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Les couilles sont mortes, vive les gonades!

Certaines expressions du langage m'exaspèrent au plus haut point. « L'homme de la situation » par exemple - même si celle-ci a bien servi à faire connaître la première mairesse de Montréal lors du lancement de sa campagne -, ou encore, l'emploi du mot Homme pour désigner le genre humain (Urrgh - à ce propos, consultez L'Homme avec sa grosse hache).

Une autre expression qui m'irrite les tympans et me fait grincer des dents?
« Avoir des couilles » pour parler de quelqu'un faisant preuve de courage.

Cela va sans dire, posséder des testicules n'est pas garant de courage ni même d'un avantage moral. Ainsi, pour être plus exact, et surtout égalitaire, on devrait plutôt parler de gonades. Si, si, de gonades.

Des gonades?
Terme anatomique général employé pour désigner les organes reproducteurs chez l'animal, soit les testicules chez l'homme et les ovaires chez la femme, les gonades apparaissent au tout début du développement embryonnaire. Structures neutres, dites indifférenciées, elles se différencient au contact des hormones durant la sexualisation embryonnaire, soit à la 8è ou 9è semaine de développement, selon le sexe en devenir.

Qui plus est, tout le monde possède des gonades. Femme, homme, ainsi que tous les individus se trouvant quelque part sur le continuum de l'identité sexuelle. Pas de chicane, y'en a pour tout le monde.

L'expression « avoir des gonades » serait ainsi plus juste et équitable envers tous. « Mon doux qu'elle a des gonades, elle! » « Quelles gonades ce mec! » « Hey, t'as vraiment des gonades, toé. » Get it?

Autre exemple: « [Ces gens] finiront bien par se lever, rassembler leur fière colonne vertébrale et leurs précieuses gonades, afin d'enjamber cette ânerie, s'affranchir de tout ce baratin pro-américain...  » (extrait de Sur quel pied danserez-vous?)

Qu'est-ce que ça change?
Eh bien, la prise de conscience, d'une part, et de l'autre, la reprise du pouvoir par les femmes. On féminise graduellement le langage, on élimine sans cesse les expressions racistes et discriminatoires, et l'on souligne avec raison les doubles standards. Pourquoi pas modifier nos bonnes vieilles expressions, au quotidien.

Mais pour ce faire, ça prend effectivement des gonades.

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En mars dernier, certaines d’entre nous ont vertement critiqué les Grands Ballets canadiens de Montréal pour leur programmation sexiste prévue pour la saison 2018-2019, ainsi que leur interminable instrumentalisation des femmes (voir « Ode à la femme », mon œil). Nathalie Petrowski semblait alors d’accord puisqu’elle publiait un percutant billet à cet effet, et ce, pour mon plus grand bonheur, Chercher la femme (et ne pas la trouver).

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