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La pauvreté, ça use, ça use...

La pauvreté, ça use, ça use... 
La pauvreté, ça use les souliers

Et comment. D'une part, parce qu'on les achète déjà usagés, dans les friperies de ce monde de surconsommation et le Village des Valeurs du quartier - qui a grandement augmenté ses prix ces dernières années, soit dit en passant -
« Quoi! Douze piasses pour cette guenille?! Come on! ». Mais aussi,  c'est incontestable, les pauvres marchent. Ne possédant pas de voiture, de vélo ou même, dans plusieurs cas, de carte de métro - plusieurs n'ont pas les 83$ à la fin du mois -, on marche pour aller à l'épicerie du coin, on courre aussi après les spéciaux... « Bon, check l'autre quétaine avec sa circulaire, pfft! »

Mais la pauvreté, j'ai remarqué, ça use également l'âme. Même que je ne me reconnais plus, parcelle de moi-même, piètre reliquat de ce que j'étais auparavant. C'est ce lourd sentiment d'impuissance acquise qui, à la longue, rogne les restes d'optimisme et d'humanité. Tranquillement, le feu intérieur s'éteint, et qui bon sang a les moyens de le rallumer?

Et en plus on devrait sourire - « Souriez ma p'tite dame, vous avez l'air bête! » -, avoir l'air aimable, émaner le bonheur, irradier la joie de vivre, heureuse de respirer l'air de la ville de Montréal durant ce 375è, question d'attirer les ondes magnétiques positives - merci au fabuleux "Secret" des lois de la physique quantique. Eh bien, je vous emmerde.

Je rencontre plein de femmes autour de moi qui n'ont pas du tout envie de rire, de sourire, ou même d'avoir l'air gentille ces temps-ci. Elles sont à bout, au boutte de leur rouleau. Certaines se demandent comment elles vont faire ce mois-ci pour acheter le lait du p'tit, d'autres, comment elles réussiront à entasser le magot dont elles ont besoin pour déménager seule (enfin seule) et laisser ce conjoint. D'autres encore cherchent infatigablement comment se sortir de cette merde; précarité d'emploi, dettes, discrimination, abus de langage en plus des commentaires sexistes et désobligeants, toujours surchargée, surmenée mais sous-payée... name it, la liste est longue.

C'est sans parler de l'ambiance générale mondiale, de ces fous narcissiques-histrioniques racistes et misogynes qui mènent le monde. Guerre nucléaire de gros ego et paranoïa sans frontières. Bonjour anxiolytiques et antidépresseurs.

La pauvreté, ça use, ça use... 
La pauvreté, ça use l'humanité
(Tout le monde ensemble!)...

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Ces grands qui se trompent

En mars dernier, certaines d’entre nous ont vertement critiqué les Grands Ballets canadiens de Montréal pour leur programmation sexiste prévue pour la saison 2018-2019, ainsi que leur interminable instrumentalisation des femmes (voir « Ode à la femme », mon œil). Nathalie Petrowski semblait alors d’accord puisqu’elle publiait un percutant billet à cet effet, et ce, pour mon plus grand bonheur, Chercher la femme (et ne pas la trouver).

Une fois rendue en juin, par contre, la grande dame de la critique culturelle québécoise écorchait (et pas à peu près) Marilou Craft, qui, elle, dénonçait de son côté le concept même du spectacle SLĀV de Robert Lepage, lui reprochant de « …critiquer les spectacles avant même qu’ils n’existent. Me semble que la première chose que l’ex-étudiante aurait dû faire avant de poser ses objections, c’était d’attendre que le spectacle soit monté, non ? »

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