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Ode à l’indignation (et autres mouvements)


Qu’est-ce que l’indignation sinon une colère en mouvement. Émotion primaire, elle incarne ce sublime élan interne de l’organisme toujours vivant. En ce sens, l’apathie et l’indifférence n’apparaissent-elles pas tel un étang hideux dénué de vie intérieure?

Si l’émancipation des individus et des peuples permet d’éradiquer de gênantes contraintes, encore faut-il les voir, les reconnaître, les nommer, en être pleinement consciente, au-delà de la propagande (machiste, marketing, politique, etc.) servant précisément à en brouiller les tenants.

On nous dira ce qui est bon pour nous, pendant que les décideurs eux-mêmes s’en priveront. On nous demandera d’être raisonnable, de se serrer la ceinture, de faire notre part, d’être courtoise, gentille, souriante, aimable, en somme, de se plier aux règles, de s'y soumettre, tandis qu’ils s’agiteront déraisonnablement dans l’opulence et la vile corruption à l’ombre d’un palmier royal dans un paradis fiscal.

La particularité de l’oppresseur est qu’il est tantôt un formidable manipulateur, tantôt un pauvre innocent. Homme ou système, il maîtrise admirablement les mécanismes de la prédation, de la domination, de l’endoctrinement, la peur et l’immobilisme étant ses plus précieux complices.

Le cynisme, quant à lui, est cet élan avorté, refoulé, contenu, colère intériorisée du soumis, du colonisé, les grands mouvements sociaux, voire révolutionnaires, puisant indubitablement leur force dans l’indignation collective.

On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs, ni de révolution sans déranger les règles en place et quelques médiocres personnages au passage.

Que brillent de tous ses feux la colère et l’indignation des opprimé-e-s. Vive la révolte et l’esprit dissident. : :

N’attendez plus de permission pour agir, parler et écrire comme vous l’entendez. - Louky Bersianik (1930-2011)

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Il s’appelle Izzy…

Il est jeune. Il est beau. Et il bouge comme un dieu grec, un danseur naturel, en duo, que dis-je, en symbiose avec sa guitare électrique.

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Un 22 septembre sur terre

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Et encore ce samedi, des gens ont marché. Beaucoup même, avec leurs enfants, leurs bébés et leurs chiens. Le Devoir l’avait même mentionné comme un des événements « à surveiller » ce weekend : La planète s’invite dans la campagne*. Et pourtant, personne n’en a pas parlé. Les médias ont ignoré ce rassemblement, sans doute parce qu’il n’y avait pas de maudites vedettes mais que des citoyen-nes ordinaires, des vrais pourtant, en chair et en os, qui se sont déplacés pour canaliser, voire sublimer leur anxiété (oui, certains m’en ont parlé), mais d'abord exiger des partis politiques que non seulement ils parlent d’environnement mais qu’ils agissent au plus sacrant.

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En rafale...

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Quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi 679 000 personnes ont regardé le premier épisode de XOXO, mais on n’a pas encore 10 000 signatures pour la réforme du mode de scrutin ?

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Pourquoi, moi, je n’ai pas le droit de donner du sang simplement parce que je me trouvais en Angleterre lors d’un épisode de vache folle, mais que la fille dans le métro qui mâche sa gomme de cette façon a le droit d’en donner, elle ?

Quelques jours après avoir décliné son invitation à « sortir avec », le voisin d’à côté m'a traitée d’« ostie d’grosse vache » … Ça donne vraiment le goût d’aller prendre un verre en tête à tête, pas vrai ? (Les narcissiques sont parmi nous)

Le chauffeur d’autobus parle de l’été des Indiens avec u…