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Les indices sociaux


Chaque fois que j’écoute les nouvelles, je me pose la même question : « À quoi ça sert de nous parler de ça ? C’est fini, tout le monde s’en fout ! » Je parle ici des indices du marché : « On termine avec les marchés, Gérald ? » Non ! 

Sincèrement, les mouvements et les fluctuations du NASDAQ, du TSX, du Dow Jones et le reste, en fin de journée, on n’en a rien à foutre. Et ceux que ça intéresse vraiment sont déjà PAS MAL au courant. Ils ont suivi ces hausses, ces baisses et toutes ces ridicules spéculations TOUTE la journée, le nez collé sur leur écran, jusqu’à la fermeture des marchés boursiers, comme de vrais obsédés, comme si leur vie en dépendait. « Ok, la cloche a sonné, les enfants, vous pouvez relaxer. » 

Rendus à 18h30 ou à 22h30, ça ne sert donc plus à rien, sauf si c’était sous formes de prédictions ou de prévisions comme la météo : « Alors demain, le Dow Jones devrait grimper de plusieurs points, le taux de chômage va baisser, de même que la valeur du baril de pétrole, et l’argent canadien va prendre de la valeur en raison d’une grosse transaction secrète dont nous avons, ce soir, pour vous, l’exclusivité… » 

« Alors là, effectivement, ce serait intéressant », me confirmait récemment un « gros » courtier (très mince en fait, mais qui brasse de la grosse argent). 

Mais pour le commun des mortels, les petites gens ordinaires et les pauvres comme nous autres, on n’en a rien à faire, des indices des marchés en fin de soirée comme durant toute la journée d’ailleurs. Il serait beaucoup plus pertinent de nous offrir les indices sociaux : 

« Alors aujourd’hui, Céline, l’indice du "bonheur global" a chuté au Québec en raison de la cruauté et de la violence des propos tenus sur les réseaux sociaux et, comme vous l’avez noté plus tôt en ouverture d’émission, du Quebec bashing provenant du pays d’à côté, pardon, de la province d’à côté, dénoncé par le premier ministre du Canada, Justin Trudeau. Ça sent effectivement les élections... La faim au Québec, elle, est en nette baisse. Cela s’explique en grande partie par une bonification de l’aide alimentaire, une hausse substantielle du salaire minimum, l’équité salariale enfin assurée pour les femmes et l’argent provenant des contraventions salées données aux gaspilleurs de bouffe, résidentiels comme commerciaux. 

» On observe également une baisse importante de la violence conjugale et des féminicides, tant à Montréal qu'en région, qui s’explique clairement par ces investissements récents de nos gouvernements dans les organismes communautaires. Maintenant, le nombre de dépression et de suicides est à la baisse, par rapport au trimestre dernier, mais l’anxiété généralisée, elle, ne cesse d’augmenter. On remarque toutefois une meilleure capacité d’apprentissage chez les enfants à l’école primaire sur l’indice TSX (travaux scolaires X-ceptionnels). Par contre, chez les adolescents, ça descend. Il semble que les jeunes soient très excités par l’arrivée de leur bal de finissants. 

» Le nombre d’heures disponible pour le sommeil et la qualité de vie poursuit sa belle lancée depuis le début de l’année. Car, rappelons-le Céline, il faut relaxer, respirer par le nez et prendre soin de sa santé. Les indicateurs des mouvements sociaux, finalement, nous montrent également que les gens quittent Facebook et les réseaux de marde en masse, et donc on s’attend à une forte hausse des indices sociaux quant à la santé physique, mentale et globale, dans les jours à venir, qui aura certainement un effet significatif à long terme sur la cote du bonheur sociétal général au Québec. De toute façon, on suit ce phénomène de très près et on vous en reparlera dans les prochains jours. 

- Quoi qu’il arrive, pas vrai Gérald ? 
- Quoi qu’il arrive, Céline. Et soulignons à cet effet que les indices sociaux et toutes nos analyses sont également disponibles en ligne, ainsi que notre réseau d'information en continu, RDI, gratuitement, nuit et jour, pour les pauvres comme les mieux nantis.
- Merci Gérald. 
- Au revoir. »

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