Quand j’étais enfant, je jouais par terre avec une petite fille qui s’appelait Christine Fréchette. On habitait toutes les deux à Trois-Rivières-Ouest, secteur Duvernay, rue Calais et de Bordeaux. Il y avait un piano chez elle ; cela me fascinait. On avait 5 ou 6 ans, je ne m’en rappelle plus. Après cela, on s’est tout simplement perdu de vue. On ne fréquentait pas les mêmes écoles. Hier, cette petite fille, maintenant une femme bien entendu, est devenue la première ministre du Québec. On devrait être fière de cette petite Trifluvienne, non ? Bof.
Maintenant que cela est dit, je peux la critiquer vertement et en toute transparence. Pendant des années, je suivais de loin, de très loin même sa « carrière » ; les « carriéristes », moé, j’en ai franchement rien à faire. Comme bien des gens, je l’ai vu et écouté analyser la politique américaine à Radio-Canada. Ensuite, je l’ai également observé claquer la porte du Parti québécois pour, des années plus tard, être élue députée et puis devenir ministre et ensuite « super ministre » au sein de la CAQ.
Il y avait d’ailleurs quelque chose de terriblement risible durant cette course à la chefferie caquiste de voir Christine Fréchette et Bernard Drainville s’affronter et se prendre la tête, alors qu’elle aurait quitté le PQ à cause de lui et de sa charte des valeurs québécoises ; deux anciens péquistes qui se battent pour obtenir l’emploi d’été de premier ministre du Québec à la tête de la CAQ. Mais où sont passés vos principes, bon sang ?
Que fait une ancienne péquiste chez les caquistes ? Où sont passés vos principes à 25cents, Mme Fréchette ? Comment peut-on abandonner le projet le plus important qui soit pour le Québec, l’indépendance du Québec, pour ensuite devenir soudainement une fédéraliste ? Ça dépasse tout simplement mon entendement. Et s’il y avait un référendum très prochainement portant sur la souveraineté du Québec, êtes-vous en train de nous dire, Mme Fréchette, que vous et M. François Legault voteriez NON ? Je n’y crois pas.
Je ne crois pas une seule minute à ce sinueux parcours politique ni à ses intimes convictions politiques. Voilà pourquoi les gens n’y voient que du « beige » de long en large. Il n’y a rien de fondé, de senti, d’incarné, de passionné, de clairement enraciné. Même que ça sent l’opportunisme à plein nez ! Ça sent le carriérisme, la quête du pouvoir, les 1001 contacts « professionnels », les 1001 opportunités sur lesquelles sauter pour tracer sa voie et enfin accéder au vrai pouvoir, celui tout en haut de la pyramide politique. Or, en chemin, est-on vraiment convaincu ?
R.I.P. la CAQ
De toute façon, l’emploi estival de rêve de Mme Fréchette sera bref. Après huit années de règne de la CAQ, le gouvernement de François Legault a fait la démonstration, toute la démarche devant nous, sous nos yeux, que cette « troisième voie » n’est rien d’autre qu’un cul-de-sac. Il n’a rien obtenu. Aucun nouveau pouvoir malgré son « mandat fort ». La politique n’est pas un sport. Et non, le Québec n’est pas une équipe de hockey. Son « il faut faire avec ce que la game nous donne » (inspiré du coach du Canadien Martin St-Louis) ne tient pas la route. Et de toute façon, il n’a marqué aucun but dans le filet fédéraliste.
Et après avoir, lui aussi, abandonné ses principes, François Legault quitte la politique, laissant derrière lui sa dauphine qui coure droit vers le précipice. Christine Fréchette aura tout simplement une belle job d’été très lucrative, celle de première ministre du Québec, la deuxième femme seulement après Pauline Marois. Et puis quoi ? Cela a certainement de la valeur dans un CV pour les carriéristes, les arrivistes et les opportunistes de carrière. Mais à quel prix ? Au prix de quoi, en fait ? De l’indépendance du Québec ? Pour vos beaux principes et vos valeurs fondamentales, Mme Fréchette, on repassera.
Les élections générales auront lieu en octobre prochain et ce sera (enfin) la fin de ce gouvernement fédéraliste caquiste, la débâcle de cette Coalition d’opportunistes qui, pour bon nombre d’entre eux, ont tout simplement abandonné leur rêve indépendantiste pour siéger à l’Assemblée nationale.
Quand ça tient à un fil, ça finit toujours par lâcher.