Au fil du temps, on a normalisé un outil d’oppression utilisée contre les femmes : le port de l’hidjab des femmes musulmanes au Québec. Alors que ce voile opaque sert pourtant à stigmatiser les femmes, à les invisibiliser dans l’espace public, en prônant une soi-disant « modestie », il s’est répandu un peu partout au Québec comme partout en Occident. Aujourd’hui, la majorité des gens semble trouver cette pratique « normale ». Elle ne l’est pas.
Pis encore, d’autres tenues vestimentaires religieuses se sont également multipliées sous nos yeux dans l’espace public, soit le port de l’abaya et du niqab, ce voile épouvantable recouvrant tout le visage à l’exception des yeux. Personne ne dit rien dans l’espace public face à cette monstruosité même si le malaise est palpable. Les gens se disent sûrement que ce sont des femmes adultes et qu’elles ont le droit de pratiquer leur religion comme elles l’entendent et de porter les vêtements qu’elles désirent. Or, qu’en est-il des fillettes voilées ?
La protection des enfants d’abord
Depuis quelques années maintenant, je croise aussi, malheureusement, de plus en plus souvent des fillettes voilées. (Et sachez que, oui, je les prends discrètement en photo.) Ces petites filles n’ont certainement pas choisi de porter un voile de leur propre chef en se levant un matin. C’est là, manifestement, le choix d’un ou des parents. Cela relève de l’autorité parentale et d’une forme d’abus de pouvoir.
Encore aujourd’hui, dans le métro, des groupes d’enfants s’y trouvaient, accompagnés de leurs « éducatrices » ou animatrices. Deux des jeunes accompagnatrices d’un groupe étaient ultra voilées ; l’une portait une abaya tandis que l’autre était vêtue de la tête au pied d’une abaya en plus d’un niqab. Au moins deux fillettes dans le groupe d’enfants étaient également voilées. À elle seule, cette vision m’est tout simplement intenable comme féministe.
Le ministre Jean-François Roberge affirmait récemment qu’il souhaitait renvoyer le multiculturalisme dans les « limbes de l’histoire », mais refuse d’étendre l’interdiction du port de signes religieux aux élèves du primaire. Selon lui, « vouloir interdire aux élèves du primaire le port de signes religieux, comme le souhaite le Parti Québécois, c’est verser dans le radicalisme laïc, selon le ministre Jean-François Roberge. »
Le radicalisme laïc, vraiment ? Et qu’en est-il du radicalisme religieux ? Vous ne croyez pas que de voiler des fillettes, monsieur le ministre, est en soi un geste radical, relevant justement de radicalisme religieux ? Et la protection des enfants, dans tout ça, contre ces formes d’endoctrinement religieux ? Est-ce aussi radical de vouloir protéger des enfants de l’autorité, voire de l’abus de pouvoir parental ?
Aucun enfant choisit de pratiquer une religion sans l’influence des parents. Il faut légiférer pour étendre l’interdiction du port de signes religieux aux élèves du primaire afin de protéger les enfants de toutes formes d’endoctrinement et radicalisme religieux.
Oui, il faut interdire le niqab partout au Québec ET le voilement des fillettes et des jeunes filles mineures au Québec. Ce n’est pas du radicalisme laïc, c’est juste du gros bons sens féministe et le strict minimum au nom de la protection de l’enfance et de l’égalité des sexes au Québec.
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Et des jeunes filles voilées, est-ce aussi de la «diversité» ? (Le Devoir, 7 sept. 2024)