Passer au contenu principal

Une autre grève à la STM ?


Certains journalistes semblent un peu naïfs. Ils se demandent encore si la grève de la Société de transport de Montréal (STM) prévue la semaine prochaine aura effectivement lieu. Peut-elle être encore évitée ?, se demandent certains. Je vous le dis tout de suite, chers amis, la grève aura bel et bien lieu la semaine prochaine. Comment je le sais ? Les pancartes sont déjà posées à la porte des stations de métro depuis ce matin : « Grève en cours ». Vous ne pensez tout de même pas que les employés de la STM ont fait tout ce travail pour rien. Ils y tiennent, à leur grève, voyons, c’est clair comme de l’eau de roche. 

Sur le site de la STM, il est écrit : « La grève du Syndicat du transport de Montréal (employés des services d’entretien) sera en cours du 22 septembre au 5 octobre si aucune entente n’est conclue. » Aucune entente ne sera conclue d’ici là. Ils sont trop bien organisés, cette fois, pour ne pas tenir cette grève. Ils n’ont pas posé toutes ces belles affiches pour rien. On les connait trop bien. 

Compensation et remboursement ? 

Or, cette fois, les usagers réguliers non plus ne se laisseront pas faire. Non, monsieur ! Cette fois, on va exiger un remboursement. Fini le niaisage ! Pour faciliter la tâche des comptables de la STM, j’ai fait le calcul de la part qui me revient. Comme je suis abonnée à l’année, j’ai le tarif « spécial » d’abonnement annuel (renouvellement automatique chaque mois) à 99,50 $/mois (au lieu de 104,50 $). Arrondissons à 100 $/mois pour faciliter les calculs... Cela revient à 3,33 $ par jour. Si la grève dure 6 jours (à 3,33 $ par jour), cela fait donc un joli remboursement de 20 $, svp, que vous pouvez tout de suite créditer sur ma carte de crédit. Quoi ? Vous êtes bien capable de prélever le montant chaque mois, pas vrai ? Alors il devrait être tout aussi facile de procéder à un remboursement. 

Car, non, cette fois-ci, je n’irai pas faire du pouce sur Hochelag’. Et je ne prendrai pas de Bixi non plus. (En passant, saviez-vous que ce service exige une maudite application sur un téléphone intelligent ? Au diable les pauvres, les démunis et tous les autres qui n’ont pas de connexion Internet sur leur téléphone et qui ne veulent rien savoir de tout cela.) 

En plus, vous savez quoi ? On désire la tarification sociale au plus vite ! Plein de villes le font déjà ! Et quoi, Montréal n’est pas capable ? What the fuck is that ? Le tarif réduit est déjà à 62,75 $ pour les enfants de 6 à 17 ans, les étudiants de 18 ans et plus (avec preuve) et les ainés de 65 ans et +. Nous niaisez-vous, viarge? Il manque juste notre tranche d’âge, soit de 18 à 64 ans ! Allons, déguédinons ! Ce serait pour nous aussi, les pauvres et les moins nantis de cette société, une économie de 37,25 $ par mois, soit un montant non-négligeable de 447 $ par année. Ataboy. Surtout que beaucoup de madames et de monsieurs de Westmount et d’Outremont profitent déjà d’un rabais substantiel dont ils n’ont clairement pas besoin... 

Et, en plus, vous savez quoi d’autre ? Il y en a mauditement marre de voir tous ces gens mal élevés, ces usagers qui sautent tous les jours des barrières du métro afin de circuler gratuitement sur l’ensemble du réseau de la STM – Les petits voleurs de la STM doivent payer

Faut-il voler pour voyager à bord de la STM ? « Merci de votre compréhension ».

----- 

En lien : 

Le transport collectif est un service essentiel ! (Le Devoir, 7 juin 2025) 

STM - À quand la tarification sociale ? (La Presse, 28 avril 2023)

Messages les plus consultés de ce blogue

Le Prince et l’Ogre, le mauvais procès

Poursuivi en justice pour des agressions sexuelles et des viols qu’il aurait commis à l’endroit de plusieurs femmes, un homme connu du grand public subit un procès. Dans le cadre de ces procédures, des témoins défilent à la barre. Parmi ceux-ci, des amis de longue date, des proches, des collègues et d’anciens collaborateurs venus témoigner en faveur de l’accusé. Tous soulignent sa belle personnalité, le grand homme qu’il a toujours été. Ils le connaissent bien ; cet homme n’est pas un agresseur. Au contraire, il a toujours joui d’une excellente réputation.  C’est un homme « charmant, courtois, poli et respectable » tant envers les hommes que les femmes, répéteront-ils. Il est « un peu flirt », certes, « comme bien d’autres ». Mais personne n’a souvenir qu’on ait parlé en mal de lui. Jamais. Parfois, il est vrai, il a pu se montrer insistant envers quelques femmes, affirmera lors d’une entrevue un excellent ami depuis le Vieux Continent. Mais on pa...

Pour en finir avec Cendrillon

Il existe de nombreuses versions de « Cendrillon, ou, la Petite Pantoufle de verre », comme Aschenputtel,  ou encore « Chatte des cendres »... passons. Mais celle connue en Amérique, voire dans tous les pays américanisés, et donc édulcorée à la Walt Disney, est inspirée du conte de Charles Perrault (1628-1703), tradition orale jetée sur papier à la fin du 17 e  siècle. D'ores et déjà, ça commence mal. En 2015, les studios Walt Disney ont d'ailleurs repris leur grand succès du film d'animation de 1950 en présentant  Cinderella  en chair et en os, film fantastique (voire romantico-fantasmagorique) réalisé par Kenneth Branagh avec l'excellente Cate Blanchett dans le rôle de la marâtre, Madame Trémaine ( "très" main , en anglais), généralement vêtue d'un vert incisif l'enveloppant d'une cruelle jalousie, Lily James, interprétant Ella (Elle) dit Cendrillon (car Ella dort dans les cendres, d'où le mesquin surnom), Richard Madden, appelé Kit (l...

"Ode à la femme", mon œil

La programmation 2018-2019 des Grands Ballets canadiens de Montréal a été dévoilée la semaine dernière. Selon le nouveau directeur artistique, Ivan Cavallari, la prochaine saison sera une « ode à la femme ». Yeah right . L’art (peu subtil) d’instrumentaliser le mouvement des femmes  Voilà une autre preuve que la compagnie Les Grands Ballets canadiens de Montréal est bel et bien menée par un Boys Club (voir Faire bouger le monde. N’importe comment. ). Une femme au sein de l’équipe de la direction, avec du poids s’entend, aurait dit : « Un instant les mecs, vous êtes complètement dans le champ, et du mauvais côté de l’histoire qui plus est ». Partir «  à la découverte de la femme  » serait le fil conducteur de la prochaine saison des Grands Ballets. À la découverte de la femme ? What the fuck ... Et ça c’est rien. Faut maintenant s’intéresser à la programmation dans ses détails, toujours pertinents - le diable s'y trouve tout le temps. En...

Je me souviens... de Ludmilla Chiriaeff

(photo: Harry Palmer) La compagnie de danse classique, les Grands Ballets canadiens, a été fondée par une femme exceptionnelle qui a grandement contribué à la culture québécoise, Ludmilla Chiriaeff (1924-1996), surnommée Madame. Rien de moins. Femme, immigrante, visionnaire Née en 1924 de parents russes à Riga, en Lettonie indépendante, Ludmilla Otsup-Grony quitte l’Allemagne en 1946 pour s’installer en Suisse, où elle fonde Les Ballets du Théâtre des Arts à Genève et épouse l’artiste Alexis Chiriaeff. En janvier 1952, enceinte de huit mois, elle s’installe à Montréal avec son mari et leurs deux enfants – elle en aura deux autres dans sa nouvelle patrie. Mère, danseuse, chorégraphe, enseignante, femme de tête et d’action, les deux pieds fermement ancrés dans cette terre d’accueil qu’elle adopte sur-le-champ, Ludmilla Chiriaeff est particulièrement déterminée à mettre en mouvement sa vision et développer par là même la danse professionnelle au Québec : « Elle p...

Les couilles sont mortes, vive les gonades!

Certaines expressions du langage m'exaspèrent au plus haut point. « L'homme de la situation   » par exemple - même si celle-ci a bien servi à faire connaître  la première mairesse de Montréal lors du lancement de sa campagne  -, ou encore, l'emploi du mot Homme pour désigner le genre humain ( Urrgh  - à ce propos, consultez  L'Homme avec sa grosse hache ). Une autre expression qui m'irrite les tympans et me fait grincer des dents ? « Avoir des couilles   » pour parler de quelqu'un faisant preuve de courage. Cela va sans dire, posséder des testicules n'est pas garant de courage ni même d'un avantage moral. Ainsi, pour être plus exact, et surtout égalitaire, on devrait plutôt parler de gonades . Si, si, de gonades. Des gonades ? Terme anatomique général employé pour désigner les organes reproducteurs chez l'animal, soit les testicules chez l'homme et les ovaires chez la femme, les gonades apparaissent au tout début du développement embryon...