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TLMEP : retour au montage ?


La grand-messe télévisuelle du dimanche soir, au Québec, Tout le monde en parle, a changé de format en raison de la pandémie. Enregistrée auparavant le jeudi soir, pour nous être présentée le dimanche suivant, après un long et minutieux montage, la populaire émission devrait sérieusement songer à revenir à son modèle original. Car depuis cette nouvelle mouture, nous avons fréquemment eu droit à plusieurs gros malaises sur le plateau, nous incitant à éteindre tout ça pour aller faire autre chose au plus vite. 


Version pandémique, malaises endémiques 

Beaucoup de gens aiment pourtant l’animateur chéri, l’ex-RBO baveux et irrévérencieux, j’en suis. Du moins, j’en étais. Mais le roi de la très populaire émission dominicale, Guy A. Lepage, semble bien souvent impatient, à boutte de nerfs et un tantinet agacé par ses invités. Son impatience est souvent palpable, de même que son arrogance qui monte lentement, perceptible, à fleur de peau.

En entrevue avec le journaliste culturel Marc Cassivi, en mai 2021, Guy A. Lepage, « le direct », affirmait d’ailleurs qu’un invité « qui parle pendant six minutes à la place d’Éric Duhaime, ce n’est pas l’idée du siècle. En montage, j’aurais câlicé ça aux vidanges. J’étais vraiment en tabarnak ! » 

Un autre gros malaise ici. Même si l'on n’est pas nécessairement fan de l’invité en question, Guy A. Lepage a tout de même beaucoup d’influence au Québec (après les premiers ministres du Québec et du Canada, ce n’est pas rien), et ce genre de propos sur la place publique est fort malheureux. 

Et c’est précisément ce que l’on ressent, malheureusement, en regardant cette populaire émission en direct, que l'animateur est pas mal tout le temps « en tabarnak », particulièrement lorsque ses invités interviennent souvent ou prennent trop de place à son goût autour de la table. Une tension latente, permanente, plane insidieusement sur le plateau. Elle est toujours là, constante, sous-jacente à l’émission et cela se ressent forcément jusque dans nos salons. 

Par moments, il est vrai que certains invités parlent beaucoup trop souvent, trop longtemps et que tout ça, effectivement, pourrait très bien être coupé au montage. 

Le co-animateur lui-même (ou fou du roi, on ne sait plus), MC Gilles (la nouvelle saveur de l’année surexposée dans les médias) parle lui aussi trop souvent et ses interventions ne sont pas toujours pertinentes. C’est même long, très long – trop de mots, trop de détours, questions incompréhensibles, bref, on est pu capable de l’entendre, ça devient carrément insupportable. (Au fait, il est passé où, l'excellent Alexandre Barrette ?) 

Évidemment, certains gros malaises ressentis durant l’émission sont causés par certains invités, et non par le roi de la télé. Récemment il y a eu Lisa Ray, la fille d'Accurso, immense malaise - on n'a absolument rien compris, ni à ses dires, ni au pourquoi elle était là. Ensuite, le « nouveau » ministre tout excité, Bernard Drainville, qui coupe la parole à la vice-première ministre du Québec Geneviève Guilbault, qui s’interpose dans la discussion pour faire du mecsplication… Aïe, aïe, aïe, ça non plus, ce n’était pas l’idée du siècle. Et oui, effectivement, on était en tabaslak. Une bonne partie de ce discours pompeux du ministre de l'Éducation aurait très bien pu être coupée au montage. 

D’ailleurs, beaucoup de mots de certains de ces messieurs fastueux, de ces gros ego masculins qui adorent pérorer et s’écouter parler, comme Bernard Drainville ou encore l’ancien maire de la ville de Québec, Régis Labeaume, pourraient très facilement, et à juste titre, être coupés au montage. Car là encore, on est pu capable… (#secouterparlerentreeux) Mais ça, et on le sait pertinemment bien, ce n’est pas la faute à M. Lepage qui subit lui aussi pendant le tournage. 

La solution, donc ? Peut-être serait-il temps de revenir à la formule originale de l’émission Tout le monde en parle, c'est-à-dire avec un beau et rigoureux montage. Ça serait beaucoup plus plaisant à regarder, moins stressant, moins malaisant. Et tout le monde en parlerait de nouveau, mais cette fois, pour les bonnes raisons.

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