Passer au contenu principal

Les clins d’œil de François Legault


Avez-vous remarqué, durant les points de presse, les clins d’œil de François Legault ? Lorsque notre premier ministre est de bonne humeur et qu’il a d’excellentes nouvelles à nous annoncer, il fait de jolis clins d’œil aux journalistes devant lui. C’est de toute beauté. 

« C’est-tu de la séduction ? », demanderait Brigitte (qui confond "profondeur" avec contrôle, gossage et picossage, mais je m’éloigne). Presque. Mais ça se veut d’abord sympathique. 

Arme de séduction massive 

Le clin d’œil est tantôt un mouvement réflexe de la paupière, tantôt un brillant outil de communication non verbale. Exécuté volontairement, le clignement de l’œil sert à établir un rapport, une complicité avec son interlocuteur. Il sous-entend une connivence, voire une entente tacite : « Toé pis moé, on se comprend, tu vois. On est dans la même gang. Cling! » 

Que ce soit pour séduire ou pour créer une complicité avec l’autre, le clin d’œil est toujours efficace. Ça peut certainement être très quétaine, selon le contexte, il est vrai, mais ça a le mérite d’être clair. C’est un signal visuel sans pareil. 

D’autant plus que, venant de François Legault, beau bonhomme, yeux rieurs, visage sympathique, quand il « nous » fait un beau clin d’œil, avec son joli sourire, on doit être nombreux à tomber sous le charme : « Ah oui, M. Legault. C’est don ben vrai ce que vous dites, M. Legault. Aaahhhh… » On est quasiment en pâmoison, on admire « notre homme » de la situation (pandémique, économique, etc.), ça donne presque des frissons. 

Riche homme d’affaires bien établi, ayant bâti une grosse compagnie, de même qu’une importante crédibilité et une bonne réputation, il a, comme on dit, « réussi dans la vie ». On lui fait confiance, à notre premier ministre François Legault. Trop ? 

Avec son expérience en politique, sa maîtrise des médias et des techniques aguerries de communication, il pourrait nous vendre n’importe quoi, notre « premier ministre de l’économie ». Il pourrait nous vendre une vieille bagnole, on embarquerait. Il pourrait même nous reconfiner s’il le voulait, on dirait sûrement oui. 

Il pourrait également tenter de nous convaincre de changer les lois ou encore d’assouplir certaines règles d’éthique, juste pour lui, juste pour son parti, pour des êtres exceptionnels, des gens d’affaires comme lui, et évidemment, tout cela pour le bien de notre économie. 

Autrement dit, c’est dangereux, ce pouvoir de séduction et de persuasion. Détenir autant de pouvoir, avoir un joli minois et toujours indétrônable dans les sondages, François Legault est au sommet de son art comme de sa gloire. Et c’est pour ces raisons bien précises qu’il nous faut, comme peuple, rester vigilant, alerte. Il faut garder les deux pieds sur terre et les yeux bien ouverts.

Messages les plus consultés de ce blogue

Les couilles sont mortes, vive les gonades!

Certaines expressions du langage m'exaspèrent au plus haut point. « L'homme de la situation   » par exemple - même si celle-ci a bien servi à faire connaître  la première mairesse de Montréal lors du lancement de sa campagne  -, ou encore, l'emploi du mot Homme pour désigner le genre humain ( Urrgh  - à ce propos, consultez  L'Homme avec sa grosse hache ). Une autre expression qui m'irrite les tympans et me fait grincer des dents ? « Avoir des couilles   » pour parler de quelqu'un faisant preuve de courage. Cela va sans dire, posséder des testicules n'est pas garant de courage ni même d'un avantage moral. Ainsi, pour être plus exact, et surtout égalitaire, on devrait plutôt parler de gonades . Si, si, de gonades. Des gonades ? Terme anatomique général employé pour désigner les organes reproducteurs chez l'animal, soit les testicules chez l'homme et les ovaires chez la femme, les gonades apparaissent au tout début du développement embryon...

Pour en finir avec Cendrillon

Il existe de nombreuses versions de « Cendrillon, ou, la Petite Pantoufle de verre », comme Aschenputtel,  ou encore « Chatte des cendres »... passons. Mais celle connue en Amérique, voire dans tous les pays américanisés, et donc édulcorée à la Walt Disney, est inspirée du conte de Charles Perrault (1628-1703), tradition orale jetée sur papier à la fin du 17 e  siècle. D'ores et déjà, ça commence mal. En 2015, les studios Walt Disney ont d'ailleurs repris leur grand succès du film d'animation de 1950 en présentant  Cinderella  en chair et en os, film fantastique (voire romantico-fantasmagorique) réalisé par Kenneth Branagh avec l'excellente Cate Blanchett dans le rôle de la marâtre, Madame Trémaine ( "très" main , en anglais), généralement vêtue d'un vert incisif l'enveloppant d'une cruelle jalousie, Lily James, interprétant Ella (Elle) dit Cendrillon (car Ella dort dans les cendres, d'où le mesquin surnom), Richard Madden, appelé Kit (l...

"Ode à la femme", mon œil

La programmation 2018-2019 des Grands Ballets canadiens de Montréal a été dévoilée la semaine dernière. Selon le nouveau directeur artistique, Ivan Cavallari, la prochaine saison sera une « ode à la femme ». Yeah right . L’art (peu subtil) d’instrumentaliser le mouvement des femmes  Voilà une autre preuve que la compagnie Les Grands Ballets canadiens de Montréal est bel et bien menée par un Boys Club (voir Faire bouger le monde. N’importe comment. ). Une femme au sein de l’équipe de la direction, avec du poids s’entend, aurait dit : « Un instant les mecs, vous êtes complètement dans le champ, et du mauvais côté de l’histoire qui plus est ». Partir «  à la découverte de la femme  » serait le fil conducteur de la prochaine saison des Grands Ballets. À la découverte de la femme ? What the fuck ... Et ça c’est rien. Faut maintenant s’intéresser à la programmation dans ses détails, toujours pertinents - le diable s'y trouve tout le temps. En...

Je me souviens... de Ludmilla Chiriaeff

(photo: Harry Palmer) La compagnie de danse classique, les Grands Ballets canadiens, a été fondée par une femme exceptionnelle qui a grandement contribué à la culture québécoise, Ludmilla Chiriaeff (1924-1996), surnommée Madame. Rien de moins. Femme, immigrante, visionnaire Née en 1924 de parents russes à Riga, en Lettonie indépendante, Ludmilla Otsup-Grony quitte l’Allemagne en 1946 pour s’installer en Suisse, où elle fonde Les Ballets du Théâtre des Arts à Genève et épouse l’artiste Alexis Chiriaeff. En janvier 1952, enceinte de huit mois, elle s’installe à Montréal avec son mari et leurs deux enfants – elle en aura deux autres dans sa nouvelle patrie. Mère, danseuse, chorégraphe, enseignante, femme de tête et d’action, les deux pieds fermement ancrés dans cette terre d’accueil qu’elle adopte sur-le-champ, Ludmilla Chiriaeff est particulièrement déterminée à mettre en mouvement sa vision et développer par là même la danse professionnelle au Québec : « Elle p...

L'Homme avec sa grosse hache

J'ai tenté de plonger avec bonheur philosophique dans le documentaire, dit « docutopique »,  La possibilité d'être humain (2014), réalisé par les français Pablo Girault et Thierry Kruger, portant sur les changements de société depuis l'industrialisation, la surconsommation et la perte de sens du travail. Même que d'entrée de jeu, on remettait en question « l'Homme avec sa grosse hache » de destruction. Ataboy , sortez le popcorn. Pourtant, à la fin de ce machiste documentaire de 75 minutes, je voyais rouge. Au point tel que j'allais m'ouvrir un compte sur Facebook expressément pour envoyer un message de bêtises - à caractère hautement féministe - aux deux réalisateurs, mais j'ai finalement décanté ma colère avec un verre de rouge. Fuck Facebook. Pas une seule femme dans le film! Je répète, pas une seule. Vous croyez que j'exagère? Explorez la liste du chic casting intellectuel exclusivement masculin . Une femme  apparaît , oui, aux cotés d'...