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La CAQ – Faire plus. Faire pire.


Connaissez-vous le slogan de la Coalition avenir Québec (CAQ) ? Faire plus. Faire mieux. Et pourtant, depuis quelques semaines maintenant, plus elle en fait, plus la CAQ en arrache. 

En matière de brouillon et du « faire à peu près », la volte-face concernant le troisième lien autoroutier Québec-Lévis est dure à battre. Même si l’abandon de ce gigantesque tunnel est une excellente nouvelle pour plusieurs citoyens, une très large partie de la campagne électorale du gouvernement Legault, et donc des résultats des dernières élections, reposaient bel et bien sur la réalisation de ce mégaprojet de quelques milliards de dollars. 

Plus incroyable encore : les arguments très approximatifs du premier ministre François Legault, tant à l’adoption qu’à l’abandon de ce projet. Avec ou sans études, la CAQ misait pourtant très gros sur ce tunnel. Alors que M. Legault est reconnu pour être un homme d’affaire aguerri et un comptable expérimenté, il semble prendre plusieurs décisions au pif et au ressenti, sur le coin d’une table. Ça manque nettement de rigueur et de chiffres. Qui l’eût cru. 

Ajoutez à cela l’arrogance de M. Legault qui se dénote clairement dans ce deuxième mandat – sans pandémie et sans rôle de « père de la nation ». François Legault n’aime pas être critiqué, ni avoir à s’expliquer. Depuis la fondation de son parti, d’ailleurs, il est le seul chef et maître dans la cabane. C’est lui qui décide. Point à la ligne. Les ministres et les députés bleu pâle caquiste n’ont qu’à bien se tenir. 

Or, dorénavant, qui peut croire les belles promesses, les paroles et les jolis mots qui sortent spontanément de la bouche de M. Legault et de son équipe ? Tout cela pourrait coûter très cher à la CAQ. Et le dernier sondage Léger semble le confirmer. 

*** 

Parlant de beaux mots, la vice-première ministre, Geneviève Guilbault, a quant à elle trouvé le moyen d’ajouter une couche d’arrogance et d’insouciance à ce gouvernement, en s’adonnant à un jeu durant l’exercice de ses fonctions, lui permettant ainsi de marquer des points au sein de son équipe. 

La numéro deux du gouvernement caquiste a en effet eu le culot de s’amuser à glisser des mots insolites dans ses réponses lors d’un exercice de reddition de compte. Prise à son propre jeu, Mme Guilbault s’est par la suite excusée : « S’il y a des gens qui ont pu considérer que c’était inapproprié, je veux m’en excuser, ou que ça manquait de jugement, ce n’était absolument pas l’objectif. »

Évidemment que c’était à la fois inapproprié et que ça manquait de jugement. Et son explication, prétextant « son amour pour la langue française », l’était tout autant. Il faudrait nettement « sanctuariser » ces moments, Madame la vice-première ministre, où les ministres et les députés doivent répondre à des questions importantes sur les actions et les dépenses de votre gouvernement. 

De plus, pendant que vous vous amusez, avec une telle désinvolture, à insérer des beaux mots pour faire rire vos compagnons de travail, notez qu’il y a des Québécois qui vous écoutent et qui souffrent sérieusement, eux, en raison de dossiers majeurs que votre gouvernement tarde à régler, voire à reconnaître, comme, entre autres exemples, la sévère crise du logement qui sévit partout au Québec, l’expulsion sauvage et irrationnelle de locataires de tout âge, la crise climatique, l’inflation, la hausse exorbitante du coût des loyers, du panier d’épicerie et de la vie, les explosions des demandes d’aide alimentaire, etc. – bref, nommez-les, les vrais problèmes à régler au plus vite. 

Faire plus de points. Faire plus de mal à la CAQ ? Tout cela est franchement « croquignolesque », Madame la vice-première ministre.

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