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Il s’appelle Izzy…



Il est jeune. Il est beau. Et il bouge comme un dieu grec, un danseur naturel, en duo, que dis-je, en symbiose avec sa guitare électrique.

Voilà seulement trois semaines qu’il est débarqué à Montréal, et pourtant, voilà maintenant trois fois que les vrombissements de son instrument m’appellent au loin (comme le cri du mâle avisant les femelles dans les parages), retentissant tantôt devant la Place des arts, tantôt au métro Mont-Royal, et aujourd’hui encore, à la Place Émilie-Gamelin.

Chaque fois, complètement hypnotisée par ce musicien en mouvement, je reste là à l’écouter, à l’observer de très près, pantoise, voire en pâmoison, la bouche ouverte, vibrant de joie, tapant du pied et cognant de la tête - et non, généralement parlant, « la madame » constamment à boutte de toute ne se pâme pas si facilement que cela. Mais là, elle a même sorti son Kodak, un événement en soi, pour finalement, après trois sons de cloche de la vie, immortaliser ce moment.

Car voyez-vous, Izzy, 19 ans – « whaaaat ?! » -, a le charme, le style et le charisme d’une superstar, avec son look bien à lui et sa crinière fort singulière. Non seulement il est cool et talentueux ce jeune homme, mais, plus important encore, il possède l’humilité des grands, de ces vrais artistes, pas l'une de ces étoiles filantes à la recherche d’un buzz éphémère. Vous savez ? L’humilité d’une Louise Lecavalier qui n’a pas besoin d’en rajouter, sachant pertinemment qu’elle fait exactement ce qu’elle doit faire, ce qu’elle aime, ce qu’elle est, essentiellement, tout simplement. Ni plus ni moins. Et c’est ce que je subodore chez ce jeune artiste, la naissance d’une véritable étoile montante, d’une méga-star en puissance.

Accompagné d'un batteur, Koday, 22 ans, originaire du Japon, ils ont tous les deux quitté Toronto pour faire place à autre chose. « A change of scenery », m’explique Izzy. Oui, il s’appelle Izzy…

Ces deux mecs se sont rencontrés par hasard dans un jam quelque part – l’histoire ne dit pas si c’était ici ou à Toronto, notre court entretien ayant été interrompu par un homme (en boisson) qui me draguait à Berri… Ai-je mentionné la très moyenne séduction de mon côté ?

Or Izzy, lui, n’a pas à s’inquiéter, car les filles, les gars, et tous les autres entre les deux (comme à l’extérieur du continuum), bref, tout ce beau monde tous ensemble, vont bientôt lui lancer leurs bobettes par la tête, sur scène comme ailleurs. Et je leur ai dit que c’est ici, à Montréal, que tout cela allait arriver. « The breaking point is about to happen, my friends… »

Leur duo s’appelle Colourlessband (Floating Colors*) – sarcastique sans doute, car ils sont, ma foi, plutôt colorés -, et je leur prédis un brillant avenir. Ils sont donc sur Instagram « only » – pas de Facebook pour lui (je l’aime encore plus).

Et retenez son nom, je vous dis. Izzy, il s’appelle Izzy. Et oui… je suis folle de lui.

***

« A flower does not think of competing with the flower next to it. 
It just blooms. »

(*Mathieu, croisé à Berri, m'a envoyé sa récente vidéo, filmée au métro Beaudry... la voici.)

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