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Le déclin de l'empire machiste


Le tsunami de dénonciations qui a déferlé sur le monde entier dans la foulée de l'affaire Weinstein met en lumière un phénomène, dont, personnellement, j'ignorais l'imposante prévalence, soit ce besoin irrépressible d'exhiber son précieux membre, voire se donner du plaisir devant de parfaites étrangères. Comme disent les milléniaux: « Yo man ! What the fuck, man ?! »

Ce glorieux phallus 
On a tellement édifié et glorifié le sexe masculin depuis le début des temps - pure autoproclamation, soit dit en passant - que plusieurs hommes semblent croire que les femmes souffrent effectivement de l'envie du pénis, désirant l'observer à tout prix, envieuses de leur appareil génital (voir également Le deuxième sexe et "l'envie du pénis"). Or, cela en surprendra peut-être certains, mais personne n'a envie de voir votre pénis sans consentement ou demande claire, encore moins à l'action, dans un pitoyable geste de masturbation publique.

Pour les exhibitionnistes - trouble sexuel défini comme « un besoin ou comportement actuel d'exposer ses parties génitales à d'autres personnes ou d'agir sexuellement en public », l'état de consternation et d'effroi suscité par un tel comportement non sollicité, serait source de gratification. Passons.

Mais que révèle plus précisément l'acte de se masturber devant ces victimes? Nul autre qu'un profond mépris, une véritable hostilité, une haine incommensurable des femmes, en plus de leur objectivation à son apogée:
« sois belle et tais-toi; je m'occupe du reste... poufiasse. »

Pour ces prédateurs, la présence seule d'une femme suffit à déclencher un comportement sexuel, voire criminel. On se calme la testostérone, s'il vous plaît. Comme le disait à propos l'humoriste Tiffany Haddish samedi dernier - première humoriste afro-américaine à animer Saturday Night Life (il était temps) -, « si tu sors ton machin-truc et qu'elle est encore habillée, you're wrong! »  Visionnez cet extrait (40 sec.)

Autrement dit, mieux vaut garder son pénis dans son pantalon. Ça fait vraiment plus professionnel.

Un retour du balancier?
Or dans l'oeil de cette tempête médiatique qui ravage tous les milieux - cinéma, politique, sports, etc. -, sommes-nous réellement en train d'assister à un revirement de situation, un changement d'époque, un véritable bouleversement des mentalités?

Les fruits du féminisme, maintenant plus que centenaire, sont-ils mûrs, prêts à être enfin cueillis et savourés pleinement par cette société du 21ième siècle?

Car non seulement un nombre effarent d'hommes abusifs tombent massivement - de haut, brusquement et très rapidement -, mais les femmes semblent s'élever, elles, en revanche, prendre du terrain, accédant progressivement au pouvoir. Plusieurs prennent la parole, s'expriment ouvertement (voir "NOW is female"). D'autres joignent les rangs du pouvoir, notamment lors des dernières élections municipales, il y a quelques jours à peine, où un nombre record de mairesses ont été élues au Québec, dont Valérie Plante, première femme à la tête de Montréal. (On fête le 375ième en passant.)

Et cette montée féministe ne semble que (re)commencer. Un autre début d'un temps nouveau, comme le chantait allègrement Renée Claude dans les années 70? Ou est-ce simplement que le karma... is indeed a bitch.

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