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Messages

Affichage des messages du avril, 2026

Une bien mauvaise époque

Plusieurs fois par semaine, je me répète que je ne suis clairement pas née la bonne année, pire, à la bonne époque. Si je pouvais recommencer, je le ferais. Je vous jure. Pas une semaine ne passe sans que je remette en question ma vie dans cette société. Ma vie, oui. C’est une bien mauvaise époque pour être sur Terre et exister simplement. Bien franchement, je déteste pratiquement tout de cette époque individualiste, à commencer par ce narcissisme effréné, cette mise en scène perpétuelle, cette insignifiante représentation du moi sur la « place publique » qui inclut évidemment l’espace virtuel où les « je-me-moi » pullulent sans cesse et célèbrent eux-mêmes leur « unicité » grâce aux technologies qui ont fait de chacun d'eux un produit. Dans l’espace public, je ne supporte plus de voir des gens tendre le bras pour prendre des photos d’eux-mêmes, des selfies , oui, des égoportraits insignifiants, tout en exécutant de minables moues insupportables d’enfants gâtés devan...

L’indépendance du Québec, « OUI, c’est le bon moment ! »

Dans une pub à la télé, on voit un homme mature (interprété par le comédien Raymond Cloutier) au volant de sa voiture qui parle philosophiquement de la vie. On l’ignore encore, du moins au début de l’annonce, mais, de sa belle voix chaude et réconfortante, l’homme d’expérience s’adresse à sa petite-fille, Alice, sur son main-libre : « C’est normal de se poser des questions. Est-ce que c’est le bon moment pour se lancer en affaires ? retourner aux études ? acheter une maison ? Non, c’est jamais le bon moment. C’est pour ça qu’il faut juste faire ce qu’on veut faire maintenant. » Et Alice de revenir à la charge pour préciser sa question : « Euh… papi, j’voulais juste savoir si c’est le bon moment pour partir ma compagnie de pelouse ? » « Oui, c’est le bon moment ! » conclut le grand-papa d’Alice.  Le message de cette publicité est fort simple, clair et, j’ajouterais, inspirant : il faut juste faire ce qu’on veut faire maintenant. Car ce n’...

Agir d’abord, penser ensuite

L’époque devrait s’appeler ainsi : Agir d’abord, penser ensuite. C’est devenu régulier, une habitude, presqu’une norme à suivre. Ou est-ce que tout ce beau monde est juste trop pressé et veut aller très vite ?  Ça commence par une  «  grande nouvelle  » . Totalement déconnecté du monde et de la réalité sur le terrain des vaches et des simples citoyens, une organisation quelconque – ça peut être une entreprise, un organisme, une société d’État, un parti politique, etc. –, bref, on fait une grande annonce.  En grande pompe et en se pétant les bretelles, on lance la « nouvelle » dans l’univers – un nouveau procédé, une nouvelle façon de faire, une maudite bonne idée qui va révolutionner la patente et « les affaires ».  Tout sourire, l’équipe de marketeux, des communications et des relations publiques, en étroite collaboration avec la « haute direction » bien sûr, annoncent la grande nouvelle. Ils se sentent particulièrement f...

La job d’été de Christine Fréchette

Quand j’étais enfant, je jouais par terre avec une petite fille qui s’appelait Christine Fréchette. On habitait toutes les deux à Trois-Rivières-Ouest, secteur Duvernay, rue Calais et de Bordeaux. Il y avait un piano chez elle ; cela me fascinait. On avait 5 ou 6 ans, je ne m’en rappelle plus. Après cela, on s’est tout simplement perdu de vue. On ne fréquentait pas les mêmes écoles. Hier, cette petite fille, maintenant une femme bien entendu, est devenue la première ministre du Québec. On devrait être fière de cette petite Trifluvienne, non ? Bof.  Maintenant que cela est dit, je peux la critiquer vertement et en toute transparence. Pendant des années, je suivais de loin, de très loin même sa « carrière » ; les « carriéristes », moé, j’en ai franchement rien à faire. Comme bien des gens, je l’ai vu et écouté analyser la politique américaine à Radio-Canada. Ensuite, je l’ai également observé claquer la porte du Parti québécois pour, des années plus tard, être élu...

Un cimetière « Vivant. »

Pratiquement tous les jours, je me tiens devant ce ridicule panneau publicitaire sur le quai de la station de métro Pie-IX. Ça fait des mois qu’il est là, pas loin de la pancarte « Pensez-vous au suicide? Appelez le … ». Une jolie et pas du tout subtile publicité pour un cimetière qui se veut « vivant » pour tous ceux et celles qui ont perdu un « être cher ». Autrement dit, une supercherie.  La mort est sans doute l’arnaque la plus redoutable qui soit. Quelle escroquerie! Même pour les chiens et les animaux domestiques en général, ils vous attendent avec la question qui tue : Est-ce que vous aimiez vraiment votre chien, Madame ? avant de vous présenter toutes les options disponibles au menu. « Crémation seul ou avec d’autres chiens ? » suivi de la liste de prix.  «  Choisissez ce qui reflète votre nature  », clame le panneau publicitaire du cimetière   Notre-Dame-des-Neiges. Un cimetière « Vivant. », nous as...