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Messages

48 heures d’éternité

  Clouée au lit en raison d’un mal de dos, j’ai passé deux jours allongée, 48 heures qui m’ont paru une éternité. Par la même occasion, j’ai eu amplement le temps de fixer, d’admirer et de contempler le plafond blanc sale «  Cloud Dancer   » de ma chambre. Alors que nous avons tous certainement besoin d’« un murmure de tranquillité et de paix dans un monde bruyant », il se trouve peut-être juste là, au-dessus de nos yeux, tout en respirant calmement.  Car à l’extérieur, dans le vrai monde, l’année 2026, elle, ne sera certainement ni paisible, ni « vaporeuse », ni dansante, ni reposante. La véritable couleur dominante en ce début d’année, du moins en cette fin de mois de janvier ? Bleu marin républicain, conservateur, féroce et hautement masculin.  Avez-vous vu tous ces hommes qui « dirigent » le monde ? Des brutes ! N’importe quelle « bimbo » ferait mieux que plusieurs de ces machos à gros ego. Mais que voulez-vous, le mas...
Messages récents

Une multimillionnaire à Survivor ?

« Isabelle Gauvin, l’épouse de l’entrepreneur bien connu Luc Poirier, fera partie de la prochaine saison de  Survivor Québec , qui sera diffusée ce printemps à Noovo  », nous apprend aujourd’hui  La Presse .  J’ignore les nombreuses réactions des fans et des vrais adeptes de cette émission de même que du concept de Survivor – je ne suis pas sur les réseaux sociaux, Dieu merci –, mais j’imagine qu’ils ne célèbrent pas tous son arrivée et que plusieurs téléspectateurs doivent être plutôt mécontents, voire furieux. N’est-il pas ironique, antinomique et même baveux d’envoyer une pseudo « vedette » de la téléréalité  Vie$ de rêve  à Survivor ? Disons qu’on passe d’un extrême à un autre. Mais bon, même si Madame Gauvin a les moyens d’aller au Panama plusieurs fois en jet privé et de se la couler douce par la même occasion, il est clair qu’elle ne pourrait pas « jouer » avec des « amis » imaginaires et faire semblant de su...

Grosse nouvelle, petite succession

Une femme que je croise régulièrement (au café où je passe beaucoup trop de temps) ne lit aucun journal. Comme plusieurs citoyens que je connais, elle ne s’informe pas, ne lit pas les journaux et ne connait rien à rien sur les différents sujets qui marquent l’actualité. Rien. Mais cette femme, appelons-la Fatima, sait que je lis religieusement les nouvelles et les journaux tous les jours. Souvent, elle me demande : « Pis, qu’est-ce qui se passe de bon aujourd’hui ? Est-ce qu’il y a des bonnes nouvelles ? » La plupart du temps, ma réponse est « rien », « non » ou « le monde est malade, madame ».  L’été dernier, avant d’aller au Liban, son pays d’origine, visiter sa famille, elle m’a demandé le plus sérieusement du monde si un embrasement allait survenir dans son pays, ce qui pourrait l’empêcher de revenir. « Tu crois que le Hamas pourrait intervenir depuis l’embrasement dans la région ? » « Si je savais la réponse à ce genr...

La danse et la police des mœurs

Paris, France, 1889. La tour Eiffel, dont la construction fut entamée deux ans plus tôt, est prête à temps pour l’ouverture officielle de l’Exposition universelle qui se tiendra de mai à septembre – une date de clôture qui sera par ailleurs repoussée à quelques reprises en raison de l’immense succès de l’événement. Cette année-là, l’Exposition universelle de Paris célébrait le progrès, l’innovation et la modernité. Par la même occasion, on commémora les cent ans de la Révolution française, ce qui explique « l’abstention officielle de la plupart des monarchies, réticentes par principe à fêter une prise de bastille… ».  À l’ombre de la tour Eiffel, sur les quelque 84 hectares de superficie où se déployait l’Exposition universelle, une trentaine de millions de visiteurs purent ainsi découvrir la fameuse galerie des Machines  et les nombreux pavillons qui proposaient des expositions, des mises en scène pittoresques provenant de diverses colonies françaises, des « pe...

«Saint Luigi»: pour que la peur change de camp

Accusé d’avoir tué le PDG de la première assurance santé privée des États-Unis, Brian Thompson, le 4 décembre 2024 à New York, Luigi Mangione subit son procès. Ces procédures pénales risquent d’être particulièrement longues en raison de multiples « technicalités » concernant les preuves admissibles ou non. Imaginez si les policiers, les premiers à l’avoir appréhendé en Pennsylvanie, n’avaient pas respecté les règles de base ni lu ses droits…  Mais ce qui retient surtout notre attention, jusqu’à présent, est l’attrait et la fascination qu’exerce la personne de Luigi Mangione sur nombreux individus. Comment expliquer cette fascination de milliers de gens pour un jeune homme qui tue un riche PDG à bout portant en pleine rue ? Notons au passage que, contrairement aux habitudes des Américains, aucune fleur ne fut déposée sur les lieux du crime en l’honneur ou à la mémoire de la victime, Brian Thompson, ni pour sa famille. Manifestement, on est ailleurs et la colère gronde....

La télé gratos (pour les pauvres)

Sans aucun abonnement sur aucune plateforme payante comme Netflix, Extra Tou.tv, Crave, etc., que peut-on regarder à la télé ? Pas grand-chose, vous me direz. Or, voici quelques bijoux dénichés ici et là, sur diverses plateformes, et ce gratuitement, dont personne ne parle dans les médias.  D’abord, comme pauvre, il faut commencer par utiliser toutes les offres « essai gratuit » que l’on retrouve sur diverses plateformes payantes, comme tou.tv ou encore sur Prime Tv, où vous avez droit à « un mois gratuit ». Cela vous permet ainsi de consulter et d’explorer tout le contenu offert et, si vraiment nécessaire, de vous abonner pour un mois supplémentaire seulement.  Ensuite, il faut évidemment apprendre à gosser, fouiller et chercher sans cesse les nouveautés sur la télé publique. Sur tou.tv, par exemple, vous trouverez quelques documentaires très intéressants comme Louise Harel : l’indomptable voix (2025, 52 min.), ou encore, Afghanistan: L’enfer des fem...

«Le voile, c’est du prosélytisme»

« Il faut dire que le voile, c’est du prosélytisme » - Fatima Aboubakr *** Visionnez l'entrevue de Fatima Aboubakr sur la laïcisation encore incomplète de l'État dans Le   Devoir avec le journaliste Marco Bélair-Cirino qui, malheureusement pour lui et pour nous toutes, semble totalement perdu sur le sujet et confondre voile (hidjab) et niqab. C'est ce qui arrive trop souvent lorsque des hommes parlent de vêtements religieux féminins sans en connaître ni le nom ni la différence. Déniaisez-vous et faites vos devoirs. *** Laïcité et voile intégral: pourquoi s'arrêter là ? Interdire le niqab partout au Québec *** Ajout : Plaidoyer de Fatima Aboubakr pour une laïcisation complète au Québec ( Le Devoir , 15 déc. 2025)

«Iel» capote

C’est reparti, mon kiki. On croyait que c’était réglé. On croyait que les gens avaient compris qu ’on ne veut rien savoir de cette langue déformée, de cette langue supposément inclusive, mais… mais non, un journal publie un article sur et en « iel ». Misère. ( Les profs non binaires devront être appelés « monsieur » ou « madame » ,  La Presse , 7 déc. 2025)  À quel moment a-t-on décidé de s’intéresser à l’identité et à l’orientation sexuelles des employés dans leur milieu de travail ?  À quel moment, dans cette très récente et ridicule histoire des genres, les gens ont commencé à dévoiler, voire à parader leur « unicité » en rendant publiques des informations très personnelles concernant leur identité ou orientation sexuelle ?  À quel moment le drapeau LGBTQ est devenu le symbole des wokes, de tous les wokes ?  À quel moment les milieux de travail et la direction ont commencé à s’intéresser à la vie sexuelle de chacun, de ...

Laïcité et voile intégral: pourquoi s’arrêter là?

Demain, le ministre responsable de la Laïcité, Jean-François Roberge, va déposer un projet de loi à l’Assemblée nationale servant à « renforcer » la laïcité de l’État en mettant fin notamment aux salles de prière dans les écoles ainsi qu’au port du voile intégral.  « C’est comme ça qu’on vit au Québec » aurait « gribouillé » le ministre Roberge sur la page couverture du projet de loi, nous apprend le Journal de Montréal . C’est très bien. Or, on pose la question : pourquoi s’arrêter là ?  Par la même occasion, les femmes voilées ne seront plus permises sur les affiches publicitaires. C’est très bien. Ni des images de fillettes voilées, on espère ? Mais, là encore, pourquoi s’arrêter là ?  C’est comme ça qu’on vit au Québec  Si « c’est comme ça qu’on vit au Québec », pourquoi alors ne pas couvrir l’ensemble du territoire québécois ? Tous les espaces publics ? Pourquoi s’en tenir seulement aux écoles et aux institutions scolaires...

Le monde ne va pas bien

Le monde est malade, man . Le monde ne va clairement pas bien, c’est certain. Partout où vous allez, c’est écrit, dit ou exprimé quelque part : « Aucune forme de violence ne sera tolérée ».  Vous montez dans le bus ou passez la barrière du métro ? « Interdiction de menacer, d’injurier, de cracher. Aucune forme d’agression ne sera tolérée ». Ayoille. Vous appelez pour un service quelconque quelque part, à la Ville ou au gouvernement du Québec, même chose, même rengaine. Un long (parfois très long) message ou un avertissement précédent le contact avec un agent ou une préposée du « service à la clientèle » vous demandant gentiment politesse et courtoisie : « Nos échanges sont basés sur le respect et la courtoisie. Nous ne tolérons pas… ». C’est partout, je vous dis. Dans l’autobus, dans le métro, au guichet d’information quelque part, à la bibliothèque, au comptoir des abonnements, etc., partout, quoi. « Soyez respectueux envers l’agent… »...

Lueur d’espoir

Il faisait très froid et il faisait très noir. Il fallait marcher rapidement tout en cherchant un peu de lumière, de chaleur et d’espoir. Et puis, tout à coup, un boutte de fleur de lys est apparu dans notre champ de vision. Oh wow, attention !  Il fallait simplement terminer le travail déjà entamé et retirer cette maudite affiche  in English qui obstruait le message. Gratte, gratte, et puis le voilà, placardé sur un banal parcomètre de la rue Ste-Catherine à Montréal.  OUI, vive le Québec libre !

«Avant le crash» et la charge biologique des femmes

La populaire série télévisée « Avant le crash » est terminée. Cette troisième et dernière saison signe la fin de ces amis ultracapitalistes et c’est parfait ainsi. Tout a été bouclé. Par ailleurs, pendant combien de saisons peut-on entamer chaque épisode avec un gros plan sur un homme ébranlé qui nous parle philosophiquement de la vie, du « succès », de la perte de soi et du crash imminent, tout en citant Camus ? La recette était excellente pour trois services seulement.  N’empêche, on va s’ennuyer de ces personnages à la fois attachants, imparfaits, grugés par l’ambition et le désir de toujours avoir plus et, surtout, de « gagner ». On a même aimé « détester » certains d’entre eux chaque semaine.  Mais la brillante Évelyne (Karine Vanasse) va nous manquer. Quelle femme ! Si Clara (Valérie Tellos) incarnait la « femme du futur » – la femme libre dans sa carrière, libre dans sa sexualité, libre dans son couple, libre dans toute –, Évelyne...

Donald Trump et les femmes animales

Jeudi le 6 août 2015 avait lieu le premier débat télévisé entre les candidats aux primaires républicaines pour la Maison-Blanche. Sur la scène, que des hommes, dont Donald Trump, une vedette de téléréalité peu habituée à partager la scène et la lumière. Durant ce débat, celui qui allait devenir le 45 ième  président des États-Unis en 2016 fut interrogé par l’animatrice et journaliste de Fox News, Megyn Kelly, sur son rapport aux femmes, lui citant au passage des insultes et des propos misogynes qu’il avait tenus dans l’espace public. Piqué au vif, Donald Trump déclara après le débat avoir été traité de manière « injuste » («  unfair  ») par la populaire animatrice. Fidèle à son habitude, Trump s’empressa durant la nuit suivant le débat télévisé (à 3h40 du matin précisément) à déverser son fiel sur les réseaux sociaux, qualifiant la journaliste de « pas très bonne et professionnelle » et de «  bimbo  », soit une simple « pétasse » ou «...

Que reste-t-il de nos amours autrefois solidaires?

Chaque fois que je la croisais quelque part, dans une manif, une marche ou un rassemblement quelconque, je scandais toujours son prénom «  Manon ! Manon! Manon !  », un poing de militante bien haut dans les airs. C’est à cause d’elle – ou grâce à elle, allez savoir –, que je me suis politisée il y a de cela plus d’une décennie.  Manon Massé était partout dans mon ancien quartier, omniprésente dans le misérable Centre-Sud de Montréal. Je la croisais tantôt dans la rue, tantôt dans le métro, en bicycle, ou encore au Comité social du Centre-Sud, un centre communautaire où l’on trouvait des services de toutes sortes comme de l’aide alimentaire pour les pauvres, les moins nantis, les poqués, les amochés, les dépressifs, les endeuillés par suicide et autres miséreux de ce quartier défavorisé.  Pendant des années, cette femme se présentait à chaque élection «provinciale» sans succès, sans jamais remporter la victoire. Par la même occasion, ses pancartes électorales étaient ...

«Lumière pâle sur les collines»

Je ne connaissais ni l’auteur ni ce titre. Le bouquin m’est tombé dans les mains en allant chercher mes « réservations » à la Grande Bibliothèque. L’usager voisin alphabétique juste à côté sur la rangée avait réservé ce mince livre : Lumière pâle sur les collines . J’étais intriguée.  Évidemment j’ai été happée d’un coup en lisant le résumé en quatrième de couverture. Il y avait ce mot en « s » qui, immanquablement, attire mon attention : « Après le suicide de sa fille aînée, Etsuko, une Japonaise installée en Angleterre, se replonge dans les souvenirs de sa vie. » Tout à coup, j’étais aspirée.  Ce premier roman de Kazuo Ishiguro, Prix Nobel de littérature en 2017, a été publié en 1982. Je n’avais jamais lu d’auteur japonais (un vrai écrivain japonais), ni aucun roman, dans mon souvenir, qui se passait au Japon. J’ignorais tout de cet auteur couronné de ce prestigieux prix de même que de cette écriture envoûtante tout en douceur. Impatiente comme ...

Êtes-vous nationaliste ?

Il est toujours fascinant d’observer les absurdités, les aberrations et les inepties de notre société, comme de certains de nos militants. Et je ne parle pas ici des «  Queers for Palestine  », un non-sens en soi.  Au cours des deux dernières années, plusieurs militants n’hésitaient pas à sortir dans la rue, à manifester fièrement avec des pancartes écrites exclusivement en anglais entre les mains – «  Think global, think international  » – afin de réclamer la reconnaissance de l’État palestinien par le Canada, tout en brandissant un drapeau palestinien et en arborant des « melons d’eau » sur leur veste et leur sac, un symbole d’appui à la lutte palestinienne. Alors que plusieurs sont prêts à s’afficher publiquement pour une cause, à prendre la rue pour défendre d’autres nations – fort bien – qu’en est-il, pendant ce temps, de notre propre nation ?  Il semblerait que brandir un drapeau québécois et des affiches en français seraient beaucoup m...

«Du mouvement vient l’inspiration»

C’est une pub de char. « Du mouvement vient l’inspiration ». En anglais ? In English ? «  Movement that inspires  ». C’est beaucoup plus joli en français. Vraiment. Selon l’équipe de marketeux de la compagnie KIA  : « Le mouvement englobe le concept de changement perpétuel; changement d’environnement, de milieu, et par conséquent un changement de soi. » Euh, pas sûr.  Dans la publicité qui tourne en boucle à la télé, on voit des gens, de belles personnes qui montent à bord d’une voiture et, confortablement assis sur un siège, ils roulent dans la nature. Ils changent de décor, certes, de milieu, d’environnement. Ils conduisent un véhicule. Alors que la voiture se déplace, elle, le corps humain, lui, n’est pas en mouvement. Il y a sûrement un bombardement de stimuli visuels et le reste, mais, je le répète, le corps du conducteur est immobile, contrairement à l’automobile.  Plus important encore, changer d’environnement, de milieu ne provoque p...

La «mélancolie des vierges et des veuves», le syndrome de la femme seule

Pendant des siècles, les femmes seules (célibataires, divorcées, veuves, etc.) étaient considérées une anomalie, une incongruité de la société qu’il fallait questionner. À l’exception des religieuses bien entendu (mariées à Jésus), la majorité des femmes qui vivaient et déambulaient seules dans la cité avaient mauvaise réputation. C’était possiblement une sorcière ou une femme de « mauvaise vie ». Car une femme sans homme apparaissait toujours un peu louche, menant sans doute une vie de débauche et de dépravation.  Pis encore, on croyait ces femmes seules atteintes d’une maladie quelconque – nerveuse, mentale ou autre –, une pathologie qu’elles couvaient au plus profond de leur être. Une femme sans homme était potentiellement une folle, une aliénée, une déséquilibrée ou une lesbienne. Pendant des siècles, on pathologisa et médicalisa ainsi ce trouble de la femme seule, une maladie spécifique au « sexe faible ».  Pour illustrer, Edmond et Jules de Goncourt p...