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Bioéthique: qu’est-ce qu’on fait avec les résistants?


C’est une question extrêmement importante, soulevée notamment par le journaliste et animateur Patrick Lagacé à l’émission Nos années 20 : Doit-on continuer de soigner les antivax, et tous ceux qui résistent au vaccin, d’ailleurs, au détriment d’autres citoyens qui attendent des soins et des traitements urgents, une chirurgie par exemple ? 

Adhésion vs résistance 

Une très forte majorité de Québécois ont adhéré aux mesures sanitaires émises par la Santé publique et déjà reçu un vaccin contre la COVID-19, en tendant volontairement le bras : 78,9% de la population a reçu au moins une dose de vaccin (15 oct. 2021).

Cette majorité silencieuse écoute non seulement la science et les faits, mais se comporte en citoyen responsable, en respectant toutes les mesures et les restrictions mises en place, au nom de la collectivité, des choix faits pour notre société. 

Or, on le sait, une poignée d’individus seulement demeure réfractaire à recevoir un vaccin. Qu’ils soient négationnistes, complotistes, conspirationnistes, antivaccins, effrayés par l’injection, ou autre raison, ils choisissent sciemment, jusqu’à présent, de ne pas se faire vacciner, de ne pas recevoir un vaccin gratuit et efficace, facilement accessible dans ce pays riche, privilégié et pas trop mal organisé. (C’est discutable, vous me direz, mais passons.) 

Soit. C’est votre choix, on respecte votre décision. Maintenant, pourriez-vous signer un formulaire de consentement éclairé, svp ? 

« Je, [Machin Chouette], refuse de recevoir un vaccin gratuit contre la COVID-19 et m’engage solennellement, si je contracte cette maladie, à défrayer tous les coûts encourus par les traitements, tous les frais liés à mes soins et, le cas échéant, à mon hospitalisation, en allant me faire soigner au privé. » 

Non ? Ça ne vous intéresse pas de signer un tel document ? Bon d’accord, allons-y avec une date butoir alors ; par exemple, le 15 novembre prochain. 

À partir de cette date, tout citoyen qui n’est pas vacciné indiquera que ça relève clairement d’un choix personnel, et donc, ça devient votre responsabilité. Il faut assumer ses choix dans la vie, de même que les conséquences, pas vrai ? 

Ainsi, si vous contractez la maladie (que vous y croyiez ou pas), vous devrez nécessairement aller vous faire soigner au privé, payer vous-même pour les soins et traitements, puisque notre système de santé public, déjà très fragile et sur le point de se désagréger, ne pourra plus vous recevoir, vous comprenez. 

Justice sociale et médicale 

Pourquoi des citoyens responsables et pleinement vaccinés devraient-ils payer de leur poche des milliers, voire des dizaines de milliers de dollars pour se faire soigner au privé, et enfin recevoir une chirurgie dont ils ont cruellement besoin pour fonctionner et opérer dans la société, pendant que d’autres, eux, qui nient précisément la science, les données scientifiques et les faits bénéficient gratuitement des fruits de cette science, de cette expertise de la médecine et des bons soins en général qu’ils dénigrent ? 

Cela ne fait aucun sens. Ni éthiquement ni moralement. 

Cessons de punir les bons citoyens en attente de soins, en plus d’épuiser le personnel soignant à coup de temps supplémentaire obligatoire, d’exploitation ouvrière et de pressage de citron, pour une poignée d’individus qui ne «croient» pas, de toute manière, en la science. 

La patience populaire a des limites. Il est temps de poser de sérieuses questions éthiques et d’agir au plus vite.

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