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Le convoi n'est pas mort

Durant la semaine, ils ne sont que quelques dizaines dans les rues de Montréal, nous invectivant généralement à retirer nos masques. On pourrait, nous dit-on, "s'autoinfecter". Mais la fin de semaine, ils sont plus nombreux, quelques centaines peut-être, scandant sans cesse le même slogan : « Liberté ! Liberté ! Liberté ! »

Aujourd'hui, toujours munis de nombreux drapeaux du Québec, du Canada, des États-Unis et, allez savoir pourquoi, des Patriotes, ils se sont arrêtés à la Place des Festivals pour nous "informer" de la situation, la  « tyrannie sanitaire ». Tout cela, cette pandémie avec ce prétendu virus, n'est depuis le début qu'une mascarade. On nous contrôle et il faut cesser d'avoir peur. « Enlevez vos masques, la gang ! » « C'est fini, la tyrannie ! »

On a eu droit à un discours bilingue de Yann (le gars au micro), de même qu'à « une minute de silence » à genoux pour les « 6000 morts » (?), ces ainés « décédés dans leur m... ». Ces morts sont donc bien réels mais le virus, lui, est faux - on n'a pas tout compris.

Mais qu'importe, car le 3 octobre prochain, tout cela sera fini. Le règne de la CAQ et les abus de pouvoir de François Legault achèvent, et lui, de même que Justin Trudeau iront bientôt en prison pour des actes illégaux. (Faut croire qu'on ne lit ni les mêmes sondages ni les mêmes journaux.) 

« Fuck Legault ! Fuck Trudeau ! », crie Yann au micro. La foule acclame sans réserve.

N'empêche, il y avait de l'amour dans l'air frisquet de ce printemps misérable, des câlins et des coeurs dans les airs pour ceux qui en voulaient, tout en nous implorant d'enlever nos masques.

Le plus intéressant, dans ce genre de manifestations, c'est de zieuter les participants (il y en a de toutes les sortes) ainsi que les messages sur les pancartes. J'en ai retenu un superbe pour vous : « Believing nonsense is deadly ». Et pourtant, ce convoi de la « libârté » est bel et bien vivant.

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Mobilité vs mobilisation

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Pour en finir avec Cendrillon

Il existe de nombreuses versions de « Cendrillon, ou, la Petite Pantoufle de verre », comme Aschenputtel,  ou encore « Chatte des cendres »... passons. Mais celle connue en Amérique, voire dans tous les pays américanisés, et donc édulcorée à la Walt Disney, est inspirée du conte de Charles Perrault (1628-1703), tradition orale jetée sur papier à la fin du 17 e  siècle. D'ores et déjà, ça commence mal. En 2015, les studios Walt Disney ont d'ailleurs repris leur grand succès du film d'animation de 1950, en présentant  Cinderella  en chair et en os, film fantastique (voire romantico-fantasmagorique) réalisé par Kenneth Branagh, avec l'excellente Cate Blanchett dans le rôle de la marâtre, Madame Trémaine ( "très" main , en anglais), généralement vêtue d'un vert incisif l'enveloppant d'une cruelle jalousie, Lily James, interprétant Ella (elle) dit Cendrillon (car Ella dort dans les cendres, d'où le mesquin surnom), Richard Madden, appelé Kit

Je me souviens... de Ludmilla Chiriaeff

(photo: Harry Palmer) La compagnie de danse classique, les Grands Ballets canadiens, a été fondée par une femme exceptionnelle qui a grandement contribué à la culture québécoise, Ludmilla Chiriaeff (1924-1996), surnommée Madame. Rien de moins. Femme, immigrante, visionnaire Née en 1924 de parents russes à Riga, en Lettonie indépendante, Ludmilla Otsup-Grony quitte l’Allemagne en 1946 pour s’installer en Suisse, où elle fonde Les Ballets du Théâtre des Arts à Genève et épouse l’artiste Alexis Chiriaeff. En janvier 1952, enceinte de huit mois, elle s’installe à Montréal avec son mari et leurs deux enfants – elle en aura deux autres dans sa nouvelle patrie. Mère, danseuse, chorégraphe, enseignante, femme de tête et d’action, les deux pieds fermement ancrés dans cette terre d’accueil qu’elle adopte sur-le-champ, Ludmilla Chiriaeff est particulièrement déterminée à mettre en mouvement sa vision et développer par là même la danse professionnelle au Québec : « Elle portait en