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Fluctuations humorales d’une campagne électorale

La campagne électorale au Québec vient à peine d’être lancée qu’on est déjà tanné. Car, malheureusement pour nous et notre démocratie, arrive en même temps la tempête (fédéraliste) parfaite : D’un côté, Donald Trump, semeur de tempête, le bully orange, l’intimidateur en chef du géant américain et, de l’autre, Mark Carney, le sauveur pancanadien, le protecteur en chef des bons Canadiens, « hey » ? 

Et puis à côté, ou plutôt tout au fond, quelque part à l’horizon, on peut apercevoir au loin Christine Fréchette, la PM sortante de la CAQ qui marque des points par défaut puisqu’elle n’a en réalité aucun pouvoir ni contrôle sur la situation. On peut certainement effacer le nom du parti politique sur les pancartes électorales pour faire oublier huit années de caquisme et de pouvoir usé, c’est tout de même elle qui est en charge jusqu’aux élections. « Avançons »

Seulement, cette tempête parfaite a fait que « Les appuis pour [Mark] Carney augmentent au Québec » et, par le fait même, ceux pour Christine Fréchette qui souhaite « un premier mandat ». Oh, bel essai, Mme Fréchette. Mais, comme certains l’ont suggéré, on va attendre les chiffres d’un prochain sondage si vous le voulez bien.

Or, dans la foulée, Christine Fréchette en a profité pour lancer « un appel aux souverainistes "lucides" » : « Je pense qu’il y a beaucoup de personnes qui seraient tentées de voter Oui à un référendum qui sont bien conscientes que c’est le pire moment des 50 dernières années pour tenir un référendum et qui ne veulent pas, en fait, donner l’occasion au Parti québécois d’organiser un référendum qui ne sera pas gagné. » 

Les souverainistes lucides ou mous ? Car pour les indépendantistes mous, ce ne sera jamais le bon moment de tenir un référendum. 

Parlant de souverainistes mous, plusieurs indépendantistes à qui j’ai parlé depuis le printemps dernier n’aiment pas du tout le style de PSPP. Pour cette raison, ils demeurent et demeureront fidèles aux solidaires malgré l’interminable bisbille interne, les départs de GND et de Manon Massé ou encore celui, fracassant et maladroit, de Vincent Marissal. Non, ce parti n’est pas gérable.

N’empêche. L’un d’eux, un ancien candidat pour Québec solidaire, lui, ne lâche pas le parti malgré ses maintes déceptions. J’ai beau m’obstiner avec lui chaque fois que je le vois, rien à faire. Je crois que c’est parce qu’il vote dans Gouin, château fort solidaire où fut élue Françoise David pour la première fois en 2012. Son attachement semble beaucoup plus symbolique que « pragmatique » – d’où le problème très généralisé des membres du parti orange. 

Comme plusieurs solidaires, cet homme n’apprécie pas particulièrement PSPP. « Il souffle sur les braises de l’intolérance », affirme-t-il. Contrôler le nombre d’immigrants qui entrent au Québec n’est pas de l’intolérance. Mais il est vrai que PSPP est soupe au lait. Il s’emporte facilement. Le chef du Parti québécois devrait apprendre à tempérer ses ardeurs et être moins impulsif s’il veut gagner le cœur et la confiance du peuple québécois qui n’aime pas du tout la chicane ni les confrontations. Car il aura besoin d’un gouvernement majoritaire pour mener à bien ses projets et tenir enfin notre référendum. 

Seulement, ces indépendantistes mous ne semblent pas réaliser que PSPP ne sera pas toujours là. C’est un politicien, un être humain comme tout le monde. Et comme les autres avant lui, il finira un jour par partir. Mais le pays, lui, sera là et restera. On a beau leur répéter ce message, le marteler, mais que voulez-vous ? Non seulement on a affaire à des indépendantistes mous et ultra sensibles à tout mais, comme bon nombre de Québécois, ils cherchent encore le chef parfait, le sauveur sans faille des Québécoises et des Québécois. C’est très judéo-chrétien tout ça, et donc, très québécois.

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Image : capture d’écran Journal de Montréal

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