Si vous planifiez une visite à Montréal cet été et que cela fait un boutte que vous n’êtes pas venus dans la frétillante métropole, eh bien, attachez votre ceinture fléchée avec de la broche, chers Québécois. Car il y a de fortes chances que, durant votre séjour à Montréal, vous soyez maintes fois accueillis dans la langue de Shakespeare. What ?
Oui, oui, je vous le dis. C’est devenu un véritable fléau. Un peu partout à Montréal, la majorité des gens conversent entre eux en anglais. Et ce ne sont pas nécessairement des immigrants ou des anglophones qui habitent dans l’ouest de l’île. Non, non. Malheureusement, de plus en plus de francophones se parlent entre eux… in English. Et je vous le dis en bloc : c’est insupportable à entendre. « Oh my God! »
Vous ne me croyez pas ? Allez faire un tour à l’UQAM, par exemple, jadis l’université de tous les débats et combats nationalistes au Québec. Installez-vous à la cafétéria, ou encore à la jolie place toute rénovée à l’entrée de l’université, et tendez l’oreille. Écoutez les conversations. Écoutez les gens parler entre eux… in English only. Ce sont des francophones pour la plupart, mais ils adorent parler en anglais entre eux.
English is so cool !
Même chose dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, ma foi, où, auparavant, entendre quelqu’un parler en anglais était une anomalie, une simple curiosité ou bien juste des touristes de passage. Ça arrivait à l’occasion, voire rarement. Or, aujourd’hui, c’est ainsi un peu partout, des gens qui parlent en anglais, en plus de cet accueil immonde « Bonjour, Hi ! »
« Heille ! On est dans Hochelag’, simonac ! »
Tout aussi étrange, maintenant, allez faire un tour sur le chic plateau Mont-Royal, le « 21ième arrondissement » de nos cousins français qui ont immigré en masse, en très grand nombre, ces dernières années, au Québec. Seulement, nos cousins hexagoneux ne vivent pas au Québec en français, eux. Non. En réalité, ils ont immigré au Canada. Ils se sont installés en Amérique du Nord, vous comprenez. Alors, « du coup », pour cette raison, il y a de fortes chances que plusieurs commerçants français sur le Plateau vous accueillent bizarrement en anglais seulement, ou encore avec ce toujours épouvantable « Bonjour, Hi ! »
« Quoi ? C’est pas le Plateau icitte ? Le Plateau de Michel Tremblay ? Et n’êtes-vous pas Français, vous, bordel ? » This is America. Welcome to Canada.
Anglomanie et anglicisation
Le problème n’est pas seulement l’anglomanie dont souffrent les Français depuis très très longtemps – l’anglomanie existait déjà à la fin du XIXe siècle à Paris –, mais l’anglicisation constante et rampante de la ville de Montréal dans son ensemble.
Partout où vous allez, vous risquez d’entendre parler une autre langue que le français. Et c’est évidemment sans oublier le « franglais » employé par de nombreux jeunes Québécois, tout aussi pénible pour nos oreilles de francophones qui désirons ardemment vivre dans un Québec français dans cette Amérique anglophone.
La situation est alarmante. Et il est plus que temps de freiner l’anglicisation de Montréal et d’accueillir tout le monde en français seulement. Même les cousins de l’Hexagone.