fois par jour. 

Or, rien, absolument rien, parmi ces mesurettes économiques, n’a été prévu ni annoncé pour les locataires. Rien non plus pour les pauvres en général, les moins nantis de notre société, pour toutes celles et ceux qui survivent déjà sous le seuil de la pauvreté au Québec et qui peinent depuis longtemps à joindre les deux bouts et à manger trois repas par jour. Au diable les pauvres ! 

« Continuons » ? 

Il est vrai que la Coalition avenir Québec nous avait habitué à leur traitement cruel et surtout aveugle à la réalité des moins nantis du Québec. Après avoir nié l’existence même de la crise du logement, qui sévit pourtant partout au Québec depuis plus d’une décennie, voilà que ce « nouveau » gouvernement, malgré des changements esthétiques et de ton, ignore encore et toujours cette tranche de la population. 

Permettre à des citoyens de la classe moyenne d’accéder à la propriété est très bien, mais cela n’aide aucunement les pauvres. De plus, il est faux de croire que les premiers acheteurs d’une propriété vont ainsi libérer des logements, les rendant accessibles à d’autres locataires, ces loyers étant habituellement hors de prix. Ces « premiers acheteurs » potentiels n’habitent certainement pas des logements dits abordables et encore moins des HLM. Ces futurs propriétaires habitent déjà de jolis condos ou des logements hors de prix et de portée pour les moins nantis. 

Il faut rééquilibrer le marché de la location et augmenter le taux d’inoccupation au plus vite en construisant notamment de nouveaux logements, en convertissant des espaces commerciaux en espaces résidentiels et en faisant preuve de créativité dès maintenant. Nul besoin de détenir un diplôme du HEC pour comprendre la dure réalité des locataires et les abus de pouvoir économique dans le marché locatif.

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