Un peu plus il me lançait « Speak White! » Mais le petit con en question n’avait pas la culture suffisante pour m’insulter correctement. Il ne connait rien à rien au peuple québécois – ni sa langue, ni sa culture, encore moins son histoire. Et même pas moyen de l’engueuler ou de l’envoyer paître élégamment (ou pas du tout), l’homme déambule dans la ville en fauteuil roulant motorisé. Vous imaginez la scène ? Une Québécoise (blanche) de souche qui s’en prend verbalement à un immigrant, un homme racisé en chaise roulante dans le vestibule d’un CLSC ? Ça ne passerait jamais. « Raciste! » « Xénophobe! » « Islamophobe! » Le pire, c’est que je venais de lui demander gentiment s’il avait besoin d’aide. On se dirigeait tous les deux vers la porte de l’ascenseur. « À quel étage vous allez, mon cher Monsieur ? » « Speak English! », a-t-il rétorqué en moins de deux, offensé, offusqué, frustré que j’ose lui adresser la parole en ...
Parce que les Québécoises sont debout, mais à bout - chronique d'une femme à boutte