Passer au contenu principal

XR : la rébellion s'en vient-elle ?



Quand tu arrives à une manif et qu’il y a plus de policiers et de journalistes mis ensemble que de manifestants présents, tu sais d’entrée de jeu que ce ne sera pas un grand succès.

Idem quand tu bâilles pendant que les gens parlent au « micro » avant la marche, exercice servant habituellement à motiver les troupes. Là encore, faudra repasser…

Cette manifestation aura donc duré un coin de rue. Partis pourtant d’un pied ferme et assuré de la Place du Canada, peu après 16h, quelque 200 manifestants ont emprunté le boulevard René-Levesque, direction Est. Un sit-in de quelques membres du groupe activiste Extinction Rebellion Québec devait avoir lieu en plein centre-ville, « quelque part » dans le Quartier des spectacles.

Or la police a bloqué le boulevard, un coin de rue plus loin, obligeant ainsi les manifestants à tourner sur la rue Mansfield. Tout s’est arrêté là. Ne me demandez pas pourquoi. La confusion régnait et, après de longues minutes d’attente, plusieurs manifestants se sont assis drette-là, en plein milieu du boulevard René-Lévesque.

J’en ai donc profité pour jaser avec des gens ici et là…

Un homme, lui, ex-étudiant en socio à l’UQAM, me parlait fièrement des vraies manifs « du bon vieux temps », pendant le mouvement étudiant de 2012. Il s’ennuie en titi de l’ambiance de l’époque. Comme il ne se passait rien, il est reparti.

Une autre, elle, trouvait ça trop « intense »… Elle pensait qu'il s'agissait d'une fête au parc, avec des musiciens d'ici...

Bref, la seule « confrontation » que j’ai pu observer de près – outre Dominic Champagne dans le kodak de TVA – ce sont deux dames d'un âge certain qui parlaient de radicalisation. L’une insistait sur la non-violence des actions, l’autre parlait des grèves de son père dans le temps de Duplessis… Elles n’étaient pas d’accord et ne s’entendaient sur rien, il y a eu un peu de friction entre les deux, that’s it, chers amis. « Oh wow, ça brasse icitte ! »

Deux heures plus tard, en marchant vers le métro, j’observais deux policiers à vélo qui s'arrêtaient au McDo… Comme on dit, pas de stress au bureau.

C’est ce que je disais, vous pouvez dormir tranquille, la rébellion n’est clairement pas pour demain.

*** 
Fil de presse : 
Climat: manifestation dans le centre-ville de Montréal 
Nouveau coup d’éclat d’Extinction Rebellion au centre-ville de Montréal
Manif XR: 41 arrestations pour entrave à Montréal

Ailleurs dans le monde : XR News

-----
Photo: Bibi, Manifestation Extinction Rebellion Québec, Montréal, 8 oct 2019.

Messages les plus consultés de ce blogue

Pour en finir avec Cendrillon

Il existe de nombreuses versions de « Cendrillon, ou, la Petite Pantoufle de verre », comme Aschenputtel,  ou encore « Chatte des cendres »... passons. Mais celle connue en Amérique, voire dans tous les pays américanisés, et donc édulcorée à la Walt Disney, est inspirée du conte de Charles Perrault (1628-1703), tradition orale jetée sur papier à la fin du 17 e  siècle. D'ores et déjà, ça commence mal. En 2015, les studios Walt Disney ont d'ailleurs repris leur grand succès du film d'animation de 1950 en présentant  Cinderella  en chair et en os, film fantastique (voire romantico-fantasmagorique) réalisé par Kenneth Branagh avec l'excellente Cate Blanchett dans le rôle de la marâtre, Madame Trémaine ( "très" main , en anglais), généralement vêtue d'un vert incisif l'enveloppant d'une cruelle jalousie, Lily James, interprétant Ella (Elle) dit Cendrillon (car Ella dort dans les cendres, d'où le mesquin surnom), Richard Madden, appelé Kit (l...

"Ode à la femme", mon œil

La programmation 2018-2019 des Grands Ballets canadiens de Montréal a été dévoilée la semaine dernière. Selon le nouveau directeur artistique, Ivan Cavallari, la prochaine saison sera une « ode à la femme ». Yeah right . L’art (peu subtil) d’instrumentaliser le mouvement des femmes  Voilà une autre preuve que la compagnie Les Grands Ballets canadiens de Montréal est bel et bien menée par un Boys Club (voir Faire bouger le monde. N’importe comment. ). Une femme au sein de l’équipe de la direction, avec du poids s’entend, aurait dit : « Un instant les mecs, vous êtes complètement dans le champ, et du mauvais côté de l’histoire qui plus est ». Partir «  à la découverte de la femme  » serait le fil conducteur de la prochaine saison des Grands Ballets. À la découverte de la femme ? What the fuck ... Et ça c’est rien. Faut maintenant s’intéresser à la programmation dans ses détails, toujours pertinents - le diable s'y trouve tout le temps. En...

Les couilles sont mortes, vive les gonades!

Certaines expressions du langage m'exaspèrent au plus haut point. « L'homme de la situation   » par exemple - même si celle-ci a bien servi à faire connaître  la première mairesse de Montréal lors du lancement de sa campagne  -, ou encore, l'emploi du mot Homme pour désigner le genre humain ( Urrgh  - à ce propos, consultez  L'Homme avec sa grosse hache ). Une autre expression qui m'irrite les tympans et me fait grincer des dents ? « Avoir des couilles   » pour parler de quelqu'un faisant preuve de courage. Cela va sans dire, posséder des testicules n'est pas garant de courage ni même d'un avantage moral. Ainsi, pour être plus exact, et surtout égalitaire, on devrait plutôt parler de gonades . Si, si, de gonades. Des gonades ? Terme anatomique général employé pour désigner les organes reproducteurs chez l'animal, soit les testicules chez l'homme et les ovaires chez la femme, les gonades apparaissent au tout début du développement embryon...

Je me souviens... de Ludmilla Chiriaeff

(photo: Harry Palmer) La compagnie de danse classique, les Grands Ballets canadiens, a été fondée par une femme exceptionnelle qui a grandement contribué à la culture québécoise, Ludmilla Chiriaeff (1924-1996), surnommée Madame. Rien de moins. Femme, immigrante, visionnaire Née en 1924 de parents russes à Riga, en Lettonie indépendante, Ludmilla Otsup-Grony quitte l’Allemagne en 1946 pour s’installer en Suisse, où elle fonde Les Ballets du Théâtre des Arts à Genève et épouse l’artiste Alexis Chiriaeff. En janvier 1952, enceinte de huit mois, elle s’installe à Montréal avec son mari et leurs deux enfants – elle en aura deux autres dans sa nouvelle patrie. Mère, danseuse, chorégraphe, enseignante, femme de tête et d’action, les deux pieds fermement ancrés dans cette terre d’accueil qu’elle adopte sur-le-champ, Ludmilla Chiriaeff est particulièrement déterminée à mettre en mouvement sa vision et développer par là même la danse professionnelle au Québec : « Elle p...

L'Homme avec sa grosse hache

J'ai tenté de plonger avec bonheur philosophique dans le documentaire, dit « docutopique »,  La possibilité d'être humain (2014), réalisé par les français Pablo Girault et Thierry Kruger, portant sur les changements de société depuis l'industrialisation, la surconsommation et la perte de sens du travail. Même que d'entrée de jeu, on remettait en question « l'Homme avec sa grosse hache » de destruction. Ataboy , sortez le popcorn. Pourtant, à la fin de ce machiste documentaire de 75 minutes, je voyais rouge. Au point tel que j'allais m'ouvrir un compte sur Facebook expressément pour envoyer un message de bêtises - à caractère hautement féministe - aux deux réalisateurs, mais j'ai finalement décanté ma colère avec un verre de rouge. Fuck Facebook. Pas une seule femme dans le film! Je répète, pas une seule. Vous croyez que j'exagère? Explorez la liste du chic casting intellectuel exclusivement masculin . Une femme  apparaît , oui, aux cotés d'...