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L’indépendance du Québec, « OUI, c’est le bon moment ! »

Dans une pub à la télé, on voit un homme mature (interprété par le comédien Raymond Cloutier) au volant de sa voiture qui parle philosophiquement de la vie. On l’ignore encore, du moins au début de l’annonce, mais, de sa belle voix chaude et réconfortante, l’homme d’expérience s’adresse à sa petite-fille, Alice, sur son main-libre : « C’est normal de se poser des questions. Est-ce que c’est le bon moment pour se lancer en affaires ? retourner aux études ? acheter une maison ? Non, c’est jamais le bon moment. C’est pour ça qu’il faut juste faire ce qu’on veut faire maintenant. » Et Alice de revenir à la charge pour préciser sa question : « Euh… papi, j’voulais juste savoir si c’est le bon moment pour partir ma compagnie de pelouse ? » « Oui, c’est le bon moment ! » conclut le grand-papa d’Alice. 

Le message de cette publicité est fort simple, clair et, j’ajouterais, inspirant : il faut juste faire ce qu’on veut faire maintenant. Car ce n’est et ce ne sera jamais le bon moment pour réaliser un projet qui nous tient à cœur. Et à force d’attendre les conditions idéales pour accomplir ce projet, on ne fait rien. On passe tout simplement à côté de nos rêves, de nos désirs, de nos plus grandes ambitions, la peur au ventre. 

L’indépendance du Québec

Depuis 1995, année de grandes tricheries, supercheries, manipulations, mensonges et autres duperies fédéralistes qui nous ont coûté notre référendum sur l’indépendance du Québec, nous attendons. Nous attendons non seulement les meilleures conditions possibles pour réaliser notre rêve, mais les « conditions gagnantes » pour tenir un référendum. Et à force d’attendre ces « conditions gagnantes », plus de trente années ont passé. Trois décennies, chers amis ! Il y a de quoi pleurer. 

À force de toujours attendre et d’espérer les « conditions gagnantes » pour réaliser le plus grand projet qui soit pour le Québec, le plus important de tous, l’indépendance du Québec, on finit par effriter l’espoir, miner le rêve et les ambitions, anéantir l’esprit de combattant des militants et le combat indépendantiste lui-même. 

Non, il n’y aura jamais de « bon moment » pour faire l’indépendance du Québec. Non, les astres ne seront jamais assez bien alignés ni les intentions de vote assez élevées pour tenir un référendum sur l’indépendance du Québec. Et à force d’attendre le bon moment et les conditions gagnantes, le temps passe. Le temps passe cruellement et, chaque jour, le peuple québécois s’efface lentement, dilué dans cette masse migratoire, noyé dans son propre pays. Démographiquement, nous disparaissons un peu plus chaque jour. 

Et si nous ne bougeons pas maintenant, bientôt, très bientôt, nous aurons tout simplement disparu. Comme ces glaciers qui fondent tristement sous le soleil et le réchauffement climatique. Chaque jour qui passe, nous dérivons un peu plus vers ce multiculturalisme canadien, nous perdons du terrain dans notre propre pays, effaçant graduellement notre culture, notre langue, nos valeurs québécoises, oui. 

Oui mais Trump… Oui mais l’économie… Oui mais les menaces d’annexion… Oui, mais… Non, ce n’est ni ne sera jamais le bon moment pour tenir un référendum et réaliser l’indépendance du Québec, voilà pourquoi il faut le faire maintenant. 

« Certains préparent un référendum, d’autres veulent nous voir disparaître, moi, je choisis d’agir » déclarait mollement la nouvelle première ministre, Christine Fréchette, à la tête de la Coalition avenir Québec. Merci mais non merci. Après huit ans de règne de la CAQ, nous avons vu, nous avons compris : cette « troisième voie » n’est qu’un cul-de-sac de la CAQ. Elle ne mène nulle part. Il n’y aucun gain à faire. Nous le savons maintenant. M. Legault en a clairement fait la démonstration. 

Peut-on dorénavant passer aux choses terriblement sérieuses ? Se donner un pays ! Agir, c’est préparer un référendum maintenant, mobiliser tous les indépendantistes maintenant et ultimement voter OUI pour se donner un pays, avec nos propres frontières et notre unique langue officielle, le français. Maintenant. Pas dans trente ans. 

OUI, c’est le bon moment ! je vous dis. 

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Photo : Sylvie Marchand, 2026

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